De lui, on sait peu de choses.
Il est taxidermiste, honnête et simple.
Pourtant, cet homme ne peut s’empêcher
d’imaginer des vols aussi parfaits que
spectaculaires. Chaque événement de la
vie courante est pour lui l’occasion de
concevoir des opérations si ingénieuses
qu’elles seraient forcément couronnées
de succès.
Un concours de circonstances va lui
donner l’opportunité de vivre ce qu’il
n’avait fait que rêver. Par hasard, il
se retrouve au coeur d’un coup
magnifique, une chance unique : le plus
grand transfert de fonds d’un casino.
Notre homme plonge dans une réalité
qu’il n’imaginait pas, dans un vol où
il devra tout comprendre sans rien
maîtriser…
Tout ce qu’il croyait savoir vole en éclats. Il
découvre ses limites, l’importance du
facteur humain, sans jamais savoir s’il restera
conscient assez longtemps pour agir au bon
moment…
Notes de Production:
Etranges passions pour un homme honnête…
Lorsqu’il n’empaille pas les animaux, cet
individu banal passe son temps à imaginer de
spectaculaires vols à main armée. Avec une
précision maniaque, il observe tout, trouve
les failles et rêve de ces coups magistraux.
Fragile, solitaire, non violent, handicapé par
ses crises d’épilepsie, notre homme est
convaincu que pour réussir un grand vol, il
suffit de réfléchir, ce que selon lui, ni les
voleurs ni les policiers ne font jamais. Les
hasards de la vie vont lui donner
l’occasion de tester ses théories, quitte à
découvrir que lui non plus n’avait pas
pensé à tout… Un cerveau supérieur, des
crimes parfaits. Le parcours d’un homme
qui découvre la réalité de situations qui
vont l’emmener beaucoup plus loin qu’il ne
l’avait imaginé…
Intimiste et virtuose, EL
AURA n’est que le second film d’un jeune
prodige argentin déjà remarqué avec LES
NEUF REINES, Fabián Bielinsky. Coproduit par
Samuel Hadida, le film nous plonge au coeur de
la vie d’un homme dont on ignore même le nom.
De son esprit, de son aventure et de ses plans
surgit un monde qui s’esquisse entre le perçu et
le ressenti. A la richesse du scénario, à son
suspense, s’ajoute une vision décalée,
novatrice, qui réinvente la narration à la
première personne.
Le personnage principal du film est un
obscur taxidermiste, introverti et doté
d’un sens de l’observation hors du
commun. Il use de ce don pour
échafauder les cambriolages les
plus audacieux. Il en est certain, ses
hold-up ne pourraient que réussir,
sans même verser une goutte de
sang. Il suffit de tout penser, de
mettre en place les rouages d’une
minutieuse mécanique qui tournera
sans jamais s’enrayer… Alors qu’il
est parti pour une journée de chasse
dans les lointaines forêts du sud de
Buenos Aires, un accident tragique va
lui offrir l’occasion de mener un vol
comme il n’aurait jamais osé l’espérer.
D’abord motivé par la curiosité, notre homme
va rapidement se laisser embarquer par les
événements qui vont vite le dépasser. Le voilà
contraint d’assembler, pièce par pièce, un
gigantesque puzzle d’événements qui
va lentement se refermer sur lui… Le
taxidermiste doit en plus affronter un
handicap : il est épileptique.
Juste avant
de subir une attaque, il fait
l’expérience de l’«aura» : un moment
de flottement étrange, à la fois
avertissement et illumination
sublime, un instant de
totale confusion et d’ultime
désorientation. Ces attaques
arriveront quand il s’y attendra le
moins, quand il aura besoin de tous
ses moyens… L’homme va
découvrir que rien n’est conforme à
l’idée qu’il s’en faisait. Le crime
nécessite de l’intelligence et de la
préparation, certes, mais il fait aussi
intervenir une froide détermination, la
violence, la peur et la trahison… Voilà le
taxidermiste jeté dans un univers dont il ne
comprend ni les règles ni le langage, et où il
est piégé dans un tourbillon de terreur et
d’irréalité. Comme une «aura»…
Fabián Bielinsky,
scénariste et réalisateur, confie : «A quel genre
cinématographique appartient EL AURA ?
C’est la première question qui a été
soulevée. J’ai imaginé le sujet voilà vingt
ans, en 1984, alors que j’étais un obscur
assistant réalisateur tout juste sorti de
l’école. Je l’envisageais alors comme
un film policier, un thriller. Il
y avait un héros, une trame
classique, des enjeux moraux, l’idée
de rédemption et de sacrifice, et
tous les passages obligés du
genre.» Deux décennies plus tard,
le jeune assistant réalisateur est
devenu réalisateur, et tout a
changé. Le héros a perdu son côté
caricatural au point de n’être qu’un
homme, la structure morale s’est
densifiée, faisant intervenir des
notions plus humaines, plus
universelles, et il n’est plus question de
sacrifice ou de rédemption. L’enjeu, c’est
de comprendre, de survivre, de
communiquer avec les autres et avec
soi-même. La densité y a gagné ce que
l’idéalisme y a perdu.
