La Panthère Rose

Sortie prévue le 08 Mars 2006

Un célébrissime entraîneur de football a été assassiné et l’inestimable diamant qu’il portait au doigt, la Panthère Rose, a disparu. L’inspecteur en chef Dreyfus est chargé de l’affaire, mais il s’apprête à recevoir une décoration et ne peut se permettre aucun faux pas. Il décide, malgré les risques, de se décharger du dossier sur l’inspecteur Clouseau... De Paris à New York, l’inspecteur et son nouvel adjoint, le gendarme Gilbert Ponton, vont devoir affronter malfrats, jeunes beautés, pièges et mensonges dans un tourbillon de folie. Peu à peu, Clouseau progresse dans son enquête mais Dreyfus est décidé à en récupérer tout le prestige. Avec l’aide de Ponton et de sa secrétaire dévouée, Clouseau va devoir faire preuve de son légendaire talent pour triompher de tout…

Notes de production:

L’inspecteur Clouseau est de retour ! Si son nom fait trembler les criminels de tout poil, il n’y a pas besoin d’être l’un d’eux pour avoir la trouille car avec lui, tout le monde est en danger… Capable des raisonnements les plus fascinants, des déductions les plus impressionnantes, il peut aussi ne rien comprendre à ce qui est évident. Pourtant, si ses méthodes sont tordues et souvent déroutantes, il réussit toujours à résoudre les crimes… à sa manière. Du moins, jusqu’à maintenant. Véritable usine à catastrophes, incapable de coordonner ses paroles ou ses gestes, il a aujourd’hui une mission…

MON NOM EST CLOUSEAU, JACQUES CLOUSEAU…

La légendaire Panthère Rose est née en 1963, avec le premier film LA PANTHERE ROSE, réalisé par Blake Edwards, interprété par David Niven dans le rôle d’un célèbre voleur de bijoux et Peter Sellers dans celui de l’inspecteur Clouseau. Le film avait été conçu autour de David Niven, qui était alors une grande star de Hollywood. Sellers n’était pas le premier acteur qu’avait choisi Edwards, il aurait préféré Peter Ustinov. Mais son interprétation de ce personnage d’inspecteur français sublimement indifférent à la réalité des choses a créé la légende et a donné lieu à plusieurs suites devenues cultes.

Pour réveiller cette légende, endormie depuis plus de dix ans, il fallait trouver qui allait prendre la suite de Sellers. L’humour absurde, vif et décalé de Steve Martin semblait répondre au style bien particulier de Peter Sellers.

Shawn Levy, le réalisateur de LA PANTHERE ROSE, explique : « Le personnage de Clouseau est un hommage vivant aux films comiques muets de Chaplin ou Keaton. Le personnage imaginé par Blake Edwards et Peter Sellers était une référence à ces comédies muettes où l’humour était d’abord visuel. Plus d’un siècle après, ces films font toujours rire, et l’humour intuitif et physique de Clouseau possède cette même qualité intemporelle. C’est le talent incroyable, unique, de Steve Martin pour la comédie et le burlesque qui fait de lui un Clouseau idéal. Il a toujours fait preuve de finesse et le côté physique est inhérent à son humour. »

Le producteur Bob Simonds ajoute : « Steve possède une combinaison unique de vulnérabilité et d’assurance. Il a un don pour la comédie physique mais c’est aussi un érudit ! Il possède un sens de l’humour incroyablement sophistiqué, il est capable de vous faire pleurer de rire avec des choses dont vous ne percevez toute la portée que peu à peu. Ce qui est important, c’est que son humour est aussi ironique qu’intelligent, sans jamais être méchant. Toute la dimension comique des films PANTHERE ROSE se fait aux dépens de Clouseau, qui s’efforce simplement de garder sa dignité dans les situations les plus délirantes. Notre ambition pour ce film a été non seulement d’amuser, mais d’arriver à ce que le public s’attache malgré tout à Clouseau. »

Bob Simonds était en train de produire TREIZE à LA DOUZAINE, avec pour réalisateur Shawn Levy, lorsque la MGM l’a contacté pour produire LA PANTHERE ROSE. Peu après, Steve Martin s’est vu proposer le rôle de Clouseau et il a essayé une de ses idées pour le personnage devant Levy. Celui-ci se souvient : « J’ai trouvé ça si drôle que ça a entraîné un mois de recherches tous azimuts sur d’autres idées, des concepts, des gags. L’histoire qui a commencé à émerger était fidèle à l’esprit de LA PANTHERE ROSE, mais c’était aussi inédit, original et spécifique à la forme de comédie particulière de Steve. Après quelques semaines, nous sommes tombés d’accord pour que je réalise le film. »

En fait, sans ces sessions d’improvisation, Steve Martin n’aurait sans doute pas accepté le rôle. « J’ai d’abord refusé », raconte-t-il. « Je pensais que le rôle ne me convenait pas. Mais j’y ai réfléchi longuement. J’ai commencé à essayer d’écrire quelques scènes pour voir ce que ça donnait, et ça m’a plu. Mais il me fallait un public pour les tester, et c’est Shawn qui a été mon cobaye ! »

Levy précise : « Les films de Blake Edwards avec Peter Sellers sont des classiques et nous n’essayons pas de nous y mesurer. Steve et moi avons le plus grand respect pour eux. Mais tout en rendant hommage à cet héritage, nous avons essayé de le réinterpréter. Nous espérons avoir fait un film qui soit dans l’air du temps, bien dans notre époque, mais dans la tradition des autres PANTHERE ROSE. »

« Le ton du nouveau film reflète bien l’humour de Steve Martin », poursuit le réalisateur. « Ce qui fait sa nouveauté, c’est l’ironie et l’intelligence du ton, qui est typique de Steve. Le film bénéficie de ce point de vue légèrement décalé qui a fait le succès de Steve. » Bob Simonds ajoute : « Steve a gardé l’essence du personnage de Clouseau. »

Steve Martin explique : « Le Clouseau que j’incarne puise ses racines dans l’esprit de celui de Sellers et Edwards mais je l’ai déformé un peu à ma manière… J’ai ma personnalité ! Quand j’ai regardé ces films, j’ai réalisé que Peter Sellers pouvait improviser indéfiniment dans le contexte du personnage. Il avait parfaitement compris et intégré Clouseau. J’en étais bien loin quand j’ai commencé à réfléchir au rôle, mais je savais que je devais le ressentir, qu’il devait être drôle pour moi comme il l’avait été pour Peter. La seule façon d’y parvenir, c’était de passer par ma propre notion du comique, par mon sens de l’humour… »

Lors des conversations initiales de Shawn Levy et Steve Martin sur Clouseau, ils ont décidé que si quelque chose leur semblait drôle, ils le mettraient dans le scénario, et que s’ils trouvaient toujours ça drôle un mois plus tard, ça y resterait… Levy précise : « Si ça nous faisait rire encore des mois après, nous le tournions. Et si ça semblait toujours drôle en postproduction, ça restait dans le film. »

Steve Martin explique : « Shawn Levy sait comment créer une atmosphère propice à la comédie sur le plateau. Lui et moi avons la même vision de l’humour et de la comédie, et ce genre de similarité est difficile à trouver. Nous sommes arrivés à une sorte de communication instantanée dans le travail, nous savons tout de suite ce qu’on peut essayer et ce qui doit être écarté. Nous sommes toujours d’accord. J’ai appris sur mes autres films que souvent, ce qui est le plus amusant est ce qui se produit de façon subite, ce qui a été pensé très peu de temps auparavant - la veille, le jour même, l’heure d’avant, la minute précédente. Et pour que ça puisse arriver, il faut travailler dans une ambiance qui vous laisse libre. »

PATRON AU BORD DE LA CRISE DE NERFS…

Pour incarner Dreyfus, le supérieur de Clouseau, Shawn Levy et Steve Martin étaient d’accord pour faire appel à un autre grand comédien du burlesque : Kevin Kline, oscarisé pour UN POISSON NOMME WANDA.

Le réalisateur remarque : « Le parcours de Kevin parle de lui-même. Il est très différent de Steve dans le procédé humoristique mais ils sont amis depuis vingt ans. Il a aimé notre approche du nouveau film et il a eu envie de se joindre à nous. Pour jouer Dreyfus, nous voulions un acteur qui comprenne vraiment le fonctionnement de la comédie, qui saisisse le rythme et les nuances, qui sente quand Dreyfus doit être drôle et quand il doit être en retrait. Il fallait quelqu’un qui soit capable de savoir sur qui repose la comédie dans l’instant : si par exemple, c’est sur Clouseau, cela déséquilibrerait la scène si c’est Dreyfus qui fait rire. Kevin savait instinctivement quand il fallait être drôle et quand il fallait être “normal“ pour permettre à Clouseau d’être absurde. » Kevin Kline explique : « Shawn Levy m’a permis d’expérimenter différents degrés de folie au début du tournage, jusqu’à ce que nous arrivions à déterminer ce qui fonctionnait pour le film : comique, mais pas cartoonesque. Steve et moi pouvions également improviser quand on le sentait. »

Bien que LA PANTHÈRE ROSE soit une comédie, Kline a approché le projet avec sa précision habituelle et a fait des recherches sur le rôle en passant plusieurs jours avec la police française. « Même pour une pure comédie comme ici, les recherches peuvent être utiles », déclare-t-il. « J’ai trouvé passionnant d’apprendre comment travaille la police en France. »

Kevin Kline a également apprécié de pouvoir retrouver Steve Martin : le seul autre film qu’ils aient fait ensemble était le bien plus sérieux GRAND CANYON. « Nous n’avions jamais eu l’occasion de faire une comédie ensemble », explique Kline, « et j’ai saisi cette chance. Je m’attendais à ce que ce soit agréable, et j’ai effectivement adoré faire ce film. » « J’ai particulièrement aimé la dimension burlesque. J’ai grandi en regardant Charlie Chaplin, les Marx Brothers et W.C. Fields, et j’ai toujours adoré le genre. En plus, j’ai pu faire mes propres cascades – les producteurs n’avaient pas l’air embêtés que je risque ma vie, du moment que ça faisait rire ! »

AUTOUR DE CLOUSEAU

«Le reste de l’équipe, explique Bob Simonds, était constitué de comédiens qui ne sont pas seulement drôles mais qui sont d’excellents acteurs. »

Même les plus expérimentés d’entre eux avaient parfois du mal à résister au génie comique de Steve Martin… Beyoncé Knowles, qui incarne Xania, raconte : « J’avais vraiment du mal à rester dans le personnage parce que face à moi, Steve était hilarant et imprévisible. Je me souviens notamment de la scène au Waldorf à New York, où Clouseau est complètement cuit à cause d’un redoutable cocktail appelé Flaming Mojito... Mon personnage essaie d’être romantique et sexy avec lui, mais lui il boit et part en vrille. Ses expressions et ses attitudes étaient irrésistibles, j’essayais de rester concentrée en me répétant “sois sexy, sois sexy !” quand tout ce que j’avais envie de faire, c’était exploser de rire ! »

« Steve est tordant, mais il a aussi apporté une dimension d’émotion à Clouseau. Même s’il est drôle et complètement incompétent, on le devine sincère et sensible. »

L’actrice était heureuse de retrouver Shawn Levy, qui avait écrit et réalisé une série pour Disney Channel,”The Famous Jett Jackson “, dans laquelle il l’avait choisie et dirigée. Elle raconte : « J’avais 16 ou 17 ans et c’était mon tout premier rôle. J’étais très nerveuse mais il m’a mise à l’aise. Je ne savais pas qu’il allait réaliser LA PANTHÈRE ROSE mais quand je l’ai découvert, je me suis dit que c’était un signe ! »

Le tournage de LA PANTHÈRE ROSE a été marqué par le style rapide de Shawn Levy. Le réalisateur explique : « Tous ceux qui arrivent sur mon plateau pour la première fois, acteurs comme techniciens, ont toujours un choc ! Tout va très vite. La vérité, c’est que je n’ai jamais rien vu qui reste drôle après vingt prises… Je n’ai jamais vu une scène devenir plus drôle quand on la tourne sur deux ou trois jours. Steve apprécie un rythme vif. Certains réalisateurs pensent qu’il faut quarante prises, et sans doute que ça marche pour eux mais moi, j’essaie de faire des films avec mon énergie, de faire que les choses aillent de l’avant, et vite ! Je veux saisir l’enthousiasme, le moment… Le film doit refléter cette énergie. »

Ce rythme rapide a parfaitement convenu à Beyoncé Knowles, qui a dû tourner entre ses concerts et le nouvel album de Destiny’s Child. « À l’origine, se souvient-elle, je n’avais qu’un mois devant moi parce que Destiny’s Child retournait en studio et je devais décider si j’allais faire un film ou prendre des vacances. Quand on m’a proposé LA PANTHÈRE ROSE, j’ai pensé que ce film serait comme des vacances ! »

Outre Xania, le nouveau PANTHÈRE ROSE introduit plusieurs autres personnages originaux. L’un d’eux est Gilbert Ponton, policier aussi intègre que loyal, confident et partenaire de Clouseau, interprété par Jean Reno. Shawn Levy raconte : « Le personnage de Ponton existait déjà quand Steve et moi sommes arrivés sur le projet. Nous avons aimé l’idée que Clouseau ait un vrai partenaire. Ponton devrait normalement être un méchant parce qu’il travaille pour Dreyfus mais il développe une réelle loyauté envers Clouseau. C’est un personnage vraiment sympathique qui contribue à asseoir la loufoquerie de Clouseau.

Il a été très difficile de trouver l’acteur qui allait l’incarner parce qu’il fallait qu’il soit un pilier sur lequel Steve puisse s’appuyer. Après avoir rencontré Jean Reno à Paris, nous avons su qu’il n’y avait pas de meilleur choix. Il avait la simplicité, la solidité du roc, le côté inébranlable du personnage.

« Jean arrive à être drôle par un impressionnant minimalisme. Il est solide, carré. Il est pince-sans-rire, l’humour naît de son impassibilité dans les pires situations. Il sait comment en faire très peu tout en ayant une forte présence à l’écran. Il faut un charisme exceptionnel pour en faire si peu et être aussi efficace ! »

Jean Reno est connu aussi bien pour ses rôles dramatiques dans des films comme LÉON, MISSION IMPOSSIBLE ou RONIN, que pour ses rôles comiques dans LES VISITEURS, par exemple. Il confie : « J’aime alterner les genres, j’aime le changement. Je crois que c’est le propre du travail d’acteur. Faire une comédie est bien agréable parce que tout le monde sourit et essaie de faire rire les autres sur le plateau.

Pour Ponton, mon travail n’était pas d’imiter ou de rivaliser avec Clouseau, mais d’ajouter quelque chose de drôle d’une autre façon. » Bien que Ponton soit un personnage inédit, il y a dans sa relation avec Clouseau des similitudes avec celle qui existait entre l’inspecteur et Kato, son domestique, dans les films précédents. Shawn Levy souligne : « Nous n’étions pas certains que ça fonctionnerait aujourd’hui. Le côté politiquement incorrect du domestique asiatique martyrisé ne nous faisait pas peur mais ce qui fonctionnait avec Peter Sellers ne marcherait pas forcément avec Steve Martin. En outre, j’avais envie d’essayer quelque chose de différent. Nous avons gardé l’idée que Clouseau attaque Ponton n’importe quand, mais ici, Clouseau n’arrive jamais à le frapper !

