New York, 1933. Ann Darrow est une artiste de music-hall dont la carrière a été brisée net par la Dépression. Comme des millions d’Américains, la jeune femme s’est retrouvée sans emploi ni ressources et réduite à chaparder à l’étal des marchands de quatre saisons.
C’est dans ces circonstances qu’elle rencontre l’audacieux explorateur/réalisateur Carl Denham et se laisse entraîner par lui dans la plus périlleuse des aventures…
Denham est lui aussi dans une situation inconfortable : il vient de dérober à ses producteurs le négatif de son film inachevé. Recherché par la police, il n’a que quelques heures pour trouver une nouvelle star et l’embarquer pour Singapour avec son scénariste, Jack Driscoll, et une équipe réduite. Objectif avoué : achever sous ces cieux lointains son génial travelogue/film d’action et revenir couvert de gloire.
Mais Denham nourrit en secret une autre ambition, bien plus folle, pour laquelle il est prêt à tout sacrifier : être le premier homme à explorer la mystérieuse Skull Island et à en ramener des images. Sur cette île de légende, au cœur de la jungle, Denham sait que «quelque chose» l’attend, qui changera à jamais le cours de sa vie et les destinées de ses compagnons…
Notes de production:
Une vocation précoce ou, lorsqu’un jeune rêveur découvre un classique du cinéma…
KING KONG a enchanté des générations de spectateurs mais, pour le petit garçon néo-zélandais qu’était Peter Jackson, sa découverte fut un événement décisif qui changea le cours de sa vie.
Peter Jackson :
«J’avais 8 ou 9 ans lorsque je vis KING KONG un vendredi soir, à la télévision. L’impact fut tel que je décidai sur le champ de devenir réalisateur. Je me suis dit : «Je veux faire du cinéma, je veux être capable de faire des films comme KING KONG.» L’effet fut aussi profond que durable.»
Choisir KING KONG comme référence prouvait chez l’enfant Jackson un
discernement et une imagination pour le moins précoces. Ce chef-d’œuvre RKO de 1933 était un film pionnier à bien des égards, notamment par la sophistication de ses effets visuels, associant animation image par image, transparences, peintures sur verre et modèles réduits extrèmement détaillés. En première exclusivité, le film battit des records de fréquentation et rapporta plus de 1,75 million de dollars, sauvant ainsi RKO d’une banqueroute imminente. Des ressorties périodiques eurent lieu jusque dans les années 50, et en 1991, le comité pour la préservation du cinéma américain de la bibliothèque du Congrès l’inscrivit dans son Registre National. Plus de 70 ans après sa sortie, cette fable fantastique teintée d’onirisme continue d’inspirer les artistes, de fasciner le public, d’alimenter les réflexions des historiens du septième art et de tous ceux que les grands mythes du cinéma intriguent.
Jackson, pour sa part, n’oublia jamais ce vendredi soir. Trois ans plus tard – il n’avait alors guère plus de douze ans - il décida qu’il était temps de tourner sa propre version de KING KONG. Sa mère lui fit cadeau d’une ancienne étole dont il habilla un gorille miniature en fil de fer. Quelques coups de pinceau sur une boîte en carton firent une réplique convaincante du sommet de l’Empire State Building, se détachant sur une «découverte» de New York (en fait, un drap subtilisé et peint en grand secret).
Le film, hélas, ne fut jamais achevé, mais le concept continua d’habiter l’esprit inventif de Jackson.
Philippa Boyens (Scénariste) :
«Je pense qu’aux yeux de nombreux cinéastes, le premier KING KONG marque un tournant dans l’histoire du septième art, une tentative pour atteindre l’extraordinaire et même l’impossible. L’idée centrale - un gorille géant lâché en plein New York - est du cinéma pur. Elle illustre à la perfection la capacité de cet art à raconter une histoire par ses propres moyens, qui diffèrent de toutes les autres formes de récit, orales ou écrites. Je pense aussi que cette histoire garde toute sa résonance pour le public actuel.»
Flash forward : nous sommes en 1996, Jackson a remporté son premier succès critique (et une nomination à l’Oscar du meilleur scénario) avec CRÉATURES CÉLESTES. Ses pensées se tournent, une fois de plus, vers KING KONG, et un premier scénario émerge : «C’était un film d’aventures au second degré, très hollywoodien, plein de gags, de répliques à l’emporte-pièce», explique le réalisateur.
Mais le marché est saturé de singes géants : Disney annonce MON AMI JOE avec Charlize Theron, un GODZILLA se prépare. Universal décide donc de surseoir, et Jackson se console en attaquant son projet le plus ambitieux à cette date, qui l’occupera durant plusieurs années : LE SEIGNEUR DES ANNEAUX.
Pour réaliser cette trilogie colossale, Jackson s’entoure d’une vaste équipe d’artistes, de techniciens et de comédiens et décide de tourner simultanément les trois épisodes, sur 16 mois. Une entreprise sans précédent dans l’histoire du cinéma et dont le couronnement sera LE RETOUR DU ROI.
Jackson n’attendra pas la soirée triomphale des Oscars 2003 pour se pencher à nouveau sur KING KONG, quoique dans une perspective bien différente. Ayant tout juste donné vie à l’une des plus grandes sagas fantastiques de l’histoire de la littérature, le réalisateur décide maintenant de jouer avec KING KONG la carte du réalisme.
Peter Jackson :
«C’est un des enseignements que nous avons tirés du SEIGNEUR DES ANNEAUX : plus l’histoire est fantastique, plus vous devez essayer de l’ancrer dans un monde réel. Notre KING KONG se situe, comme l’original, dans les années 30, et nous donnons de cette époque une image très réaliste, de même que nous traitons l’aventure de Skull Island comme un récit de survie, très âpre, très physique. Ce n’est pas parce qu’une histoire contient une part de fantastique qu’il faut nécessairement lui conférer un style fantastique. Je pense au contraire qu’il est bien plus intéressant de l’aborder par le biais de la réalité, de la rendre aussi réelle que possible et, par là même, doublement extraordinaire. C’est quelque chose que nous ne savions pas encore en 1996 et que nous avons appris en faisant LE SEIGNEUR DES ANNEAUX. D’où notre décision de remanier le script de fond en comble.
Le KING KONG de 1933 est mon film favori. C’est sans doute pour cela que j’ai eu envie de le refaire. J’ai pensé qu’une nouvelle version de cette merveilleuse histoire, bénéficiant des technologies actuelles, pourrait être quelque chose de réellement spectaculaire. C’est le fan qui vous parle ici, mû par l’envie de voir la version high-tech de cette fabuleuse aventure.
Il peut sembler étrange que KING KONG ait fait partie de ma vie si longtemps, qu’il soit depuis 35 ans mon film favori. Pouvoir le refaire aujourd’hui, c’est concrétiser un rêve incroyable, que je n’aurais même pas osé imaginer. Ma dette à son égard n’a fait que croître, car c’est ce film qui m’a orienté vers la réalisation et a été le moteur de ma carrière. Tourner cette nouvelle version m’a permis de l’en remercier et de lui rendre hommage.»
L’ACTRICE, LE RÉALISATEUR,
L’AUTEUR DRAMATIQUE ET L’ÉQUIPE
La décision de Peter Jackson de préserver à la fois l’époque et le décor de l’original procédait de deux facteurs :
«Le clou du film serait, ici encore, la séquence de l’attaque des biplans sur King Kong, accroché au sommet de l’Empire State Building, et je ne voyais pas comment justifier la présence de ces avions dans un contexte actuel. Deuxième raison : dans les années 30, on pouvait encore croire qu’il y avait, quelque part dans le vaste univers, une minuscule terra incognita, une île perdue au milieu de l’océan, qui aurait échappé à la vigilance des cartographes. Nous n’en sommes plus là.»
