C’est l’événement ! Le petit village gaulois accueille Goudurix,
le neveu du chef, et Astérix et Obélix sont chargés d’en faire un
homme, un vrai. Sous ses airs arrogants, cet ado qui arrive de
Lutèce n’est qu’un gros froussard et l’entraînement de choc qu’il va
subir risque de ne pas y changer grand-chose…
Au même moment, les Vikings débarquent en Gaule, décidés à trouver
un “champion de la peur” qui pourra, comme l’a promis leur mage,
leur apprendre à voler, puisque, selon lui, "la peur donne des ailes"...
Lorsque Goudurix est enlevé par les Vikings, c’est la catastrophe !
Astérix et Obélix doivent tout faire pour le retrouver. Pendant qu’ils
se lancent à sa recherche jusque dans le Grand Nord, leur jeune protégé,
embarqué malgré lui dans un infâme complot, va découvrir la belle
et intrépide Abba et s’apercevoir que l’amour fait parfois l’effet d’un
coup de poing… Un vrai choc des cultures !
Notes de Production:
Le petit héros gaulois fait un retour fracassant en dessin
animé dans une aventure qui nous entraîne jusque dans le Grand
Nord, et à la rencontre d’un jeune Gaulois de Lutèce qui ne laissera
personne indifférent…
AU COMMENCEMENT ETAIT LE RIRE
A propos de la naissance d’Astérix, Albert Uderzo confie :
“Avec René Goscinny, on le disait souvent : puisqu’on était mal payés
dans ce métier, il fallait au moins qu’on rigole ! On a décidé de mettre
plus d’humour que ce qui se faisait à l’époque dans la bande dessinée.
C’est ainsi que, sans calcul d’ailleurs, on a inventé des histoires lisibles
à deux niveaux. Il fallait que les enfants et les parents puissent
y trouver leur compte. On l’a fait sans vraiment réaliser... En fait,
entre la première parution du personnage dans le journal Pilote
– c’est là qu’il a été introduit – et ma création du personnage, il s’est
passé 3 mois. On a travaillé comme des fous pour trouver le thème
des Gaulois et en un quart d’heure, les bases essentielles de la saga
et des personnages étaient posées.”
Quelques décennies plus tard, Astérix est devenu le succès que l’on
sait, résistant aux modes comme à l’envahisseur romain, réjouissant
toutes les générations qui tour à tour, découvrent son esprit et ses
aventures.
Albert Uderzo explique : “L’idée de faire un nouveau dessin animé
basé sur les aventures d’Astérix n’était pas une révolution pour moi.
Il y a déjà eu sept adaptations, certaines avec des fortunes diverses.
Mais quand j’ai rencontré l’équipe du studio qui projetait de faire
ASTERIX ET LES VIKINGS, j’ai été convaincu par leur enthousiasme
et j’ai accepté. Ils avaient compris exactement ce que je souhaitais.
Dans les films précédents, je trouvais que les personnages ne
jouaient pas assez, ils étaient toujours dans le mouvement, dans
l’action, mais ne jouaient pas. Cette fois, ils sont parvenus à rendre
les personnages vraiment humains.”
L’AVENTURE ENTRE DEUX MONDES
Natalie Altmann, productrice exécutive du film, explique :
“On s’est aperçus que beaucoup de choses n’avaient pas été
exploitées dans l’univers d’Astérix et les énormes progrès accomplis
dans l’animation ces dernières années permettaient d’envisager un
traitement digne des personnages. Il existe aujourd’hui des talents
en France et dans toute l’Europe qui permettaient de relancer une
production d’Astérix d’un très haut niveau.”
Natalie Altmann poursuit : “Le projet a débuté par quelque chose de
très agréable : nous avons relu tous les albums ! Nous cherchions
une histoire forte, universelle. Nous nous sommes arrêtés
sur “Astérix et les Normands”. Les Vikings ont envahi toute l’Europe
et possédaient donc une dimension européenne et internationale.
De même, le concept du film, la peur, est totalement universel.
D’autre part, le personnage de Goudurix est un vecteur d’identification
très puissant, aussi bien pour le jeune public qui s’y reconnaît que
pour les parents. Pendant que le scénario s’écrivait, la logistique
technique s’est mise en place. On a cherché les meilleurs talents. On
a dû faire appel à plusieurs studios car aucun ne proposait à lui seul
tout ce dont nous avions besoin. Nous avons eu la chance de rencontrer
deux réalisateurs, Stefan Fjeldmark et Jesper Møller, qui ont
parfaitement senti le projet et ont su convaincre Albert Uderzo.