EL AURA est devenu
l’odyssée d’un homme à la rencontre d’une
réalité et de lui-même. C’est à la fois un
film sur l’espoir et sur les désillusions, sur
ce que paraissent les choses et ce
qu’elles sont réellement…
Le
scénariste-réalisateur reprend :
«Qu’est-ce qui définit le genre d’un
film ? Est-ce la présence de
certains éléments emblématiques et
essentiels, ou la manière dont ces
éléments se combinent et créent
une structure tout au long de
l’histoire ? Dans EL AURA, un
honnête homme est obsédé par le
crime ; il découvre un plan simple
mais efficace pour commettre un vol.
L’intelligence et les plans
parfaitement organisés ne sont pas
tout. Cet homme va réaliser que ses
crimes parfaits impliquent la violence, le
sang et remettent en cause sa vision de la
vie… Le film a été conçu et développé
comme une étude de caractère poussée dans les
détails les plus infimes, presque jusqu’à
l’obsession, qui suit en permanence un individu
isolé, effacé, atypique, incapable de nouer des
liens avec ceux qui l’entourent. Personne ne
s’adresse à lui par son nom, pas une seule
fois.
Mais c’est quelqu’un qui regarde,
qui remarque tout, et qui en
tire ses propres conclusions. Un
spectateur… Il est le spectateur
d’une histoire policière qui l’entoure,
l’englobe, l’absorbe et le consume.
C’est une histoire à la fois douce et
violente. Mais ici, la violence n’est
ni glamour, ni excitante. Elle est
brutale, simple, facile, irréversible,
comme dans la vie. Un coup de feu
est toujours quelque chose de grave,
d’irréparable. Et celui qui tient l’arme
n’est pas forcément celui qui a le
moins peur…
Avec EL AURA, j’ai
souhaité prendre un chemin différent,
entraîner les spectateurs au coeur d’une
histoire prenante, d’une rencontre singulière.
Chacun se fait une idée des choses, jusqu’à ce
qu’il y soit confronté…»
RICARDO DARIN ¦ Le taxidermiste
Ricardo Darín est né en 1957 à Buenos Aires. Il fait ses
débuts d’acteur à la télévision sur les productions
d’Alberto Migré. Il est par la suite la vedette de
“Estrellita mia”, avec Andrea del Boca, et est
remarqué pour ses interprétations dans
“Nosotros y los miedos” et “Compomiso”. A la
fin des années 90, il tient le rôle principal de
la série “La mujer del Presidente” aux côtés
de l’actrice espagnole Angela Molina. Il
tient son premier rôle au cinéma alors qu’il
est encore adolescent, dans "HE NACIDO EN
LA RIVERA" de Catrano Catrani. Il poursuit
sa carrière avec des films comme LA
"CARPA DEL AMOR" d’Adolfo Aristarain et
"LA RABONA" de Mario David en 1979, "LES
LONGS MANTEAUX" de Gilles Béhat, avec
Bernard Giraudeau, en 1986, R"EVANCHA DE
UN AMIGO" d’Anibal Di Salvo en 1987,
"PERDIDO POR PERDIDO" d’Alberto Lecchi en
1993, ou la coproduction espagnole "LE PHARE",
réalisée par Eduardo Mignona en 2001, dont il
partage la vedette avec Miguel Angel Solá.
Ricardo
Darín reçoit le prix Cóndor de Plata du meilleur
acteur en 1999 pour son interprétation dans "EL
MISMO AMOR LA MISMA ILUVIA" de Juan José Campanella. Un an plus tard, il connaît un nouveau
succès avec le film lauréat de nombreuses
récompenses en Argentine et à l’international,
"LES NEUF REINES", premier long métrage de
Fabián Bielinsky. Il obtient le Prix du meilleur
acteur de l’Association argentine de
la Critique Cinématographique en
2001, et partage avec Gastón Pauls
le Prix d’interprétation du Festival
international du film latino-américain de
Biarritz 2001. Il est également remarqué
pour "LE FILS DE LA MARIEE" de Juan José
Campanella.
Il a depuis été l’interprète de
"KAMCHATKA" de Marcelo Piñeyro, et de
"SAMY Y YO" d’Eduardo Milewicz.
Ricardo Darín se produit régulièrement au
théâtre dans des pièces comme "DROLE DE
COUPLE","SUGAR,NECESITO UN TENOR" et "ALGO EN
COMÚN" qui lui a valu l’ACE Award du Meilleur
Acteur en 1996 et le prix Estrella del Mar à
Mar del Plata en 1997. Il a obtenu un second
prix de l’ACE en 2000 et le Prix du meilleur
comédien dramatique Carlos Paz 2001 pour "ART" de
Yasmina Reza, dont il était également producteur.