Le New York de 1933 a aussi une résonance très particulière pour l’héroïne du film, Ann Darrow. Actrice de music-hall, Ann gagne sa vie en divertissant le public par ses chansons, ses sketches à l’humour populaire. Le dynamisme qu’elle affiche sur scène contraste avec sa mélancolie secrète, car sa vie privée est tout sauf heureuse. La Dépression l’a cruellement affectée, en même temps qu’elle sonnait le glas de cette forme de divertissement. La salle où elle se produisait encore récemment a fermé, laissant la jeune femme sans emploi, à bout de ressources. Ann erre dans les rues comme une âme en peine lorsqu’elle croise Carl Denham et se laisse convaincre d’embarquer sur un bateau au nom prédestiné : la Venture…
L’interprète d’Ann aurait à exprimer toutes les facettes contrastées du personnage : l’instinct de survie, la détermination, la mélancolie sous-jacente. Jackson songea, dès MULHOLLAND DRIVE, à confier le rôle à Naomi Watts.
Peter Jackson :
«J’avais envie de travailler avec elle. C’est une merveilleuse actrice, totalement authentique. Il suffit d’observer ses yeux pour s’apercevoir que chacune des émotions qu’elle exprime est sincère et profondément ressentie. Nous admirons son travail, nous en sommes fans, et KING KONG nous a semblé une bonne occasion de travailler avec elle sur ce rôle immortalisé par Fay Wray.»
Jackson et son équipe étaient à Londres durant les dernières étapes de la post-production du RETOUR DU ROI lorsque Naomi Watts les rencontra et accepta sur le champ de s’essayer au rôle.
Naomi Watts :
«Beaucoup de facteurs entrent en ligne de compte dans le choix d’un film. Pour moi, le plus important est le réalisateur. Connaissant le travail de Peter, j’étais très enthousiaste à l’idée de le rencontrer. Le script n’était pas encore écrit, mais l’idée m’enchantait, et j’aimais les scénarios antérieurs de Fran Walsh et Philippa Boyens. Le projet avait tout pour séduire. J’ai donc donné mon accord avant d’avoir lu une seule ligne de KING KONG!
Plus tard, j’ai trouvé le script exceptionnellement riche et, bien sûr, très différent de tout ce que j’avais fait à ce jour. En dépit du côté grand spectacle, les personnages sont authentiques, très fouillés, et toute l’histoire dégage une grande vérité humaine.
Lorsque j’étudie un projet, je m’attache aussi à sa dynamique – c’est-à-dire le plus souvent aux relations des personnages. Celles-ci sont très riches, et il s’y ajoute quantité d’éléments attractifs : de l’action, des poursuites, de l’humour et même des chants et des danses… bien plus que je ne m’attendais à trouver dans ce contexte.»
Plus tard, Jackson organisa une rencontre entre Naomi Watts, Fran Walsh, Philippa Boyens,
lui-même et la légendaire Fay Wray, avec l’espoir que cette dernière – seule survivante du casting – accepterait de faire une courte apparition dans le film. Le rendez-vous eut lieu en plein hiver, dans l’appartement new-yorkais d’un ami de Fay Wray. Durant la conversation, celle-ci aborda un thème qui intéressait particulièrement Naomi Watts : la condition des actrices de cinéma dans les années 30. L’année de KING KONG, Fay Wray enchaîna pas moins de douze films, à un rythme qui ne laissait guère de temps aux répétitions et aux congés. Les films se suivaient sans discontinuer pour fournir un minimum de réconfort au public de la Dépression.
La vieille dame répondit avec clarté et précision à chaque question de Naomi Watts – «On aurait dit un de ces dialogues à l’emporte-pièce des années 30!», rapporte cette dernière -, mais lorsque Jackson lui présenta Watts comme la nouvelle Ann, Fay Wray fit mine de se draper dans sa dignité et lança à la manière de Gloria Swanson dans SUNSET BOULEVARD : «Je suis Ann Darrow!» Bien qu’elle ait tourné dans près d’une centaine de films, l’actrice avait en effet gardé un attachement particulier pour ce rôle qui lui avait apporté la gloire.