Comme un clin d’oeil à l’album et au film, nous, “Gaulois”, nous
sommes retrouvés à faire équipe avec des “Vikings” danois, mais
contrairement à ce qui se passe dans l’histoire, tout a été beaucoup
plus cordial !”
Stefan Fjeldmark, réalisateur, raconte : “Quand j’étais enfant, je
rêvais de devenir dessinateur et je copiais les dessins d’Astérix !
Alors forcément, rencontrer Uderzo a été un vrai privilège. Il nous
a accompagnés durant tout le projet, il était pour nous un garant
de la qualité de ce que nous faisions.”
Jesper Møller ajoute : “Je me souviens du sentiment que j’éprouvais,
enfant, lorsque j’ouvrais un album d’Astérix. J’étais emporté dans
cet univers joyeux. J’étais fasciné par les pouvoirs des héros, par
leur joie de vivre, et aussi leur goût pour les choses simples
de l’existence. Plus grand, j’ai été stupéfait de découvrir
que quelqu’un avait imaginé cet univers, que tous ces personnages
n’étaient pas une création divine ! J’ai été honoré d’être choisi
pour le projet et heureux de pouvoir donner en retour un peu
de ce que j’ai reçu en lisant ces albums !”
Stefan Fjeldmark commente : “Même si l’univers d’Astérix est
typiquement français, il ne se limite pas à son seul pays d’origine.
Je suis danois et j’ai grandi avec. Dans l’équipe du film, nous
comptions plus de dix nationalités, et chacun avait un lien fort
avec les aventures d’Astérix. Ce que Uderzo et Goscinny ont créé
est universel. Nous savons tous que cela se déroule en France,
mais cela parle à tous les pays. Les albums ont été traduits
en 111 langues et dialectes ! On est tous proches des
personnages, de leurs émotions et des enjeux qui les motivent.
En France, en Allemagne, en Italie, en Espagne, tout le monde
ressent la même chose.”
FACE A TOUTES LES EMOTIONS :
LES PERSONNAGES
Jean-Luc Goossens, scénariste, raconte : “On est partis
d’“Astérix et les Normands”, un album plein d’idées remarquables.
Croire que « la peur donne des ailes » est à la fois absurde et génial.
Les Vikings pensent que le jour où ils apprendront la peur – car ils
ne la connaissent pas – ils pourront voler. Il était important de faire
un vrai travail de scénarisation, de retravailler la structure pour
adapter le récit en véritable histoire de cinéma. L’humour absurde,
les personnages, l’inventivité des dialogues, des jeux de mots étaient
très présents dans l’album, mais on ne pouvait pas forcément les
transposer tels quels dans un film. Au cinéma, ce qui prime, c’est le
suspense, le développement narratif, l’émotion, et l’action. Pour moi,
l’enjeu était de transformer cette BD hilarante en comédie d’action.”
Natalie Altmann intervient : “Nous avions deux difficultés majeures :
le passage de l’écrit à l’écran et l’aspect international de cette
production, qui ne devait pas faire rire que les Français. Ensuite,
le dosage entre les gags plus visuels pour les enfants et l’esprit plus
adulte qui fait la particularité d’Astérix a été maintenu. Cette double
lecture permanente est un véritable atout.”
Jean-Luc Goossens reprend : “C’était la première fois que je travaillais
sur un film d’animation, mais j’ai traité ces personnages comme s’ils
étaient réels. Au final, ce scénario aurait pu être fait en live. Même
sur des personnages aussi connus qu’Astérix et Obélix, on découvre
des facettes, des nuances de leur caractère jusque-là inédites.”
Le scénariste poursuit : “A travers une histoire d’époque, ASTERIX
ET LES VIKINGS aborde aussi des sujets très contemporains, comme
la place des jeunes, celle des femmes, et les relations entre les peuples.”
“Astérix, c’est un regard décalé sur des faits de société, transposés
à l’époque gallo-romaine. René Goscinny parvenait à avoir ce regard
amusé, ironique, parfois à la limite de l’absurde. Il a quand même
fallu moderniser les parallèles qu’il faisait à l’époque, car l’album date
de 1967, en introduisant la réalité de 2006. Par exemple, le personnage
de Goudurix, qui dans l’album fait un numéro en chantant du
rock, est aujourd’hui plus funk et rap. On a aussi ajouté une colombe
appelée SMS qui accompagne Goudurix et qui transmet des
messages. Dans cet esprit-là, on a aussi inventé des noms de
personnages, comme Abba, référence au groupe suédois mythique.
