Sur un champ de bataille, la petite Qingcheng erre à la recherche de nourriture quand elle se trouve soudain
face à la Déesse Manshen qui tient entre ses doigts la carte du destin.
Elle aide l’enfant mais lui impose un pacte qui la liera jusqu’à sa mort : “Tu seras adorée par les hommes
les plus puissants et leurs richesses seront à tes pieds. Mais tu n’obtiendras jamais l’amour vrai et si tu le
rencontres, tu le perdras aussitôt”.
Qingcheng, devenue Princesse, voit deux hommes s’affronter pour la conquérir dans une lutte sans merci :
le Duc du Nord et le Général en chef, défenseur de la Cité Impériale.
Elle ne peut influer sur le cours de son destin qui la condamne à ne jamais vivre le véritable amour. Elle
ne le reconnaît pas alors qu’il se présente sous les traits d’un ancien esclave, Kunlun, l’homme du Pays
des Neiges qui court plus vite que le vent.
Il tentera de la délivrer de sa promesse car selon la prophétie de la déesse “le destin ne peut être changé
à moins que le temps n’inverse son cours, que la rivière ne coule vers sa source et que l'homme mort ne ressuscite...”
Mais, au pays des légendes et de l’amour éternel, tout est possible…
Notes d'intention:
Sommes-nous libres de mener notre vie conformément à nos désirs, ou sommes-nous les jouets du
destin ? Nous avons tous été confrontés à cette question, d'une manière ou d'une autre, et parfois dans des
circonstances inattendues. Même si notre voie est tracée, nous pouvons toujours tenter de modifier le cours de notre
vie et d'agir au mieux. Mais le destin n’a pas toujours le dernier mot, nous sommes les coauteurs de nos destinées.
Curieusement, le destin semble avoir joué un rôle non négligeable dans la façon dont j'ai réalisé WU JI, LA LEGENDE
DES CAVALIERS DU VENT, que ce soit dans le choix de mes partenaires, des extérieurs et même de certains personnages
principaux.
J'avais bien sûr imaginé cette histoire bien avant la préparation du film : il y aurait une belle Princesse, un courageux
Esclave, un puissant Général ambitieux et charismatique, un Duc rusé et maléfique, tous mus par de fortes passions :
la cupidité, l'ambition, la loyauté, la vengeance, la quête inlassable du grand amour.
La “remise en question de leur destinée” ne serait pas seulement réglée par d'irrépressibles besoins et désirs, mais aussi
par des promesses et des pactes scellés des années plus tôt. Qui plus est, j'avais situé l'histoire “3000 ans plus tôt, en
Asie”. Telles étaient l'essence et les prémices du film. Mais une série d'événements se combinèrent simultanément pour
donner à WU JI, LA LEGENDE DES CAVALIERS DU VENT une forme plus atemporelle.
Le rôle de l'Esclave est particulièrement important, puisqu’une bonne partie de l'intrigue tourne autour de sa métamorphose,
d'une créature quasi animale en un être humain accompli, doté d'une stature héroïque. C'est, en un sens, le personnage
qui fait le plus d'efforts pour transcender son destin et modifier le cours de sa vie - celui en qui je vois un reflet de mes
propres aspirations.
Le film fini est différent de celui que j’avais prévu au départ, car il suit son propre cours. Peut-être le destin murmure-t’il
à notre oreille, dans nos rêves et notre subconscient, des histoires que nous nous sentons obligés de raconter. Mais
une chance nous est offerte de leur donner une autre forme, de les embellir et de nous les approprier.
Chen Kaige
Mythologie:
Qingcheng, la Princesse
Elle n’a que huit ans lorsqu’elle accepte,
affamée, le pacte de la Déesse Manshen : elle
sera aimée et adorée par les hommes les
plus puissants du monde, mais jamais
n’obtiendra d’un autre un amour vrai, à
moins que “le temps n’inverse son cours,
que la rivière ne coule vers la source, que
l’homme mort ne ressuscite.” Devenue
Princesse, elle est enlevée par Kunlun
qu’elle croit être le Général en chef
Guangming. D’une forte personnalité et
séduisante, elle ne se fait aucune illusion sur
sa condition qu’elle a fini par accepter.
Désabusée, elle n’hésite pas à tenir tête au
Duc du Nord, quand bien même celui-ci
la retient prisonnière dans la cité royale.
Pourtant, elle devra de nouveau éviter le
piège des apparences et ne pas se laisser
tromper par des sentiments naissants.
Kunlun, L'Esclave qui court plus vite que le vent
Il n’a que quelques années lorsque sa famille est sauvagement
tuée par le duc Wuhuan. Arraché au Pays des Neiges, devenu
esclave, il est vendu contre une bouchée de pain par le Borgne au
Général Guangming. D’une rapidité hors du commun, il ne tarde
pas à obtenir le respect du Général dont il sauve plusieurs fois la vie.