Naomi Watts :
«KING KONG hante Peter depuis l’âge de 9 ans. Je l’ai observé ce soir-là, face à Fay. Essayez d’imaginer un gamin qui tombe amoureux d’une actrice et se retrouve trente ans plus tard en sa présence. C’était un spectacle touchant, charmant, et je pense que cela a également pesé dans ma décision de faire ce film. À la fin de la soirée, Fay Wray a murmuré à mon oreille : «Ann Darrow est entre de bonnes mains», ce que j’ai reçu comme une marque de confiance et une sorte de bénédiction.»
En dépit du grand âge de Fay Wray, Jackson espérait encore en sa brève participation au nouveau KING KONG, mais ce rêve prit fin en 2004, à la mort de l’actrice. «Le cinéma a immortalisé la beauté de Fay», déclara alors le réalisateur, «mais ceux qui ont eu le privilège de la rencontrer garderont avant tout le souvenir de sa malice, de son énergie, de sa classe et de son charme.»
Plutôt que de réinventer le vivant symbole de beauté qu’est Ann Darrow, Jackson et ses collaboratrices choisirent d’étoffer et développer sa personnalité. Carl Denham – le «cerveau» du film – appelait en revanche un traitement très différent de celui du premier film.
Peter Jackson :
«Nous pensions au départ à un Carl Denham d’âge mûr, dans la lignée du quinquagénaire incarné par Robert Armstrong. Puis, nous nous sommes dit : «Mais pourquoi ne serait-il pas un peu plus jeune?» C’est alors que ROCK ACADEMY est sorti, suscitant chez nos enfants une véritable obsession. À l’époque de Noël, nous l’avons vu une bonne dizaine de fois, en appréciant à chaque vision le travail de Jack Black. C’est ainsi qu’est née l’idée de lui faire jouer Denham.
Nous avons pris pour référence le jeune Orson Welles de l’époque du Mercury Theatre. Carl a cette énergie bouillonnante et contagieuse, cette détermination inflexible à réaliser son film par tous les moyens possibles et imaginables. Il est ambitieux et un brin escroc… comme Orson qui n’hésitait pas à utiliser pour tel ou tel de ses projets l’argent qu’il avait obtenu pour un tout autre film. Cette approche nouvelle du personnage de Denham justifiant pleinement le casting de Jack Black.»
Bien qu’il affiche une assurance à toute épreuve, Denham est dans une situation aussi désespérée qu’Ann.
Peter Jackson :
«C’est un point commun à la plupart de nos personnages, que ce soit du fait de la Dépression, d’un excès d’ambition ou d’une manœuvre plus ou moins frauduleuse, ils sont aux abois. C’est un ressort narratif intéressant et une bonne manière de resserrer les liens entre les divers protagonistes.»
Denham doit, d’urgence, dénicher une nouvelle jeune première,
embarquer sur la Venture son équipe et les rushes de son film inachevé, dérobés à ses producteurs - tout cela avant que la police ne l’appréhende et ne lui reprenne «son» bien. Son seul espoir d’entrer un jour dans l’histoire du cinéma est de rallier la mythique Skull Island dont il a obtenu une carte sommaire. Là, il espère confondre ses détracteurs, finir son grand film d’action et d’aventures en y incluant des images aussi spectaculaires qu’inédites.
Peter Jackson :
«Jack apporte son humour délectable à ce personnage qui n’a rien d’un saint, mais qui n’est pas pour autant un méchant. Carl Denham est simplement un homme aveuglé par un enthousiasme excessif qui lui inspire des choix contestables. C’est ce côté légèrement crapuleux que Jack met en lumière avec la drôlerie qu’on lui connaît.»
Jack Black accepta le rôle sitôt après avoir rencontré Jackson et ses collaboratrices.
Peter Jackson :
«C’est enthousiasmant d’obtenir ainsi l’accord d’un acteur qui a été votre premier choix. Cela vous permet de partir tout de suite du bon pied.»