C’est une jeune femme impétueuse, capable de tenir tête aux
hommes. On a aussi inventé Vikéa, la femme du chef viking obsédée
par l’idée de refaire son intérieur…”
Natalie Altmann intervient : “L’objectif était de faire vivre à l’écran les
personnages tels qu’ils existent dans notre imaginaire. Il fallait que
ces personnages de papier soient animés de vie, d’émotions.
Il ne devait y avoir aucune incohérence entre les personnages
existant dans l’album et ceux créés pour le film. Albert Uderzo
et Anne Goscinny ont suivi chaque étape de la création, de l’écriture
du script à la mise en scène. Ils ne se sont jamais comportés
en censeurs mais en conseillers bienveillants. L’entente et la collaboration
ont été exemplaires.”
Stefan Fjeldmark ajoute : “Pour que le public vive une expérience
inédite et totale au cinéma, nous n’avons pas suivi l’album à la lettre,
ce qui permet des surprises, de nouveaux gags et la découverte
d’un vrai film en cohérence avec l’univers d’origine. Ainsi, de nouveaux
personnages apparaissent, comme Abba, la fille de Grossebaf,
ou Cryptograf, le mage conspirateur et son fils Olaf, aussi musclé
que stupide. Cette histoire offre en plus l’avantage de nous plonger
dans le village avec tout ce que l’on aime y retrouver, ses habitants
emblématiques, ses bagarres, mais aussi de nous entraîner ailleurs,
dans les contrées enneigées du Grand Nord, au milieu de paysages
magnifiques.”
TECHNIQUES DE POINTE
POUR HEROS HISTORIQUES
Stefan Fjeldmark explique : “En terme de qualité, notre ambition
était grande. Jamais autant de moyens n’avaient été mis au
service d’une adaptation animée d’Astérix et nous étions tous
passionnés à titre personnel. Toute la base du travail de dessin a été
faite de manière traditionnelle. Le tracé des personnages,
le découpage extrêmement précis, puis la création des décors,
l’animation, la composition de l’image, chacune de ces étapes a reçu
le plus grand soin. Nous voulions absolument respecter le tracé
particulier d’Uderzo. Pour les effets, la neige, les fumées, les poussières,
la mer, nous avons utilisé tout l’éventail de ce que les techniques de
pointe permettent. Là encore, nous devions les intégrer dans le style
d’Astérix. Pour la mer par exemple, on devait retrouver ce mélange
de réalisme précis, de trait épuré qui fait le style de la BD, tout en
la caricaturant un peu quand même. La limite était fine et demandait
autant de talent de la part des dessinateurs que de technicité.
Nous voulions rendre les dessins d’Uderzo vivants !”
Jesper Møller ajoute : “Ce fut notre challenge pour ce film. On devait
respecter la physionomie des personnages mais aussi l’état d’esprit
de la BD. Il faut que le film apporte un plus par rapport à la BD, mais
il ne faut surtout pas dénaturer l’énergie et les caractéristiques qui
font le succès d’Astérix et Obélix. Même si nous utilisons la technique
traditionnelle, nous nous sommes aussi servis de l’imagerie informatique
pour obtenir des images plus denses, plus riches. Ce n’est pas
l’ancien contre le moderne, mais l’alliance des deux pour un résultat optimal.”
DES MOYENS A LA HAUTEUR DES AMBITIONS
Natalie Altmann confie : “Quels que soient les moyens que
nous ayons mis sur ce film, nous n’avons jamais perdu de vue que
l’objectif premier était le plaisir du spectateur. ASTERIX ET LES
VIKINGS est d’abord l’occasion de partager l’aventure d’un héros qui
nous tient à coeur quel que soit notre âge. Nous n’avons pas
privilégié la prouesse technique au détriment de l’histoire. Chaque
effet, chaque décor est au service de la narration. Jamais l’énorme
logistique du projet n’a pris le pas sur son esprit.”
La productrice exécutive explique : “ASTERIX ET LES VIKINGS, c’est
4 ans de travail, 22 millions d’euros de budget, 1300 plans, plus de
100 000 dessins, des centaines de décors, entre 300 et 500
personnes au travail en France et ailleurs. C’est extraordinaire
d’avoir une production qui permette à plusieurs pays de travailler
ensemble sur un gros projet. La France est le pays fondateur puisque
c’est une histoire écrite par des Français, réalisée avec l’aide de
nombreux créateurs français. Nous avons notamment travaillé avec
Néomis Animation, société créée par des anciens des studios Disney
de Montreuil, et la mise en couleur ainsi que la composition de l’image
et une partie de l’animation ont été réalisées à Angoulême
chez 2d3D Animations.”
