L’hiver règne sur la grande forêt, mais c’est dans le cœur de Bambi qu’il fait le plus froid. Sa mère a disparu et c’est désormais son père, le Grand Prince de la forêt, qui l’élève. Sans tendresse, il lui enseigne toutes les prérogatives dues à son rang.
Heureusement, Bambi trouve un peu de réconfort auprès de ses amis, Panpan et Fleur. Et lorsqu’il revoit Féline, la jeune biche, beaucoup d’émotions nouvelles surgissent… Mais Bambi doit aussi compter avec Ronno, un jeune cerf brutal qui le considère comme son ennemi.
Lorsqu’un jour, Bambi se retrouve face à des chasseurs, la peur le paralyse et il manque de se faire tuer. Il ne doit son salut qu’à l’intervention de son père qui, déçu une fois de plus, demande à Maître Hibou de lui chercher un nouveau foyer.
Pourtant, quelque temps plus tard, alors que Ronno se montre agressif, le Grand Prince est témoin d’un exploit de son fils, et ses sentiments évoluent. C’est le début d’une nouvelle relation, mais Maître Hibou a trouvé une biche qui accepte de s’occuper de Bambi, et celui-ci, convaincu que son père ne veut plus de lui, s’en va, désespéré…
Les épreuves sont loin d’être terminées pour le jeune faon. La forêt et les hommes l’attendent pour de nouveaux pièges. Avec l’aide des siens, au fil de l’aventure, il trouvera la force d’être lui-même, et le chemin qui mène à sa famille…
Notes de Production:
Avec BAMBI 2, la magie et l’émerveillement d’un des plus grands dessins animés de toute l’Histoire reviennent à l’écran… Pendant plus de quatre ans, les équipes de Disney ont travaillé à retrouver la beauté, l’émotion, la chaleur et l’humour du BAMBI de 1942.
Dans cette nouvelle histoire, Bambi, Panpan, Fleur et tous leurs amis vont vivre une période encore inconnue de la jeunesse du petit faon. Il va expérimenter de nouveaux sentiments, apprendre que la chasse n’est pas la seule menace humaine et qu’à défaut de ne plus avoir sa mère, il pourrait bien découvrir un père…
L’histoire raconte comment, après leurs premiers pas maladroits l’un vers l’autre, le petit faon joueur et le souverain majestueux vont surmonter leur peine et trouver chacun chez l’autre une chose merveilleuse et inattendue : l’amour familial. La vie, l’espoir, le courage et le renouveau sont les thèmes de ces émouvantes et amusantes aventures.
RETROUVER BAMBI
Lorsqu’il a été question de donner une suite au chef-d’œuvre de 1942, le studio a laissé carte blanche au réalisateur, Brian Pimental, avec pour seule consigne de tout faire pour respecter le niveau de l’original.
L’énormité du challenge consistant à créer une suite à BAMBI, l’un des films préférés de plusieurs générations de spectateurs, était une évidence. Brian Pimental raconte : « C’était très intimidant d’imaginer une suite à BAMBI. Visuellement, c’est probablement le film qu’aurait rêvé de faire n’importe quel animateur. Il a été créé à une époque où les films d’animation étaient au summum de leur art. »
Le producteur Jim Ballantine ajoute : « La pression était énorme. Pour tous les Disneyphiles, BAMBI est un classique très aimé. L’idée qu’il fallait arriver à retrouver ce niveau artistique, se mesurer à l’original, avait de quoi faire sérieusement réfléchir. »
Mais si la pression était intense, la passion ne l’était pas moins. Pour Debbie Cramp, productrice de l’équipe australienne, qui a supervisé l’animation, c’était la mission d’une vie. « C’est mon plus grand rêve, confie-t-elle. BAMBI a été le premier film que mon père m’a emmenée voir au cinéma, j’avais quatre ans. Travailler sur BAMBI 2 restera un moment inoubliable. »
La première chose qu’ont faite les cinéastes a été de se replonger dans le film original pour mieux analyser les éléments artistiques et dramatiques qui ont fait son succès. Brian Pimental, qui a aussi imaginé l’histoire, raconte : « J’ai revu le film une centaine de fois. Je le regardais une fois par semaine pour m’en imprégner, pour être sûr d’en avoir saisi l’esprit.
« Ce qui m’a marqué, c’est la simplicité de l’approche, de la narration, et la pureté des émotions. Cette simplicité donne toute sa force au film. Quand nous avons commencé à développer notre intrigue, nous l’avons régulièrement comparée au film original. Nous remettions constamment en question nos décisions quant à l’histoire pour voir si elles pouvaient s’intégrer à l’original sans porter atteinte ni à l’intrigue, ni aux personnages, ni aux émotions. »
Cette démarche signifiait qu’il fallait s’éloigner des plaisanteries incessantes et des références de la pop culture qui sont souvent la marque des comédies d’animation d’aujourd’hui. Le réalisateur précise : « On tend trop souvent à rechercher le rire facile ou le gag instantané, au détriment d’un humour qui naisse purement du personnage. Ce sont parfois les choses les plus simples auxquelles les enfants réagissent le plus positivement. »
Andreas Deja, consultant sur l’animation, observe : « Brian a écrit une très belle histoire tout en conservant son authenticité. C’est la preuve que l’on peut encore divertir avec les émotions puissantes et innocentes de l’enfance. »
La décision a été prise très tôt de situer l’histoire de BAMBI 2 à l’intérieur du cadre temporel du film original, plutôt que de la faire débuter quelque temps après la fin du premier film comme c’est généralement le cas pour les suites. Jim Ballantine précise : « Nous voulions que l’histoire soit centrée sur le jeune Bambi dont tout le monde se souvient. »
Brian Pimental est donc remonté à la source originale de BAMBI, le livre de 1923 « Bambi : A Life in the Woods », écrit par Felix Salten. Il y a cherché des idées qui n’avaient pas été exploitées dans l’adaptation de 1942. Ballantine observe : « Plusieurs des éléments de notre histoire viennent du livre, notamment la relation avec le père, et l’appeau. »
Ce choix de narration présentait également une autre difficulté : comment traiter le point de l’intrigue le plus chargé d’émotion, la mort de la mère ? Si le film original est admiré pour la virtuosité de son animation et la beauté pastorale de ses décors, ce dont les spectateurs se souviennent souvent le mieux, c’est la mort de la mère aux mains des chasseurs - une mort que l’on ne voit pourtant pas à l’image. Cette scène, très controversée lorsque le film est sorti en 1942, est restée comme un moment unique de l’histoire du cinéma.
LA PERTE D’UNE MERE
« Cette scène est considérée comme l’un des moments les plus forts et les plus légendaires du cinéma, explique Jim Ballantine. Nous avons très vite réalisé qu’il serait impossible de faire une suite sans aborder cette question. Le point central de notre histoire est la manière dont Bambi essaie d’apprivoiser la souffrance, de guérir du chagrin que lui cause la mort de sa mère. Nous avons découvert au fil du processus qu’il s’agissait aussi de la guérison du père, de son ouverture émotionnelle. »
Brian Pimental ajoute : « Au début, nous hésitions beaucoup à parler de la mère de Bambi. Nous pensions juste la mentionner et passer à autre chose. Mais cela ne sonnait pas juste. Le cœur de l’histoire revenait encore et toujours à ce moment où Bambi découvre que sa mère ne reviendra pas. Comment va-t-il se remettre de la mort de sa mère, à présent qu’il vit avec un père qui n’est pas du tout en phase avec lui émotionnellement ? »
Une fois la base de l’histoire définie, il a fallu créer les dialogues. Le BAMBI original ne comportait qu’environ 800 mots de dialogue, moins que n’importe quel autre Disney. L’histoire et le passage du temps et des saisons sont presque uniquement traduits par l’aspect de la forêt et de ses habitants.