Jack Black :
«J’ai beaucoup réfléchi à ce rôle. Je me suis demandé si Peter ne m’avait pas choisi en raison de nos similitudes physiques : nous avons à peu près la même taille, la même carrure, et voilà qu’il me confie un rôle de réalisateur! Serait-ce qu’il se reconnaît en moi? J’ai alors eu l’idée de baser secrètement mon interprétation sur lui, mais j’ai vite compris que ce n’était pas la bonne approche. Peter n’a aucune des angoisses de Carl, aucune de ses obsessions ou de ses crises de colère. Et il est certainement dans une situation moins désespérée que Carl.
J’ai alors pensé à faire de Denham une sorte de P. T. Barnum, mais Peter avait un autre modèle en tête – pour faire court, un Orson Welles au petit pied. Carl se prend pour un artiste maudit. Il a un ego monumental et espère être reconnu un jour, mais, au fond, il a peur de ne jamais arriver à rien. C’est cela son vrai moteur.»
Jackson, Fran Walsh et Philippa Boyens s’éloignèrent encore plus de l’original dans leur traitement de Jack Driscoll, le très viril second de la Venture.
Peter Jackson :
«Je voulais sincèrement faire un remake, je n’entendais pas proposer une nouvelle vision de KING KONG, et je tenais à honorer l’histoire originale. Mais cela n’interdisait pas d’avoir des personnages très différents. Nous ne voyions pas en effet comment réintroduire le macho pur et dur qu’interprétait Bruce Cabot. Cela nous aurait fait deux machos, si l’on compte le gorille, et nous avons jugé plus intéressant d’explorer une autre voie.»
Après s’être référé au jeune Welles, Jackson et ses scénaristes se tournèrent vers d’autres figures des années 30 et transformèrent le marin et aventurier Driscoll en dramaturge new-yorkais engagé, dans la lignée d’Eugene O’Neill, Clifford Odets et Arthur Miller. Le théâtre social ne nourrissant généralement pas son homme, Driscoll assurerait ses fins de mois en écrivant le film de son ami Denham.
Peter Jackson :
«Nous avons défini cette approche dans la seule intention de transformer le personnage et sans songer à un acteur particulier. Lorsque nous avons abordé la question du casting, le nom d’Adrien Brody s’est imposé en tête de liste. Nous étions alors à Londres pour la cérémonie des British Academy Awards. Adrien, de son côté, tournait en Écosse. Il a accepté de nous rencontrer et nous a donné son accord.»
Une fois sur Skull Island, le dramaturge d’apparence fragile et introvertie, se révélera étonnamment doué pour l’aventure.
Peter Jackson :
«Les circonstance font de lui un homme d’action et le rôle n’est pas de tout repos! Nous avions vu Adrien dans LE PIANISTE et avons pensé qu’il serait merveilleux dans cet emploi. C’était le troisième comédien «de premier choix» qui acceptait de tourner dans notre film et contribuait à un vrai casting de rêve.»
Adrien Brody :
«Je suis fan du film original que j’avais décidé de revoir avant mon entrevue avec Peter. J’avais même jeté sur le papier quelques modestes suggestions pour améliorer certains détails de l’original – et ce sans savoir s’ils étaient le moins du monde enclins à m’engager. Cette première rencontre confirma qu’ils étaient très motivés.
J’étais en quête d’un rôle de jeune premier –pas le classique «héros d’action», mais un gars capable de se conduire en héros et en homme d’action si les circonstances l’exigeaient. En outre, j’avais toujours eu envie d’être associé à cette fable qu’on pourrait qualifier d’intemporelle.»
Brody, à l’instar de Naomi Watts, fut frappé par l’ampleur du projet, et totalement acquis à l’approche réaliste de Jackson.
