Kirikou et les bêtes sauvages ,2005 France

Sortie prévue le 07 Decembre 2005

Le grand-père, trônant dans sa grotte bleue, explique : “L’histoire de Kirikou et la sorcière était trop courte. On n’a pas eu le temps de rapporter tout ce que l’enfant Kirikou avait accompli. Et il a vraiment accompli de belles et bonnes actions, qu’il ne faudrait pas oublier.

Alors, je vous les raconte.”

Et il nous dit comment l’inventif Kirikou est devenu jardinier, et détective, et potier, et marchand, et voyageur, et médecin, toujours le plus petit et le plus vaillant des héros.

Notes de Production:

Ce film présentait un enjeu de taille : répondre positivement aux attentes générées par le succès de Kirikou et la Sorcière, ce film référence. Pour assumer ce défi, il était essentiel de s’assurer d’une collaboration efficace entre Bénédicte et Michel et de la confiance du producteur quant aux choix des méthodes de travail, de la répartition des tâches (production interne et prestations externes) et la constitution des équipes.

Pour diriger cette production et satisfaire aux trois conditions “qualité, budget, calendrier”, nous avons retenu les principes suivants :

- conserver sous contrôle direct des réalisateurs les étapes fondamentales de la création artistique, en intégralité (design, story-board, layout - mise en place des personnages et des décors, feuilles d’expos, recherche et décors couleur) ou partielle telle l’animation-clé pour des séquences délicates (danses) ou des références indispensables pour les équipes externes d’animateurs.

- constituer en interne une équipe réduite très compétente et polyvalente (25 personnes).

Nous avons considéré, en effet, que pour un projet de cette ambition, il est important de donner aux artistes et techniciens le temps et les moyens de s’investir et de se responsabiliser sur leur part de travail. L’étape de Layout posing (mise en place des personnages dans le plan), les feuilles d’expos et l’animation ont été faites par les mêmes personnes.

Ainsi, la construction d’un layout pouvait-elle se confirmer, s’améliorer par une phase de pré-animation.

Cela les obligea à considérer de fait les difficultés que peut rencontrer une équipe prenant le relais dans la fabrication, en l’occurrence celles du studio ARMADA au Vietnam et du studio JETMEDIA en Lettonie. De même, certains décorateurs au trait ont-ils pu prolonger leur travail lors de la phase de mise en couleur. La sous-traitance étrangère a aussi été cadrée et encadrée par des superviseurs pendant toute la durée de production. Indispensable relais pour pallier les contraintes culturelles et structurelles qui, le décalage horaire aidant, prennent vite des proportions lourdes de conséquences sur le calendrier, le budget et bien sûr la qualité. La post-production image et son a été organisée bien en amont, c'est-à-dire dès les premiers mois de la production. Des pré-montages image successifs (avec une station interne au studio), dès l’étape du story-board, ont fourni aux réalisateurs un outil permanent d’anticipation et d’évaluation permettant de sortir des projets utiles pour la préparation de la musique et de la sonorisation du film.

Au stade final de cette production, les choix d’organisation initiaux se sont révélés efficaces puisque conformes aux trois conditions (qualité, budget et calendrier) que nous avions définies deux ans auparavant. Des choix qui ne sont pourtant pas à ériger en “méthode” applicable à tout projet de long métrage d’animation. Chaque projet a ses spécificités et reste une expérience originale de production.

Celle de Kirikou et les bêtes sauvages était riche à l’origine d’une définition artistique précise et déjà expérimentée dans le premier film. Mais six ans après, tout le processus était à revoir avec une nouvelle histoire, des équipes renouvelées à 90%, un délai de fabrication réduit, un budget sensiblement équivalent mais une obligation de faire mieux ! Donc faire autrement.

Dans la pratique, l’entreprise Kirikou et les bêtes sauvages fut l’agencement de 50 spécialités professionnelles représentant plus de 200 personnes réparties en une dizaine d’unités de production dans trois pays culturellement différents (France, Lettonie, Vietnam). Une telle configuration est courante dans l’industrie de l’animation 2D, mais le style et la valeur KIRIKOU ne relevant pas de la mécanique répétitive et calibrée mais assurément de la subtilité et de la sensibilité, c’est essentiellement sur ce terrain que furent concentrés nos efforts (évaluation, information, initiation) pour permettre l’adaptation de chacun à l’esprit KIRIKOU.