Andreas Deja explique : « Le public apprend à connaître les personnages par leurs mouvements et leurs expressions. Ils se révèlent à travers le dessin. L’histoire a été simplifiée pour cette raison : elle était racontée à travers les personnalités, par l’animation. »
En partie à cause de la difficulté d’animer à la main les imposants bois du Grand Prince, on voit très peu le patriarche de la forêt dans le film original, et il n’a quasiment aucun dialogue. Les créateurs de BAMBI 2 ont ressenti le besoin d’étoffer ce personnage impressionnant visuellement mais énigmatique.
« La clé du personnage repose sur l’idée qu’il est lointain et a une attitude rigide, explique Jim Ballantine. Partant de là, nous avons dû imaginer jusqu’à quel point il était rigide, et comment il allait devenir plus accessible. Dans plusieurs cas, nous avons pu améliorer une scène simplement en supprimant le dialogue, et en le remplaçant par un soupir ou un geste. »
TOUT SAVOIR SUR LE STYLE BAMBI
Le département artistique a beaucoup travaillé à la préparation de l’animation. La directrice artistique Carol Kieffer Police a effectué une analyse méticuleuse, image par image, de BAMBI, et a créé un guide stylistique qui a été utilisé par tous ceux qui ont travaillé à la production de BAMBI 2. Elle a également créé un document de dix pages intitulé « Bambi, l’essentiel », qui décrivait les thèmes majeurs du film et servait d’aide-mémoire pour les éléments essentiels.
La directrice artistique explique : « Nous avons suivi une règle simple : BAMBI devient tout fou quand il y a de l’action. Quand il affronte Ronno ou quand il tombe amoureux, la palette devient beaucoup plus outrée, le dessin presque surréaliste.
« Nous avons aussi respecté une deuxième règle. En raison de l’influence de Tyrus Wong, un artiste chinois dont les peintures ont inspiré le style du BAMBI original, le film ne craignait pas d’être simple. Wong a fait des pastels dans des tons exquis, presque comme des aquarelles. Ces dessins, à l’élégante simplicité, avaient une vraie atmosphère. Wong choisissait avec le plus grand soin les éléments qu’il plaçait dans ses peintures. Nous avons beaucoup travaillé pour retrouver cela dans notre film.
« Le style de BAMBI est de loin le plus difficile sur lequel j’aie jamais travaillé. Il exige un tel niveau d’habileté de la part des artistes, rien que pour espérer égaler l’original… »
Pour recréer le style et l’atmosphère du BAMBI original, Carol Kieffer Police et son équipe ont choisi de travailler avec un logiciel de peinture numérique. La directrice artistique a choisi le package Corel Painter, qui a permis aux artistes de créer des pinceaux virtuels qui reproduisent le style des décors originaux, réalisés pour la plupart à la peinture à l’huile. Elle explique : « Nous avons pu obtenir des mélanges, des diffusions, des nuances extraordinaires, impossibles à obtenir autrement. »
L’utilisation de l’ordinateur a même permis aux artistes d’incorporer à leurs décors de véritables éléments tirés du film original. « Nous avons pu « découper » numériquement des portions des anciens décors et les transférer dans les nouveaux, explique le directeur de la composition d’image, Olivier Adam. Ce pouvait être une forêt dans le lointain, ou des branches, des arbres, de l’herbe ou de la mousse… Cela permettait de conserver aussi le même style artistique. »
Avant d’entamer l’animation proprement dite, les cinéastes ont eu la chance de rencontrer deux des animateurs légendaires de chez Disney, Frank Thomas et Ollie Johnston, qui avaient travaillé sur le film original.
Debbie Cramb, productrice de l’équipe basée à Sydney, raconte : « C’était extraordinaire de parler avec ces artistes que nous considérons comme des légendes. Brian leur a raconté l’histoire, et Frank a dit que c’était vraiment une très jolie suite. »
Frank Thomas et Ollie Johnston ont transmis quelques-uns de leurs souvenirs de l’âge d’or de l’animation. Andreas Deja raconte : « Ils nous ont expliqué que tout ce qu’ils ont fait sur BAMBI révélait l’émotion et les faisait réfléchir. Ils nous ont précisé : « Il faut que ce soit cette notion qui vous guide, vous ne devez pas vous contenter du mouvement. Il faut vous demander ce que pense le personnage, ce qu’il éprouve, ce qu’il ressent, et comment. Parce qu’avant de même commencer à animer, c’est ce que nous avons fait. » »
Pour mieux encore se préparer à l’animation, les animateurs se sont rendu à Mudgee pour observer l’anatomie de cerfs et de faons vivants. Des coachs d’acteurs ont été également invités aux studios pour discuter de personnalité, de caractères et de langage corporel, et pour étudier les développements émotionnels entre les personnages.
Les animateurs ont rencontré en fin de compte certaines des difficultés que leurs prédécesseurs avaient connues plus de six décennies auparavant. Par exemple, Debbie Cramb a appris de Frank Thomas que l’une des raisons pour lesquelles le Grand Prince de la forêt passe si peu de temps à l’écran dans BAMBI venait de la difficulté d’animer ses bois. En utilisant une petite statue de cerf éclairée sous différents angles, les pionniers de chez Disney avaient tracé les bois à la main sur des cellos d’animation. Mais le manque de cohérence dans les tracés avait tendance à les rendre flous. Etant donné le rôle primordial du père de Bambi dans la suite, Debbie Cramb et son équipe n’avaient pas d’autre choix que de trouver un moyen de surmonter cet obstacle.
LE SECRET DES BOIS
La décision finale a été d’animer le cerf en 2D et d’animer séparément les bois par infographie. Un modèle 3D des bois a été créé informatiquement, et ils ont ensuite été ajoutés à l’animation traditionnelle du corps et de la tête du cerf. C’est un procédé similaire qui a été utilisé pour les bois des élans dans FRERE DES OURS.
Debbie Cramb raconte : « Ollie Johnston nous a dit que s’ils avaient eu des ordinateurs à l’époque, c’est ce qu’ils auraient fait eux aussi. »
Les considérations techniques n’étaient cependant qu’une partie du processus d’animation, qui a demandé 16 mois de travail à la totalité de l’équipe de Sydney - 250 personnes, qui sont intervenues à des moments différents. Debbie Cramb précise : « C’est le développement de l’expressivité humaine des personnages qui a demandé le plus de talent et d’investissement aux animateurs. La difficulté est d’obtenir des personnages qui non seulement jouent, mais arrivent à vous faire oublier qu’ils sont des animaux tant ils expriment d’émotions. »
Andreas Deja souligne : « Cette nuance émotionnelle est particulièrement saisissante dans le rendu du père de Bambi. Dans toutes les scènes, le Grand Prince est supposé être royal et autoritaire, mais on sent qu’il aime son fils. On le voit dans la façon dont il regarde Bambi, ou lorsqu’il abandonne sa réserve pour jouer avec lui. Et aussi quand il essaie de dormir et que Bambi continue à parler sans arrêt ! Cela fait de lui un personnage touchant et attachant ».
Les décors somptueux du film contribuent également à construire l’atmosphère du film par leurs couleurs, leur lumière et leur composition. Le directeur de la composition d’image, Olivier Adam, explique : « Un exemple évident est la scène dans laquelle Bambi rencontre sa mère en rêve. Cela se passe dans une vaste prairie, aux lignes rondes, douces et agréables. Il n’y a pas d’ombre, rien de sombre ou d’obscur comme dans la forêt, ici tout est lumière, jeu de couleurs jaunes et orange. Il n’y a rien de triste dans cette séquence, tout n’est que joie et amour. Le battement des ailes des papillons ponctue les battements de cœur de Bambi et son émotion lorsqu’il découvre sa mère. L’herbe qui balance doucement apporte la vie et une douceur à cet événement. »