Tout ce qu’il voulait, c’était rentrer chez lui. Pourtant, juste à la fin de son
service, l’inspecteur Jack Mosley se voit confier une petite mission.
Il doit escorter Eddie Bunker jusqu’au palais de justice où, deux heures
plus tard, celui-ci témoignera dans une importante affaire de meurtre.
La corvée ne devait prendre que dix minutes, le temps de remonter
les seize pâtés de maisons, mais tout va déraper…
Face à ceux qui tentent d’exécuter Eddie en pleine rue, Jack ne se
pose pas de question. Ce qu’il ignore, c’est qu’en sauvant Eddie,
il vient de déchaîner tous les criminels et les flics corrompus de
la ville... Tous, et surtout celui qui fut son partenaire, sont décidés
à ce qu’ils n’arrivent jamais au tribunal.
Pour Eddie, il s’agit de rester vivant. Pour Jack, il s’agit de le
redevenir…
Notes de production:
Jack Mosley n’aurait pas dû se trouver là,
et Eddie Bunker aurait dû finir comme
beaucoup d’autres témoins gênants. Mais
le sort en a décidé autrement et cet
improbable duo doit maintenant tout faire
pour échapper à ceux qui, flics ou criminels,
ont intérêt à ce qu’ils n’arrivent jamais au
tribunal. Dans cette spectaculaire chasse à
l’homme, Jack affronte ses démons et ceux
qui l’ont autrefois brisé, et Eddie se bat pour
le droit à une nouvelle chance.
Action, tension et second degré sont au menu
de ce parcours du combattant qui va faire pas
mal de dégâts…
16 BLOCS marque une rencontre au sommet.
Le réalisateur Richard Donner, à qui l’on doit
entres autres MAVERICK et la série des ARME
FATALE, met en scène celui qui a littéralement
inventé un type de personnage à lui tout seul,
Bruce Willis. Et forts de leurs expériences
respectives, ils ont décidé ensemble d’aller
beaucoup plus loin…
Bruce Willis en flic désabusé et Mos Def en
témoin gênant, ne peuvent plus compter que
l’un sur l’autre pour s’en tirer. Ils n’ont qu’un
tout petit trajet à faire jusqu’au tribunal, mais
cela va pourtant les obliger à affronter un nombre
incalculable d’épreuves, souvent spectaculaires,
parfois intimes, toujours mortelles…
DEUX HEURES POUR
CHANGER DE VIE OU MOURIR
Richard Wenk, le scénariste, confie : «Cette
histoire, c’est d’abord la rencontre d’un
homme qui avait tout pour s’en sortir mais
qui a renoncé, avec un autre qui n’a jamais
rien eu et qui pourtant ne renonce pas. Jack
Mosley est un flic auquel plus personne ne
croit, pas même lui, et Eddie Bunker se
débat dans une série d’échecs où il cherche
désespérément des signes qui le conduiraient
vers une vie meilleure…»
Le scénariste poursuit : «Ces deux-là vont
se rencontrer par hasard, ils sont chacun
arrivés à un tournant de leur existence. En
moins de deux heures, sur un trajet qui
devait être court, ils vont être confrontés
au pire de tout ce qu’ils auraient voulu
éviter. Et dans cette course contre la
montre, chacun est la chance de l’autre.»
Richard Donner, le réalisateur, se souvient :
«Richard Wenk est venu chez moi pour
me présenter son sujet. Il m’a parlé de ces
deux hommes qui, sur deux heures, allaient
changer leur vie. Je l’ai arrêté et je suis
allé chercher ma femme, la productrice
Lauren Shuler Donner. Il fallait absolument
qu’elle entende ce que disait Richard. Il a
repris et à la fin, je lui ai simplement dit
que je voulais mettre en scène ce film !»
Richard Donner poursuit : «Le sujet promettait
de l’action mais aussi beaucoup d’enjeux
humains. L’action seule ne suffit pas, elle est
démultipliée lorsqu’elle sert une bonne
histoire, et celle-ci en est une. L’idée que cela
se passe quasiment en temps réel me plaisait
aussi. Le spectateur est soudain impliqué
comme jamais dans le compte à rebours que
vivent les protagonistes. Je suis toujours à
la recherche de sujets forts, d’angles de
narration différents. Richard Wenk a créé des
personnages exceptionnels qui se battent
dans une histoire remarquablement prenante.
Le film a encore pris une autre dimension
lorsque nous avons convaincu Bruce Willis
et Mos Def de jouer ces deux hommes.»
JACK, L’OMBRE DE LUI-MEME
Le producteur Jim Van Wyck explique :
«Au début de l’histoire, Jack Mosley n’est
plus que l’ombre de lui-même. Il ne reste
plus rien du brillant inspecteur qu’il était
autrefois. Il boite, il noie sa dépression dans l’alcool,
et son principal souci est d’occuper son temps
jusqu’à sa prochaine cuite. Il ne vit plus, il survit.