Michel OCELOT, réalisateur-auteur:

Je n’avais pas l’intention de faire un deuxième “Kirikou”. Mais l’enfant Kirikou ne m’a pas demandé mon avis, il s’est imposé, et je ne faisais pas le poids. C’est une étrange expérience, d’une part d’être un peu dépassé par son invention, d’autre part de revenir en arrière pour recommencer comme la première fois... Ce n’est pas une suite à l’histoire de Kirikou et la Sorcière, où le héros est devenu un homme. Le Kirikou qui est resté dans les mémoires (du public et de moi-même) est le petit enfant, nu, décidé, éveillé, astucieux et généreux. Il s’agissait de montrer des pans de sa vie qu’on n’avait pas eu le temps de raconter. J’ai eu un immense plaisir à refaire vivre intensément mon minuscule héros, le faire réagir, foncer, parler - il me dictait son dialogue sans une hésitation, et ce que disait sa mère, et son grand-père, et le vieux grincheux sous son baobab, et la Femme Forte, autoritaire mais pas indifférente. Karaba resplendit toujours, elle n’est encore que sorcière, mais on sent bien que cette femme extraordinaire intrigue le gamin extraordinaire dont le dernier mot, dans ce film, sera pour elle.

Je me suis attaché à montrer la vie au village, j’ai continué sur la lancée de beaux décors luxuriants, en ajoutant un espace à l’échelle de l’Afrique, et en baignant tout le film dans la musique. J’ai travaillé étroitement avec Manu Dibango, profitant du fait que nous vivions dans la même agglomération, et nous avons pu aller jusqu’au bout de nos envies et accomplir un spectacle musical. Youssou N’Dour, lui, est toujours là, avec les chansons, anciennes et nouvelles, chansons qu’il interprète lui-même, ce qui n’avait pas été possible lors du premier film. J’ai profité d’autres avantages, en particulier le travail providentiel avec ma co-réalisatrice, Bénédicte Galup, une collaboratrice de longue date, qui veillait au grain sur le terrain.

Bénédicte Galup ,réalisatrice:

Co-réaliser : élaborer et réaliser un long-métrage d'animation à deux ! Cela faisait partie des défis à relever pour Kirikou et les bêtes sauvages : trouver un certain équilibre entre l'univers pré-établi de Kirikou et de son créateur Michel Ocelot et le point de vue différent que je pouvais en avoir en tant que personne et que je souhaitais lui donner en tant que co-réalisatrice. Michel et moi nous connaissons depuis longtemps. Chacun de nous avait ses aspirations, ses envies. Toutes ne pouvaient pas être comblées mais une chose est sûre, nous partagions l’envie de faire à nouveau un très beau film autour de cet attachant personnage qu’est Kirikou.

D’un point de vue pratique et logistique, les différentes étapes de fabrication ont incombé à l’un ou à l’autre. Tout au long de la production, Michel et moi avons eu des échanges de points de vue et d’avis. Entre Angoulême, camp de base de Kirikou depuis 1998 et Paris, ville des producteurs et de son créateur, nous étions constamment reliés par Internet et le TGV !

Pour ma part, installée donc en Charente pendant près d’un an et demi avec des équipes de graphistes, d’animateurs et de décorateurs, j’ai oeuvré à la fabrication des images du film, depuis les story-boards jusqu’aux images finales en couleurs. Dans le studio créé pour l’occasion, entourée de collaborateurs de métier et de confiance à qui ce nouveau film doit beaucoup, je me suis confrontée à cette tache difficile, mais exaltante. Une partie des dessins d’animation fut fabriquée au Vietnam, le restant en Lettonie. Collaborer avec des animateurs ayant une autre culture et pour qui l’Afrique et le monde de Kirikou peuvent sembler bien lointains, fut également une expérience passionnante.


Source : Gébéka Films
 
 
Sites Officiels:
Kirikou (Fr)
 
 
Fiche technique :
Réalisation Michel Ocelot et Bénédicte Galup
Assistante Réalisatrice Véronique N’Guyen
Direction de Production François Bernard
Assisté de Cécile Proust
Scénarimage Olivier Reynal et Michel Ocelot
Recherche graphique des personnages additionnels Olivier Reynal et Jean-Luc Serrano
Recherche graphique des décors Agnès Jon de Coupigny
Décorateurs au trait Christel Boyer, Aymeric Gendre, Jean-Michel Picard
Les affiches :
 
Voir les Photos
   
Boutique: