Kyle Pratt affronte le pire cauchemar qui soit : sa fille de six ans, Julia, disparaît sans laisser de traces… alors qu’elles se trouvent à plus de 11 000 mètres d’altitude, dans un avion, entre Berlin et New York… Déjà ébranlée par la mort soudaine de son mari, Kyle lutte désespérément pour prouver à l’équipage et aux passagers, sceptiques, qu’elle est saine d’esprit, tout en finissant par se poser des questions…
Même si ni le commandant Rich, ni le policier de l’air Gene Carson ne mettent en doute la parole de la jeune veuve, tout indique que sa fille n’a jamais été à bord. La paranoïa et le doute se répandent.
Désespérément seule, Kyle ne peut compter que sur elle-même pour résoudre le mystère et sauver sa fille…
Notes de production:
EMBARQUEMENT IMMEDIAT POUR LE MYSTERE
Le simple fait de monter dans un avion s’accompagne souvent d’une angoisse plus ou moins diffuse… Pourtant, malgré les incroyables situations qui peuvent surgir des imaginations ou des hasards de la vie, aucune n’égale le cauchemar de Kyle Pratt. Bienvenue à bord d’un fascinant thriller qui va vous emmener très haut dans le ciel à la croisée de toutes les peurs…
Lorsque sa fille disparaît, Kyle plonge au cœur d’un mystère au fond duquel se cachent ses doutes, la manipulation, la conspiration, l’angoisse, la douleur, le tout dans un vertigineux suspense...
L’histoire de FLIGHTPLAN a été développée bien avant les événements du 11 septembre 2001, mais le scénario n’a pris que plus de force depuis la tragédie. Aujourd’hui plus que jamais, il reflète une nouvelle ère du voyage international, celle où les passagers éprouvent doute et incertitude, où chacun ne peut s’empêcher de se méfier de son voisin, et où les parents éprouvent un besoin croissant de protection envers leurs enfants. L’histoire du film n’a jamais porté sur le terrorisme, mais après le 11 septembre, ses thèmes de paranoïa et de suspicion sont devenus d’une actualité brûlante.
C’est le mélange d’émotions, de dilemme et de suspense qui a retenu l’attention du producteur Brian Grazer. Il explique : « FLIGHTPLAN évoque un mystère à la Hitchcock qui se déroulerait entièrement dans le monde clos d’un avion moderne, avec ses coins et recoins, ses endroits inconnus du public et ceux où l’on peut facilement se cacher. L’alliance de cette idée avec une histoire réelle, bouleversante, sur la souffrance liée à la perte d’un être aimé était particulièrement puissante. »
Peter A. Dowling a écrit le premier jet du scénario à partir d’une idée très simple, offrant des possibilités infinies de suspense et de mystère : une variation sur le thème de la disparition soudaine et inexplicable de quelqu’un que l’on aime. Il se souvient : « Dans un avion en vol, un enfant disparaît, et personne ne semble l’avoir jamais vu à bord… Cette idée m’a tout de suite plu, parce qu’elle pouvait partir dans n’importe quelle direction. Ça pouvait être une histoire surnaturelle, un enlèvement extraterrestre, une hallucination, un film fantastique… ou un thriller remarquablement réaliste. C’est cette dernière orientation qui m’a attiré, parce que j’ai toujours été intrigué par les histoires où le suspense est serré, bien construit, et où tout se déroule dans un lieu confiné. Il est aussi question de la quête d’une mère, de son parcours émotionnel face à cette crise qui la frappe. »
C’est Robert DiNozzi, producteur exécutif, qui a proposé le scénario original à James Whitaker chez Imagine Entertainment. Il précise : « L’idée de base de FLIGHTPLAN vous prend aux tripes. C’est excitant, et il y a aussi quelque chose de très primaire qui trouve forcément un écho chez tout être humain : votre enfant disparaît, et vous vous retrouvez dans une situation où personne ne vous croit, où personne ne peut vous aider, et où vous ne savez pas à qui faire confiance. Vous finissez même par douter de vous… »
Chez Imagine, Brian Grazer a été tout de suite séduit par la première version du scénario de Peter Dowling, mais il a eu l’idée de lui ajouter une dimension supplémentaire : plutôt que le rôle principal masculin que proposait le script, il a suggéré quelque chose de plus fort, et a pensé confier le rôle à Jodie Foster.
« Pour un thriller comme celui-ci, Jodie Foster est la meilleure, remarque-t-il. Elle suscite la sympathie, on se soucie vraiment de ce qui lui arrive, elle est parfaitement crédible en mère et elle peut aussi faire preuve d’une force de caractère remarquable. »
Lorsque Jodie Foster a accepté le film, le projet est passé à la vitesse supérieure. Brian Grazer a engagé le scénariste Billy Ray pour réadapter l’histoire à Jodie Foster, en gardant le nom de Kyle Pratt. Le personnage principal devenait une veuve dont les sentiments maternels sont poussés à leur paroxysme lorsque sa fille disparaît.
Billy Ray commente : « Lorsque des inconnus sont bloqués ensemble dans un avion, et que vous ajoutez la tension et la suspicion, cela devient un formidable terrain, très explosif, pour explorer les réactions humaines exacerbées. Au fil des choix difficiles que tous devront faire, on découvre le meilleur et le pire de l’humanité…
« A mon sens, FLIGHTPLAN est un film sur toute la gamme des angoisses possibles, vécues par une femme très intelligente mais dont on ne sait pas quoi penser au début. Je savais que Jodie Foster apporterait au film une grande finesse et quand nous avons écrit l’histoire autour de son personnage, elle n’a cessé de nous encourager. »
Pour le choix du réalisateur, Grazer et les producteurs exécutifs Charles J. D. Schlissel et Robert DiNozzi ont là encore pris une direction inattendue : ils se sont tournés vers Robert Schwentke, un réalisateur indépendant allemand, remarqué pour deux films originaux, TATTOO et THE FAMILY JEWELS. Grazer et son équipe avaient été impressionnés par la capacité du jeune réalisateur à créer une tension et une excitation à la fois dans l’action et sur le plan intime.
Charlie Schlissel explique : « Robert est un jeune réalisateur brillant, l’un des plus novateurs visuellement et des plus méticuleux que j’aie jamais rencontrés. Il a une vision très différente du monde, un œil remarquable pour les détails, et humainement, c’est quelqu’un de charmant. Il a joué un rôle vital en apportant à l’histoire sa base émotionnelle. »
Brian Grazer ajoute : « TATTOO était un film intense, viscéral. Robert y démontrait qu’il savait très exactement comment effrayer, comment créer le suspense, comment construire méticuleusement chaque moment pour qu’il accélère en donnant naissance au suivant. »
Robert Schwentke explique : « Au cœur de l’histoire, il y a une femme qui doit se reconstruire après la mort soudaine de son mari. La manière exacte dont il est décédé ne sera révélée que tard dans le film, mais il est clair qu’elle a commencé à perdre pied, qu’elle n’est plus tout à fait dans la réalité. La question est de savoir à quel point… C’est là tout le moteur dramatique du film. Et cette idée se combine au fait qu’elle est à présent seule à s’occuper de sa fille de 6 ans. Malgré sa propre douleur, elle doit continuer.
« J’ai vu l’occasion de créer une sorte de puzzle, plein de fausses pistes, d’illusions, de faux-semblants, dans un contexte émotionnel très fort. J’aime que tout se déroule dans un même environnement confiné. Nous avons décidé de monter sans montrer la tour de contrôle ou les gens au sol, ainsi l’action se concentre dans l’espace claustrophobique de l’avion. On se sent piégé à 11 000 m d’altitude avec les personnages, on les voit lutter pour résoudre le mystère… »
SEULS, A 11 000 m D’ALTITUDE…
Kyle Pratt est une veuve et une mère qui va devoir convaincre l’équipage et les passagers d’un avion que sa fille a inexplicablement disparu… Actrice hors du commun oscarisée à deux reprises, réalisatrice de talent, Jodie Foster apporte son énergie et sa complexité au rôle, qui évolue du chagrin au choc puis à l’action.
Elle-même mère de deux enfants, Jodie Foster a tout de suite ressenti une forte affinité avec le personnage. « Ce qui m’a bouleversée dans FLIGHTPLAN, c’est l’idée d’une femme qui a perdu son enfant et qui se retrouve obligée de remettre en cause sa propre santé mentale : il y a en elle tant de douleur qu’elle en vient à se demander si elle devient folle… Elle est dans cet étrange univers, dans un avion où les gens sont naturellement suspicieux. La situation est pleine d’une tension incroyable. «
« J’aime les histoires qui se déroulent en univers clos, poursuit l’actrice. J’ai été séduite par l’intensité de celle-ci, par la manière dont elle se penche sur le comportement des gens les uns envers les autres, et sur l’évolution de leurs relations. Ce film est un thriller, mais c’est aussi un voyage personnel, un regard sur la manière dont une femme réagit au plus puissant des stress, à la plus grande des paniques, et comment elle revient à la vie, s’arrachant des abîmes de sa douleur. Kyle est plus motivée par une volonté viscérale que par un tempérament d’héroïne. Elle peut être présomptueuse, impudente, parfois irrationnelle, voire manipulatrice. Elle n’a qu’un seul but : retrouver sa fille. »
Jodie Foster a aussi été attirée par l’idée de collaborer avec Robert Schwentke, dont elle avait vu TATTOO. « Son film était extraordinaire, explique-t-elle. Il est intelligent, intéressant, et il avait une vision très forte pour FLIGHTPLAN. »
Le réalisateur confie : « Travailler avec Jodie Foster est une expérience constamment excitante et révélatrice. Elle fait preuve d’un courage impressionnant. A travers son personnage, elle est capable d’aller très loin sur le plan émotionnel. Elle n’a pas peur, elle ne recule pas. Chacun de ses choix reflète son dévouement à son rôle. Pour être loyale à son personnage, elle n’hésite pas à faire des choses qui peuvent la rendre moins sympathique, ou carrément bizarre. Elle peut répéter la même réplique quinze fois, chaque fois différemment, en donnant l’impression qu’elle la dit pour la première fois. J’ai eu énormément de chance de travailler avec elle. »
Dans la peur et la paranoïa de Kyle, un faible espoir apparaît lorsqu’un des passagers se révèle être un membre de la police de l’air - ces policiers spéciaux voyagent en effet incognito dans les avions depuis le 11 septembre. Gene Carson doit s’efforcer de savoir si Kyle est simplement une mère bouleversée qui cherche sa petite fille perdue ou si elle peut être une menace pour les autres passagers. C’est Peter Sarsgaard, connu pour ses prestations complexes dans Dr. KINSEY, GARDEN STATE ou SHATTERED GLASS, qui l’interprète.
Il confie : « J’ai été impressionné par le suspense sophistiqué de cette histoire. C’est un formidable mélange des genres : c’est à mon sens d’abord un film sur le chagrin, puis cela se transforme en thriller, en drame, en mystère, avec de nombreux retournements de situation. Ça devient une sorte de labyrinthe. »
L’acteur a d’abord craint de ne pas être suffisamment intimidant sur le plan physique pour interpréter un « air marshal », mais il a vite appris que la première qualité de ces officiers de police un peu particuliers est leur capacité à se fondre dans le décor. En outre, les compagnies en ont recruté un si grand nombre qu’ils viennent de tous les horizons. Il a rencontré plusieurs de ces policiers pour se faire une idée précise de ce métier qui se développe rapidement.
Il explique : « Un policier de l’air veut d’abord être discret. Mais il a en même temps une grande autorité s’il le faut. C’est un travail fascinant. Ils prennent généralement les vols les plus risqués, sur les plus grands avions, là où il y a beaucoup de passagers différents. C’est un métier qui demande beaucoup de patience, parce qu’à 99,9 % du temps, vous n’avez rien d’autre à faire que de vous asseoir dans l’avion et rester attentif à ce que les gens disent et font. C’est un véritable test d’endurance ! Mais si quelque chose se produit, il faut être prêt à réagir immédiatement. »
Carson se retrouve en effet dans une situation inattendue : un enfant est porté disparu… ou bien une passagère a perdu la raison, tout dépend du point de vue. Peter Sarsgaard observe : « Le film évoque aussi toutes les perspectives possibles dans une situation donnée. »
Sarsgaard avait lui aussi très envie de jouer avec Jodie Foster : « Sa passion pour son métier est communicative et ne faiblit pas. Jouer avec quelqu’un de tellement engagé, de tellement impliqué est extraordinaire. »
Pour Robert Schwentke, Peter Sarsgaard a apporté une dimension originale à son personnage : « Peter joue beaucoup aux échecs, et il a approché le rôle avec l’esprit d’un joueur d’échecs. Nous avons tous les deux vu Gene comme un homme qui a passé trop d’heures assis dans un avion avec rien d’autre à faire que ruminer. Combinez cela à son sens aigu de l’ego, et vous obtenez quelque chose d’explosif… »
Le policier Gene Carson doit rendre des comptes à une seule personne à bord, le commandant Rich, pilote de l’appareil, qui sera en fin de compte le dernier homme à contrôler le destin de Kyle et de sa fille, qu’elle soit ou non dans l’avion. Les cinéastes ont cherché un acteur ayant un véritable charisme et le sens du commandement. Ils ont trouvé Sean Bean, interprète de personnages forts dans LE SEIGNEUR DES ANNEAUX, BENJAMIN GATES ET LE TRESOR DES TEMPLIERS ou GOLDENEYE.
Robert Schwentke souligne : « Sean possède naturellement toutes les qualités du commandant Rich. Il lui a en plus apporté une véritable humanité. Rich veut faire le bon choix, mais il est dans une situation inédite qui n’est décrite par aucun manuel ! »
Sean Bean explique : « Au moment où le pilote est impliqué, personne ne sait si Kyle a effectivement pris l’avion avec un enfant ou si elle a des hallucinations. Impossible de savoir ce qui se passe. Mon personnage, père lui-même, peut la comprendre, mais seulement s’il arrive à la croire… Il en a envie, mais il redoute le danger qu’elle peut représenter pour la sécurité de ses passagers. »
Sean Bean a pris particulièrement plaisir à faire exister les relations entre son personnage et ceux de Jodie Foster et Peter Sarsgaard. Chacun essaie de prendre la mesure des autres et de deviner leurs objectifs.
Il se souvient : « Voir jouer Jodie est formidable. Elle est capable d’une concentration extrême. L’interprétation de Peter est très subtile et totalement crédible. Jouer avec eux m’a vraiment inspiré. »
Pour Bean comme pour les autres acteurs, « jouer dans la réplique d’un avion reconstitué a été une expérience très enrichissante. C’est une atmosphère vraiment oppressante, à la limite de la claustrophobie, et cette ambiance amplifie encore la tension. Tout est si confiné, replié sur lui-même, que vous avez du mal à passer devant quelqu’un sans le toucher. C’était un véritable challenge sur le plan de la technique, mais cela fonctionne à merveille pour l’histoire, parce que le public aura vraiment l’impression de se trouver en l’air avec nous, piégé dans ce petit espace, entraîné sur ce vol terrifiant… »
Pour jouer la petite Julie, la fille de Kyle, dont la disparition plonge le vol dans le chaos et la paranoïa, les cinéastes ont choisi Marlene Lawston, 7 ans. Il leur fallait une petite fille ayant une vraie présence, de manière à ce que sa soudaine disparition soit affectivement ressentie par le public.
Charlie J. D. Schlissel note : « Marlene nous a tous impressionnés. Elle a dû faire face à beaucoup de choses : non seulement c’était son premier film, mais il fallait qu’elle joue face à Jodie Foster ! Elle aurait pu être intimidée, mais elle s’en est parfaitement sortie. »
Jodie Foster observe : « Marlene n’a que 7 ans, mais elle a une vraie présence, une fantastique intensité. J’adore travailler avec des acteurs enfants et les voir évoluer au fil du film. »
Robert Schwentke raconte : « Ayant elle-même été actrice dès l’enfance, Jodie a été d’une aide précieuse et d’un grand soutien pour Marlene. Et Marlene s’est même mise à l’imiter, ce qui était parfait pour le rôle. »
Brian Grazer a choisi avec soin les figurants qui jouent les autres passagers. Il explique : « Nous voulions des passagers qui ressemblent à ceux que l’on croise dans les vols internationaux : le type posé et réfléchi, la famille bruyante, des hommes d’affaires, un mélange de toutes les ethnies. Certains sont importuns, d’autres suspicieux, d’autres soutiennent Kyle, ce qui forme un ensemble intéressant, vivant et plausible. »
LE RESTE DE L’EQUIPAGE
Pour interpréter les hôtesses qui vont aider Kyle dans sa recherche, il fallait des actrices capables de jouer face à Jodie Foster, Peter Sarsgaard et Sean Bean, tout en ayant la fraîcheur que l’on trouve plus souvent dans le cinéma indépendant. Les cinéastes donc choisi deux jeunes actrices : Erika Christensen, impressionnante dans son interprétation de la fille droguée de Michael Douglas dans TRAFFIC, et la jeune Australienne Kate Beahan, star du film indépendant CHOPPER.
Erika Christensen, qui joue Fiona, explique : « FLIGHTPLAN est particulier parce que chaque personnage joue dans chaque scène. C’est passionnant du point de vue de l’acteur parce qu’il faut toujours savoir où on est et ce que l’on fait. J’ai trouvé le scénario d’une actualité brûlante étant donné les préoccupations d’aujourd’hui. Il arrive à être à la fois effrayant et émouvant. »
L’actrice poursuit : « Ma grand-mère était hôtesse de l’air, et mes deux grands-pères et ma mère étaient pilotes. Mon histoire familiale était une raison de plus pour faire le film ! Les équipages ont toujours eu cette attitude « je suis paré à toute éventualité », mais aujourd’hui ils doivent être encore plus vigilants, prêts pour des situations nouvelles et plus dangereuses. Il leur faut des nerfs d’acier. »
Le personnel de cabine constitue effectivement la première ligne de défense de l’avion. Erika Christensen explique : « J’ai été impressionnée quand je me suis rendu compte de la préparation que doivent suivre les hôtesses aujourd’hui. Robert Schwentke m’a donné un manuel épais comme un annuaire qu’elles doivent connaître sur le bout des doigts. J’ai étudié chaque chapitre, et j’ai aussi suivi des sessions d’entraînement avec un instructeur professionnel. »
Fiona est une débutante qui n’en est qu’à son second vol international. Erika Christensen note : « Mon personnage est plutôt individualiste, même si elle meurt d’envie de faire partie du groupe. Lorsque Fiona voit Kyle bouleversée par des émotions aussi intenses, elle a du mal à l’ignorer ! Elle éprouve une certaine sympathie pour elle, mais elle doit faire de son mieux pour savoir de quel côté se placer, sans s’éloigner de personne. »
Kate Beahan a dû masquer son accent australien pour incarner Stéphanie, l’autre hôtesse, plus âgée et plus blasée que Fiona. Elle commente : « Le scénario était plus profond que la plupart des thrillers, et j’ai trouvé que situer un mystère comme celui-là dans un avion était audacieux et efficace. On partage tous cette peur universelle d’être piégé dans une situation catastrophique où personne ne vous croit. »
BIENVENUE A BORD DU E-474
La quasi-totalité de l’action se déroule dans un avion fictif, le jumbo jet E-474 d’Aalto Air, le top de la haute technologie et du confort. Un avion juste assez grand pour qu’un enfant puisse peut-être s’y perdre…
Brian Grazer et Robert Schwentke ont imaginé le E-474 comme la nouvelle génération d’avion pour le transport de passagers, avec une impressionnante capacité de plus de 700 passagers et une architecture stylée et très design. Son luxueux pont supérieur comprend le cockpit, la première classe, spacieuse, un salon orange et blanc tout confort avec escalier, une cuisine, et deux énormes cabines économiques avec moniteurs vidéo intégrés dans les sièges. Le pont inférieur comprend la classe affaires avec ses sièges rouges, deux autres cuisines et d’autres sièges, avec un impressionnant escalier en spirale qui relie les ponts.
Pour plonger les spectateurs directement dans l’action, et donner le sentiment qu’eux aussi sont piégés, il fallait que le décor soit d’un réalisme absolu. Le chef décorateur Alexander Hammond et le directeur de la photographie Florian Ballhaus ont créé un avion fictif qui paraît authentique dans les moindres détails.
Robert Schwentke observe : « Se trouver sur un vol long courrier est un peu comme être dans un sous-marin. Tout semble ouaté, hors du temps. Je voulais retrouver cette atmosphère un peu irréelle, comme dans un rêve. »
Alexander Hammond, à qui l’on doit les décors du CHAT CHAPEAUTE, également produit par Brian Grazer, s’est plongé dans les principes de création des avions. Il a étudié des dizaines de milliers d’images pour créer des centaines d’esquisses, dessinant souvent les plans lui-même. Il explique : « Nous nous sommes intéressés à de nombreux avions de plusieurs constructeurs différents et avons sélectionné des éléments qui semblent familiers - même si personne ne les a jamais remarqués ! »
Hammond et son équipe ont créé une structure de décor de 90 m de long avec des panneaux de côté sculptés dans de gros blocs de polystyrène pour reproduire les parois de l’avion. Sur un plateau de 2500 m2 à Los Angeles, il a fallu 16 semaines pour construire le décor. Plutôt que de créer un habitacle à plusieurs niveaux, la structure a été conçue pour pouvoir passer pour le pont supérieur au début du tournage, puis être complètement reconfigurée pour devenir le pont inférieur pour la suite des prises de vues. L’intérieur de l’avion a été conçu avec un style un peu rétro qui reflète les tendances actuelles de décoration des avions.
Alexander Hammond explique : « Nous nous sommes inspirés de vieux avions et de l’architecture des années 60. Il y a quelque chose de rétro dans le salon, le bar, on pense à un certain confort et à un plaisir qui se sont perdus dans l’aviation d’aujourd’hui. »
Un deuxième plateau a accueilli les décors des zones de l’avion qui sont d’habitude hors de vue des passagers, mais qui jouent un rôle essentiel dans la recherche de Kyle. Les zones de cargaison, le poste de pilotage, les dortoirs de l’équipage, l’endroit où se situe la majorité des gaines et conduits, la ventilation et les câblages, le train d’atterrissage avant, la salle de l’électronique, qui constitue le cerveau de l’avionique…
Le réalisateur explique : « Construire complètement notre avion nous permettait de définir chaque espace dans ses moindres détails en cohérence avec la narration. Une cuisine d’un blanc étincelant peut souligner le sentiment d’égarement, de perte de repère du personnage de Jodie ; un plafond rabaissé peut accentuer la sensation d’enfermement… Alec a abordé les décors à la fois sous l’angle psychologique et sous l’angle fonctionnel. En fait, la conception de l’avion dérive plus ou moins de ce que sont les personnages, des situations, et de la manière dont nous voulions les placer et placer le public en termes d’émotions. »
Pour mieux savoir comment se déplacer dans le décor de manière réaliste, l’équipe technique et les acteurs ont suivi un cours éclair « d’école de vol », une introduction générale à l’aviation supervisée par le conseiller technique Mark Burton. Il leur a expliqué comment on fait fonctionner l’équipement d’un avion high-tech et les principes de base de la sécurité aérienne.
Le directeur de la photo Florian Ballhaus a dû développer des techniques ingénieuses pour éclairer et manipuler les caméras à l’intérieur des espaces étroits de l’avion. Pour économiser de la place, Ballhaus a demandé à l’équipe de Hammond d’intégrer la mise en lumière dans la création du décor et d’inclure des panneaux amovibles de 1,50 m de large dans les parois de l’avion qui permettaient à l’équipe caméra de se positionner. Hammond a aussi conçu pour Ballhaus tout un système de rails surplombant le décor qui permettait au directeur photo de faire des prises de vues en plongée.
Puisque l’avion n’existe pas dans la réalité, les cinéastes ont dû aussi trouver comment filmer le E-474 et sa ligne unique de l’extérieur. Ils se sont adressés aux spécialistes des effets visuels Rob Hodgson et Henric Nieminen, qui ont fabriqué une maquette de 9 mètres de long du décor de Hammond qui pouvait être utilisée pour quelques vues extérieures.
L’atmosphère oppressante et les conditions de tournage dans le décor confiné de l’avion ont été éprouvantes pour les acteurs, et tous ont été heureux de passer quelques jours à tourner dans la ville de Long Beach et dans un petit aéroport du désert mojave, qui représente - avec une certaine ironie - l’aéroport glacé de Goose Bay, à Terre-Neuve.
Parmi les autres lieux de tournage figure la ville cosmopolite de Berlin, où l’équipe a travaillé deux semaines. La décision de tourner à Berlin a été prise avant que Robert Schwentke et Florian Ballhaus, tous deux allemands, ne rejoignent le projet, mais ils ont été heureux de pouvoir saisir sur la pellicule l’ambiance unique de la ville et son étonnant mélange d’architecture contemporaine et classique. L’équipe a aussi tourné trois jours hors de Berlin, dans le nouvel aéroport tout de verre et d’acier de Leipzig.
Le réalisateur observe : « Par bien des aspects, les lieux de tournage reflétaient l’état intérieur des personnages, et c’est particulièrement vrai de Berlin. Pour le début du film, nous voulions une ville de nuit, déserte, qui paraisse un peu irréelle et isolée de la réalité. Je savais, pour avoir passé plusieurs hivers à Berlin, que nous y trouverions cela.
« Ce que j’aime, en tant que réalisateur, c’est créer un monde qui possède ses propres règles, ses sons, ses couleurs et textures, tout en étant attirant pour le public sur le plan émotionnel. J’espère tout à la fois effrayer les spectateurs, les intriguer et les émouvoir… »