Six ans plus tôt, alors qu’il faisait équipe avec Frank
Nugent, il a franchi la ligne blanche et sa conscience
ne le lui a pas pardonné. Il ne se supporte plus, il
est en guerre contre lui-même et cela le ronge
jusqu’à le détruire. Il lui faudrait un électrochoc
pour réagir. Il va l’avoir…»
Bruce Willis commente : «Jack est devenu étranger
à lui-même. Le malaise et le dégoût qu’il éprouve
l’ont peu à peu étouffé. Sa vie ne l’intéresse plus,
il fuit en permanence, dans la boisson ou dans
la solitude. Il y a toujours cette petite voix qui
lui répète qu’il a commis une faute, et cela
l’empêche de vivre.»
L’acteur poursuit : «Ce film m’intéressait d’abord
parce qu’il met en scène de vrais personnages
dans une histoire très bien menée. Il n’y a pas
seulement beaucoup à voir, il y a également
énormément à ressentir et à penser. J’ai toujours
été fan des films de Richard Donner, et Richard
Wenk a imaginé un scénario remarquable. Il
n’y a ni héros ni monstre, chaque personnage possède sa part de
grandeur et ses zones d’ombre. Les personnages échappent à la
caricature et prennent même souvent un malin plaisir à aller contre
les idées reçues. Les limites sont floues et seuls les actes révèlent
la véritable nature de chacun.
«J’ai aussi apprécié que l’histoire soit racontée quasiment en temps
réel. Cela donne plus d’intensité encore. Pour une fois, une minute
vaut une minute, et certaines sont très longues pour Jack et Eddie !
L’ensemble est non seulement distrayant mais aussi très intelligent.»
La définition du personnage de Bruce Willis est passée par toute
une série d’étapes. Afin de maîtriser l’environnement professionnel
de Jack, Bruce Willis a patrouillé plusieurs nuits avec des policiers
de Brooklyn aux côté de l’inspecteur Mike Keenan, membre de
la Police de New York depuis 22 ans, qui a aussi servi de conseiller
pour toutes les questions de procédure.
Sur le plan physique, Bruce Willis s’est également beaucoup
investi. Au début du film, son teint pâle est le fruit d’un
maquillage qui souligne les symptômes de l’alcoolémie. Pour
avoir le regard humide et les yeux rouges, les maquilleurs
ont utilisé des vapeurs de menthol. L’acteur marchait avec
une pierre dans sa chaussure droite, ce qui le faisait
réellement boiter.
Richard Donner intervient : «Bruce apporte énormément
à son personnage. Il amène un vécu, une humanité, une
fragilité qui font exister Jack Mosley dans toute sa
dimension.»
EDDIE, L’ESPOIR MALGRE LE PASSE
Richard Donner explique : «Eddie Bunker est un jeune
homme qui a passé sa vie à survivre. Malgré tout ce
qu’il a connu, il s’efforce toujours de rester optimiste
et de prendre son destin du bon côté. Avec une certaine
naïveté, il voit des signes partout. Certains de ces
signes sont de bon augure et d’autres sont mauvais.
Se voir confier à Jack Mosley pour aller au tribunal
n’est pas un bon signe pour lui, au moins au début…»
Richard Wenk commente : «Dans l’esprit de Jack,
Eddie est juste le fardeau qui se met entre lui et
sa prochaine cuite. A ses yeux, ce garçon n’est
qu’un délinquant comme les autres et il ne
changera pas. Jack ne croit pas, comme la plupart
des policiers d’ailleurs, qu’un malfrat puisse décider
de changer de voie. Eddie va lui montrer qu’il existe
des exceptions. Face à un homme qui ne croit plus
en rien, Eddie est celui qui croit vraiment en tout.»
Jim Van Wyck remarque : «Au cours de l’aventure,
Jack sauve la vie d’Eddie à plusieurs reprises. Pourtant,
à travers leur parcours commun, on peut se demander
si ce n’est pas Eddie qui sauve Jack. Il est celui qui le
fait réagir, celui qui l’oblige à oser affronter sa
conscience. Eddie est peut-être une source d’ennuis
exceptionnels dans la vie de Jack, mais il constitue aussi
sa plus grande chance.»
Le producteur Avi Lerner ajoute : «Jack et Eddie se
rencontrent au moment où ils en ont le plus besoin. Cela
se passe aussi comme ça dans la vie. Lorsque vous êtes
prêt, quand vous êtes mûr, alors vous faites les bonnes
rencontres…»
C’est à Mos Def, rappeur et comédien, que les cinéastes ont
décidé de confier le rôle de ce hors-la-loi en quête d’une
seconde chance. Richard Donner explique : «Mos est vraiment
un comédien surprenant. Il a emmené le personnage bien plus
loin que nous ne l’avions imaginé. Mos possède un univers
très riche dans lequel il puise sans cesse pour jouer. Si vous
écoutez les paroles de ses chansons, vous vous rendrez compte
que c’est un poète et un philosophe. Il a une vision de la vie
extrêmement concrète et très élevée. Son personnage avait besoin
de cette expérience pour exister. Mos partage avec Eddie une
pureté idéaliste et une certaine naïveté.»