Fidèle et honnête, il accepte son statut d’esclave et fait preuve d’un
dévouement sans limite. Mais le jour où il redécouvre son passé
oublié, Kunlun n’a plus qu'un but : venger les siens. Enfant du Pays
des Neiges, il compte bien mettre à profit ses dons extraordinaires…
Guangming, le Maître de l’armée fleurie
Brillant maître de guerre, Guangming est le Général en chef des armées
du roi. Excellent stratège, d’une fierté démesurée, insensible et dévoué, il
est injustement accusé du meurtre du roi. Condamné à fuir, il trouve en
chemin l’amour vrai. Méprisant, il se lie cependant avec son fidèle Esclave
Kunlun. Différentes péripéties bouleversent définitivement sa personnalité.
Il lui faudra pourtant faire preuve de sang-froid et de recul pour déjouer
les stratagèmes de son plus grand ennemi : le Duc du Nord, Wuhuan.
Wuhuan, Le Duc du Nord
Ancien Général du roi, il est toujours en compétition avec Guangming, bien
meilleur maître de guerre. Impulsif, opportuniste et angoissé, il s’est promis de
soumettre la Princesse Qingcheng ; il lui avait juré alors qu’elle n’avait que huit ans
qu’elle deviendrait, un jour, son esclave. Sans scrupule, il se nourrit du malheur des
autres. Déjà ennemi de Guangming, il devra aussi affronter Kunlun qui réclame vengeance au responsable du massacre de son peuple.
Le Loup des Neiges
Lors de l'attaque du Pays des Neiges, il s'est sacrifié en vain pour
tenter de sauver son peuple. Condamné à rester l’esclave de Wuhuan, il ne peut se
séparer de sa robe noire, sinon il disparaît. Chargé par le Duc du Nord de tuer
Guangming, il échoue. Chargé ensuite de tuer Kunlun, il échoue de nouveau.
Il reconnaît vite en l'esclave un habitant du Pays des Neiges doté du pouvoir secret.
Il ne peut se résoudre à le tuer comme le lui demande son maître Wuhuan. Dans
l ombre, il prépare sa vengeance.
Manshen, la Déesse qui tient entre ses doigts le fil du destin
Manipulatrice, elle prend un malin plaisir à se jouer des mortels. Ainsi lie-
t-elle la petite Qingcheng, encore très jeune, à un terrible pacte dont
la fillette, bien évidemment, ne maîtrise pas encore les conséquences.
Le Roi
Avide de pouvoir et méprisant, il n’a de respect que pour son Général
en chef, Guangming. Le comportement provocateur de son épouse,
Qingcheng, lui fait perdre la raison. Aussi tente-t-il de s en défaire…
Pour son plus grand tort…
CHEN KAIGE , Réalisateur et scénariste
Chen Kaige a remporté en 1993 la première Palme d'Or décernée à un film chinois pour
"ADIEU MA CONCUBINE", succès critique et populaire international également cité
aux Oscars.
Chen Kaige est né à Pékin en 1952, dans une famille solidement établie au sein de la
communauté cinématographique : son père, Chen Huakai, est réalisateur ; sa mère est
rédactrice littéraire au département Développement des Beijing Films Studio. Son
adolescence est marquée par l'avènement de la Révolution culturelle de 1965, qui l'oblige
à interrompre ses études. Comme tous les étudiants de sa génération, il est envoyé à la
campagne pour être “rééduqué” au contact des gens de la terre. Pendant trois ans, il vit
dans un coin reculé de la province du Yunan, puis sert pendant cinq ans sous les drapeaux.
De retour à Pékin en 1978, Chen Kaige rejoint la section Réalisation de l'Académie
du Cinéma, récemment rouverte. Il y fait la connaissance des futurs réalisateurs de la
cinquième génération”, comme Zhang Yimou (EPOUSES ET CONCUBINES), qui
sera un temps son chef opérateur, et Tian Zhuang-zhuang - alors jeunes étudiants qui se
réclament du cinéma européen et sont décidés à exprimer leur vision personnelle du
monde. Durant ses études, Chen Kaige travaille notamment comme cadreur et assistant
réalisateur sur divers téléfilms.
Diplômé en 1982, il rejoint les studios de Guangxi où il réalise en 1984 son premier film :
"TERRE JAUNE" (Léopard d'Argent au Festival de Locarno). Suivront : "LA GRANDE
PARADE" (primé à Montréal), "LE ROI DES ENFANTS" (présenté en compétition
officielle à Cannes) et "LA VIE SUR UN FIL" (également présenté à Cannes). Après
le succès international d'"ADIEU MA CONCUBINE", il réalise "TEMPTRESS MOON"
(avec Gong Li), "L'EMPEREUR ET L'ASSASSIN" (présenté en compétition officielle
à Cannes) et "L’ENFANT AU VIOLON" (produit et interprété par son épouse, Chen Hong).