Ces combats se terminent avant même d’avoir commencé parce que Clouseau est fondamentalement nul en arts martiaux. Le seul coup qu’il porte à Ponton est l’un des moments les plus poignants du film… La dynamique Clouseau-Ponton est drôle mais c’est aussi celle d’une vraie amitié. Quand Clouseau est au plus bas, Ponton est le seul à rester à ses côtés. »

Emily Mortimer incarne Nicole, la candide secrétaire qui admire Clouseau en secret. Elle confie : « J’ai adoré avoir à jouer un personnage radicalement à l’opposé de ce que j’ai déjà fait et explorer la comédie, en particulier le burlesque. J’ai décidé de faire de Nicole une fille aussi réelle que possible et de me reposer sur le côté physique des scènes pour faire rire. Au final, j’en suis venue à tellement apprécier cet aspect que j’ai perdu mes intentions d’actrice sérieuse ! Je suis devenue une actrice comique ! » Si les talents comiques d’Emily Mortimer ont impressionné Levy, il avoue que c’est d’abord son côté adorable qui l’a séduit. « Nicole a toujours été un personnage à la Audrey Hepburn, une fille qu’on ne peut s’empêcher d’aimer. Elle est l’amie de Clouseau, la seule personne en dehors de Ponton qui lui témoigne un peu de fidélité. Le fait qu’à la fin, il y a un petit quelque chose entre eux est bien agréable… et c’est Steve qui en a eu l’idée. »

Kristin Chenoweth est Cherie, la chargée de relations publiques de l’équipe de football. C’est une séductrice qui n’a pas l’innocence de Nicole. L’actrice confie en riant : « Cherie a des mœurs plutôt légères ! C’est le genre de fille qui aime beaucoup les hommes… » Kristin Chenoweth est bien connue pour ses prestations à Broadway et a été récompensée à plusieurs reprises, notamment par le Tony Award pour “You’re a Good Man, Charlie Brown“. On l’a vue récemment au cinéma dans le rôle d’une des meilleures amies de Nicole Kidman dans MA SORCIÈRE BIEN-AIMÉE. Elle s’est partagée entre le tournage et la comédie musicale à succès “Wicked” à Broadway, pour laquelle elle a été citée au Tony.

« Je faisais le film le jour et la comédie musicale le soir, mais ça valait la peine parce que c’est une chance de travailler avec Steve Martin. Il est tellement dans l’instant que chaque prise est bonne. »

La dernière scène tournée, Levy lui a demandé de chanter une chanson. Avec sa légendaire voix de soprano, elle a interprété le standard “You’ll Never Know”.

LA PANTHÈRE EN MUSIQUE

La musique a joué un rôle vital dans la création du film. Entre les prises, Shawn Levy diffusait sur le plateau le célébrissime thème de la Panthère Rose composé par Henry Mancini. « J’ai utilisé cette musique comme source d’inspiration, parce que c’est l’un des thèmes les plus brillants de l’histoire du cinéma et qu’il donnait le ton à la perfection. C’est classe, cool, un peu ironique et surtout ça donne la pêche ! Ça apportait une autre dimension à ce que nous faisions. »

LA PANTHÈRE ROSE a offert à Shawn Levy la possibilité de s’aventurer dans un autre monde musical. Dans l’un des moments forts du film, le personnage de Xania chante une chanson tandis qu’autour d’elle règne le chaos. “A Woman Like Me” est née d’une collaboration unique entre le réalisateur et Beyoncé Knowles. Le réalisateur explique : « La chanson joue un rôle important dans la force de cette séquence et il fallait qu’elle fonctionne sur le plan dramatique. Il fallait aussi qu’elle reflète le style de Beyoncé. Nous nous sommes adressés à la communauté musicale et nous avons reçu quantité de chansons écrites par les meilleurs auteurs-compositeurs du pays. C’est “A Woman Like Me” qui était la meilleure. »

Beyoncé commente : « Elle avait la force d’une chanson de Tina Turner et la puissance dramatique d’une chanson de James Bond. Elle correspondait à la perfection au personnage. » Le réalisateur raconte : « Quand nous sommes allés au studio d’enregistrement, Beyoncé s’est appropriée cette chanson. La voir chanter, c’est royal ! C’est stupéfiant. »

Pour Beyoncé, qui chante en professionnelle depuis l’âge de neuf ans, la musique est comme la comédie pour Steve Martin : une seconde nature.

