Dans un futur aux résonances apocalyptiques, une expérience scientifique dégénère et aboutit à la création d’êtres aux pouvoirs extraordinaires,
immédiatement massacrés par des unités militaires. Seul un petit groupe réussit à survivre. Affamées, désorientées et seules au monde, ces
créatures humanoïdes décident de se venger de toute l’humanité à l’aide d’une armée de robots.
Pour contrer leurs plans de destruction, le
responsable de leur création accidentelle décide de plonger le corps de son fils défunt dans la même solution liquide qui aboutit à la naissance de
la race de mutants. Revenu d’entre les morts, Tetsuya Azuma est le dernier espoir de l’humanité…
Notes de production:
CASSHERN est l’adaptation « live » d’un dessin animé japonais populaire des années 70, mettant en scène
un androïde et son chien mécanique luttant contre une armée de robots.
CASSHERN marque une nouvelle date dans le cinéma dit d’effets spéciaux, non seulement au Japon, mais
plus largement dans le reste du monde. Après FINAL FANTASY (Hironobu Sakaguchi, Moto Sakakibara,
2001), qui avait révolutionné la notion même de mise en scène cinématographique en misant sur le tout
numérique, CASSHERN est le film dans lequel la liaison numérique et « live » se fait la plus spectaculaire.
Félicité par la critique japonaise et anglo-saxonne pour ses visuels novateurs, CASSHERN a pourtant
été tourné avec des moyens très réduits – quelques 6 millions de dollars. Le résultat est pourtant là : CASSHERN
est une oeuvre qui siège dans la cour des grands et dont la conception graphique est déjà citée en
exemple par de nombreux cinéphiles ainsi que par des professionnels – la meilleure preuve en étant certains
nouveaux films fantastiques nippons qui ont depuis tenté de recapturer le travail graphique de CASSHERN.
Les talents visionnaires de Kiriya ont été grandement soutenus par une équipe de jeunes techniciens particulièrement
doués, dont certains sont déjà des noms établis dans le monde des effets spéciaux nippons.
Toshiyuki Kimura (qui avait auparavant travaillé sur l’oeuvre post-apocalyptique DRAGONHEAD ainsi
que sur le film qui bouleversa la face du cinéma horrifique nippon, RING) supervisa tous les effets visuels.
Shinji Higuchi, qui avait révolutionné le film de monstres géants avec la nouvelle trilogie Gamera (l’autre
grand monstre du cinéma japonais après Godzilla), s’est occupé de la conception des scènes de combats.
Haruhiko Shôno, issu du monde des jeux vidéos, s’est occupé des effets numériques…
Pour aboutir au look rétro-fiction de son film, Kazuaki Kiriya s’est notamment inspiré de l’art russe du début
du siècle dernier. Du coté de l’image même de son film, Kiriya a aussi largement puisé dans les techniques
propres à l’animation (angle de vue, mise en scène de l’action…). De fait, CASSHERN apparaît facilement
comme l’un des plus importants tenants du style « manga live ». Les scènes d’action, qui ont acquis
une renommée mondiale en quelques jours suite à la découverte de la bande annonce sur Internet lors de
la sortie japonaise, sont bien là pour le prouver : CASSHERN avance là où personne n’avait été auparavant
et ose créer des scènes que l’on ne pensait possible, jusqu’alors, que dans le domaine de l’animation ou
des jeux vidéos. Cependant, alors que les films classés comme « manga live » ont tendance à sombrer dans
un certain second degré, CASSHERN évolue le plus sérieusement du monde sur une trame dramatique.
Si CASSHERN s’est fait remarquer internationalement par ses visuels et ses effets spéciaux, le film ne se
limite cependant pas à une démonstration de force stylistique et possède de nombreux thèmes – abordés de
façons directes ou métaphoriques – qui éloigne ce projet des simples films de SF vide de sens qui ont tendance
à revenir en force ces dernières années.
Oeuvre existentialiste, CASSHERN s’interroge sur la guerre et paix, l’amour et la mort… le sens de la vie.
C’est principalement la guerre elle-même, et plus largement, la violence entre les Hommes qui est au coeur
de CASSHERN.« Pourquoi l’homme tue-t-il ? » est une question qui revient tout au long du film. Comme
chez les plus talentueux écrivains de science-fiction (Philip K. Dick…), l’aspect futuriste de CASSHERN
sert à faire ressortir avec plus de force les incohérences de notre société actuelle, notamment les conflits
guerriers qui ne cessent de s’étendre alors que tous les états du globe brandissent à tout champs le mot de
« civilisation ».
KAZUAKI KIRIYA
CASSHERN est le tout premier long métrage tourné par le jeune Kazuaki Kiriya (né en 1968). Auparavant, le réalisateur s’était fait un nom en tournant des clips vidéos, notamment ceux de sa femme, la pop-star
Hikaru Utada, qui chante par ailleurs le titre phare du film. Kiriya a aussi officié comme photographe de mode pendant plusieurs années aux Etats-Unis avant de retourner dans son pays natal, où il a continué à travailler
occasionnellement comme photographe. En plus de la réalisation de CASSHERN, Kiriya s’est aussi occupé du scénario, de la cinématographie et du montage.
AKIRA TERAO
Né en 1947, fils de Jûkichi Uno, Akira Terao est probablement
l’acteur le plus connu internationalement du casting de
CASSHERN. Acteur phare des derniers films de Akira
Kurosawa – on peut le voir dans RAN (1985), DREAMS
(1990) et MADADAYO (1993) – on le connaît aussi en
France pour son rôle principal dans le chambarra APRES LA
PLUIE (Takashi Koizumi, 1999). Actif sur grand écran, Akira
Terao est aussi très présent au petit écran où il apparaît dans de
nombreuses séries télé à succès.
KANAKO HIGUCHI
Née en 1958, Kanako Higuchi apparaît au début de sa carrière
dans les derniers épisodes de deux séries phares du cinéma
nippon : le 35ème opus de TORA-SAN, Go-between (Yôji
Yamada, 1985) et le 26ème épisode des aventures du sabreur
aveugle ZATOICHI (Shintarô Katsu, 1989). Hideo Gosha,
l’un des grands réalisateurs du cinéma japonais, l’a prise à deux
occasions, dans ses films HEAT WAVE (1991) et THE OIL
HELL MURDER (1992). On a pu découvrir Kanako
Higuchi en France dans SHARA (Naomi Kawase, 2004), qui
fut sélectionné en Sélection Officielle du 56ème Festival de
Cannes, l’histoire touchante d’une famille traumatisée par la
disparition de l’un de ses enfants.