Adrien Brody :
«Parmi les choses qui m’ont impressionné chez Peter, Fran et Philippa, il y avait leur ferme décision d’ancrer cette histoire passablement irréelle dans un contexte réel, et de développer des relations crédibles entre les personnages. J’ai toujours eu confiance en Peter. Il est mû par une vision et c’est à vous de pousser assez loin la réflexion et l’imagination pour vous y faire une place, pour vous projeter dans un autre monde, en oubliant tout le reste.»
Pour interpréter le peu recommandable Englehorn, capitaine de la Venture, Jackson et ses associées choisirent le comédien allemand Thomas Kretschmann, charismatique partenaire de Brody dans LE PIANISTE.
Thomas Kretschmann :
«En voyant LE SEIGNEUR DES ANNEAUX, j’étais convaincu que le tournage s’était déroulé dans un méga-studio néo-zélandais. Comment atteindre sinon à une telle perfection technique et esthétique? Mais en arrivant sur place, j’ai découvert en fait de studio une sorte de grand terrain de jeux, et j’ai appris que certaines scènes seraient même tournées… dans un parking. Magie du cinéma : arriver à faire d’un simple parking un espace de rêve!»
Preston, l’infatigable second de Carl Denham, est interprété par Colin Hanks. Ce jeune idéaliste va s’affirmer et s’endurcir au fil de l’histoire en se démarquant d’un Denham toujours plus obsédé et opportuniste.
Hanks, comme Kretschmann, fut impressionné par le vaste arsenal technique mis au service du film, mais encore plus touché par la qualité des échanges entre comédiens, réalisateur et scénaristes.
Colin Hanks :
«Nous étions régulièrement invités à donner notre avis sur les personnages et notre apport était pris en compte. KING KONG est une gigantesque production mais, paradoxalement, c’est aussi l’histoire la plus personnelle que j’aie jamais tourné. Je n’imaginais pas pouvoir apporter autant de moi à un personnage. Peter m’est apparu comme un grand gamin jouant à créer un monde fantastique avec des joujoux géants et fort coûteux, mais cela ne l’a pas détourné de ce qui est réellement au cœur de cette histoire, de cette aventure humaine, personnelle et dramatique.»
Jimmy, le cadet du groupe qu’interprète Jamie Bell, est un orphelin qui s’est glissé clandestinement à bord du cargo pour participer à cette grande aventure exotique. Impressionné par sa hardiesse et sa détermination, le second, Hayes, lui a permis de poursuivre son voyage et de parfaire son éducation. Jimmy l’a pris au mot, en se lançant dans la lecture de «Au cœur des Ténèbres».
Jamie Bell :
«Il y a une évidente parenté entre Marlow, narrateur du roman de Conrad, et Carl Denham qui a entraîné tous ces gens dans un périlleux voyage au cœur de l’inconnu. Denham sait que «quelque chose» les attend sur Skull Island, mais il ne saurait dire quoi. Pourquoi n’abandonne-t-il pas cette folle équipée? Hayes l’explique d’une phrase : «Une part de lui voudrait s’en retourner, mais une autre le pousse à aller jusqu’au bout pour vaincre ce qui lui fait le plus peur.»
Hayes (Evan Parke) est un ancien de la 369ème Division d’Infanterie, une des premières unités entièrement afro-américaines de la Première Guerre. Cet homme endurci est prêt à toutes les surprises : «La mer est une aventure, elle vous ouvre de nouveaux horizons, alors même que tant de gens croient qu’il n’y a plus rien à découvrir en ce monde.»
Au rebours de Hayes, l’arrogant jeune premier de série B, Bruce Baxter (Kyle Chandler), ne paraît guère prêt à affronter la tourmente et son comportement laissera pour le moins à désirer.
Kyle Chandler :
«Y a-t-il un jeune qui n’ait pas envie de voir un gorille de huit mètres se battre contre des dinosaures, se faire capturer et embarquer pour New York, s’évader, tout casser pour retrouver la femme de sa vie, grimper au sommet du plus haut gratte-ciel du monde et défier les avions lancés à son assaut? C’est une histoire géniale, et elle va encore une fois captiver le monde…»