Bruce Willis conclut : «Mos ne se contente pas de jouer le scénario,
il habite son personnage. C’est grâce à lui que Jack Mosley va
trouver la force de réagir et de tout affronter.»
FRANK NUGENT, LA MENACE AU-DELA DES APPARENCES
Richard Donner explique : «Jack Mosley et Frank Nugent ont démarré
dans le métier ensemble. Ils étaient partenaires.»
Bruce Willis confie : «Travailler dans la police vous oblige à faire
étroitement équipe. A force de vous occuper de cas extrêmes, de
situations urgentes ou risquées,
vous finissez par connaître votre
coéquipier presque mieux que votre
femme ! Jack et Frank étaient
proches, jusqu’à ce que Jack soit
rattrapé par sa conscience alors que
Frank était déjà au-delà...»
David Morse incarne cet inspecteur qui
fut autrefois un proche de Jack. L’acteur
explique : «Entre eux deux, il y a eu un vrai
passé avant la rupture. Frank pense que
Jack ne représente plus aucune menace.
Avec Bruce, nous avons beaucoup parlé pour
approfondir notre relation, lui apporter le nondit
qui sous-tend la puissance des réactions.»
David Morse poursuit : «Frank Nugent doit à
tout prix empêcher Eddie d’arriver au tribunal
pour témoigner. Le fait que Jack soit soudain
avec lui va lui permettre de solder deux
problèmes en une seule fois…»
Il ajoute : «En se retrouvant face à Nugent, Jack
est obligé de faire face à tout ce qu’il a fui depuis
des années, à commencer par lui-même. Il doit
aussi faire des choix - la vie d’Eddie vaut-elle tous
les risques qu’il prend ?»
Bruce Willis conclut : «Une chose est sûre : Jack ne
va pas se battre contre un quelconque méchant, il
s’oppose à l’homme qui le connaît le mieux au monde.
Cela change beaucoup de choses et place les enjeux
à un autre niveau. David Morse arrive à incarner tous
les paradoxes du personnage. Il n’est jamais un
adversaire stéréotypé.»
TOURNAGE ET CASCADES
Le tournage de 16 BLOCS a débuté en avril 2005 à Toronto.
Après neuf semaines sur place, l’équipe est partie à
Manhattan pour deux semaines supplémentaires. Dans la
mesure du possible, Richard Donner a réalisé le film dans
l’ordre chronologique.
Il explique : «L’histoire, au-delà des moyens et de l’action,
impliquait quelques problèmes logistiques. Nous avons
tourné dans deux villes différentes, sur cinquante-cinq
jours, à des centaines de kilomètres de distance, par tous
les temps… Et pourtant, il fallait que l’on puisse croire
que tout se déroule sur deux heures de temps sans aucun
faux raccord. Afin de se garantir une cohérence optimale,
et pour permettre aux comédiens de maîtriser plus
facilement l’évolution de leurs personnages, nous avons
décidé de tourner dans la continuité. Il était ainsi plus
simple de savoir où ils en étaient, aussi bien sur le plan
psychologique que dans l’action.»
Le directeur de la photographie, Glenn MacPherson,
confie : «Richard souhaitait une image réaliste, brute.
Il fallait que le spectateur se sente au côté des
protagonistes, au plus près de leurs émotions et de
ce qui leur arrive. Que le trajet à faire soit si court et
pourtant si difficile renforce l’impact de tout ce qui
se passe. Le fait que nous soyons, sauf exception,
en temps réel, donne une juste mesure des enjeux
et de l’urgence dans laquelle les personnages doivent
prendre des décisions essentielles.»
L’un des temps forts du film est une impressionnante
poursuite en bus. Elle a été tournée à Toronto sur douze
jours. Pour la mener à bien, la production a acheté et
fait venir cinq bus de New York, dont deux ont servi
pour le tournage proprement dit - un pour l’extérieur
et l’autre pour les intérieurs, les trois autres étant utilisés
pour les prises spéciales et les cascades. L’un des bus
a été coupé en deux pour pouvoir être monté sur un
camion et négocier ainsi le virage le plus spectaculaire.
La poursuite implique plus de vingt-cinq autres
véhicules et près de cinquante cascadeurs.
La scène finale, celle du crash, a été filmée par douze
caméras placées sur la trajectoire et sur tous les axes
stratégiques. Le superviseur des effets spéciaux,
Laird McMurray, commente : «Il nous aura fallu trois
semaines pour tout mettre en place, et à peine
quarante minutes pour tout exploser !