“La collaboration d’autres talents venus de nombreux pays d’Europe
en fait une production française et européenne à l’image de son
héros. Je pense que seul Astérix pouvait bénéficier de cela parce
qu’à ma connaissance, c’est le seul personnage qui parle à autant
de gens de façon aussi personnelle dans autant de pays.”
ENTENDRE UN MONDE
Natalie Altmann raconte : “Nous souhaitions accorder une
attention majeure à l’ambiance sonore, aux voix et à la musique car
ces éléments sont souvent négligés au profit de l’image. Or, ils
concourent de manière fondamentale à transporter le spectateur
au coeur de l’histoire. Par exemple, pour le bruitage d’un film normal,
on couvre en général une demi-heure de film par jour de travail, alors
que dans le cas d’ASTERIX ET LES VIKINGS, les bruiteurs prenaient
une journée pour en réaliser cinq minutes ! Pour les voix, l’exigence
a été la même. Roger Carel, la voix historique d’Astérix, fait partie
de l’aventure, mais nous avons aussi Jacques Frantz pour Obélix,
Lorànt Deutsch pour Goudurix, Pierre Palmade pour Cryptograf
et Sara Forestier pour Abba. Pour la musique, nous souhaitions
aussi faire les choses en grand.”
Alexandre Azaria, compositeur de la musique originale, confie :
“Contrairement à beaucoup, je n’ai jamais été grand fan de BD quand
j’étais jeune. J’avais une image d’Astérix assez extérieure, tout en
sachant que c’est un pan de notre patrimoine culturel. Je dois avouer
qu’en travaillant sur le film, je m’y suis attaché, j’ai découvert
la finesse, la complexité et l’humour de cet univers.”
Alexandre Azaria ajoute : “Musicalement, j’ai découpé le film en deux
parties. L’univers viking, avec une musique assez martiale, composée
essentiellement de cors. Et le thème des Gaulois, plus particulièrement
celui de Goudurix. Je n’ai pas voulu charger le film en thèmes
parce qu’il y a beaucoup de dialogues et que dans l’espace qui lui
reste, la musique doit être immédiatement identifiable. Autre point, je
n’ai jamais cherché à faire de la musique de dessin animé, j’ai approché
la composition comme je l’aurais fait pour un film live. Même si parfois
cela se nuance, j’ai évité le côté sautillant systématique qu’il peut
y avoir dans les dessins animés.
Pour l’univers viking, il fallait que l’on sente l’ampleur des paysages,
la majesté des fjords - le film n’est pas que drôle, il est aussi esthétique
! Il était important d’avoir alors de belles emphases
d’orchestre. Les Vikings ont un thème extrêmement sérieux même
s’ils ne le sont pas eux-mêmes. Ce décalage les rend encore plus
amusants.”
D’autre part, il explique : “Le processus de composition a été très
naturel et bien plus que pour un film live, j’ai eu des contacts avec les
réalisateurs. J’ai eu la chance de voir mes deux thèmes validés très
tôt, ce qui nous a permis à tous de gagner du temps. Par la suite, il
est possible de s’appuyer sur ce thème et de le faire évoluer. Ensuite,
je devais composer sur des images noir et blanc, avec parfois seulement
les personnages dessinés au trait. J’avais besoin de savoir
dans quels décors ils évoluaient, comment cela s’articulait. C’est une
expérience surprenante et passionnante. J’ai découvert le film à l’auditorium.
Nous avons eu la chance de pouvoir enregistrer la musique
aux mythiques studios d’Abbey Road avec 80 musiciens.
Les sessions étaient assez complexes parce que pour permettre
le mixage le plus fin possible, nous avons dû enregistrer les
différents ensembles séparément ; les cuivres, les voix, les vents,
les cordes, les percussions ont donc été joués à part.”
Autre événement pour le film, la première chanson du générique de fin
- “Tous les Secrets” - est interprétée par Céline Dion.
Natalie Altmann explique : “C’est une chanson qui parle d’une affection
qui dépasse les distances et les obstacles. Elle correspond parfaitement
à l’esprit du film, et le fait que l’une des interprètes francophones
les plus connues du monde la chante apporte encore un atout
supplémentaire à l’univers d’Astérix. Nous avons aussi la chance de
compter parmi les interprètes des chansons du film des talents
aussi appréciés du public qu’Amel Bent, M. Pokora et Billy Crawford.
Ils ont tous pleinement joué le jeu et communiqué leur énergie et leur
enthousiasme à la bande originale.”