LA ROBE D’UNE PANTHÈRE

Outre la possibilité de jouer avec des ténors de la comédie comme Steve Martin et Kevin Kline, Beyoncé Knowles a apprécié la possibilité de porter les costumes créés par Joseph Aulisi. Elle se souvient : « Joe est venu me voir à un de mes concerts avant le début du tournage et m’a montré des croquis… C’était génial, je n’avais qu’une envie : essayer ses créations ! Xania est une star internationale, elle est très fashion et forcément, les costumes étaient fantastiques. Ils avaient un côté vintage, un esprit “Paris des années 40“ très Joséphine Baker mais avec une sensibilité contemporaine. Ça me semblait correspondre à la perfection au film et au personnage. Tous les détails et accessoires étaient extraordinaires, des boucles d’oreilles aux chaussures, surtout celles à pois qu’il a faites faire pour moi… C’était vraiment exceptionnel. »

Le chef costumier a créé pour Beyoncé ce qu’il appelle une robe “belle de jour”, une robe estivale blanche avec un profond décolleté en V et une jupe ondulante qui a littéralement causé un embouteillage à New York, ainsi qu’une robe de bal diaphane rebrodée à la main de sequins de bronze, en passant par un fourreau moulant qui valorisait la peau caramel de l’actrice.

« Habiller Beyoncé est un rêve de costumier », confie-t-il. « Nous lui avons créé six tenues. L’inspiration générale de son personnage a été Joséphine Baker qui, comme Xania, aimait les diamants et les bijoux. C’est en partant de cette idée que la robe de la scène de la salle de bal a évolué. Nous voulions qu’elle soit comme une bouteille de champagne qui vient d’être débouchée, c’est ce qui a donné l’idée des perles. »

La garde-robe de Clouseau joue un rôle important dans la définition du personnage. Le chef costumier commente : « Parfois, un acteur trouve son personnage en partant de l’intérieur et d’autres fois, c’est à partir de son physique, de son costume, qu’il y parvient. Steve a dit très tôt que pour jouer Clouseau, il fallait qu’il commence par la démarche, la posture, l’accent, la voix, l’expression de la bouche et des yeux, la moustache. Il avait besoin de l’aspect physique du personnage. Les costumes l’ont aidé à définir Clouseau. »

Steve Martin explique : « Dans le premier PANTHÈRE ROSE, Clouseau est bien habillé, il a l’air de sortir de chez le tailleur, il est impeccable. Je me suis toujours émerveillé de le voir ainsi - ça semblait si bizarre d’avoir un homme tiré à quatre épingles et qui était en même temps si maladroit, si incompétent ! Mais ça fonctionnait. Clouseau ne se sent pas déplacé, lui. Il pense être un homme du monde, confiant, capable, raffiné. Nous avons essayé différents costumes et avons opté pour un style genre années 60. »

Joseph Aulisi voulait apporter de l’humour aux costumes: « Je me suis amusé à trouver de petites choses pour chacun des personnages. Pour Steve Martin, nous avons commencé par chercher ce qui lui conviendrait et rendrait hommage aux premiers PANTHÈRE ROSE. Je me suis aussi inspiré de photos du grand photographe français Jacques-Henri Lartigue, qui a magnifiquement photographié des gens ordinaires mais toujours un peu décalés. Je trouvais que cela conviendrait très bien à la personnalité de Steve. Nous avons aussi étudié les dessins de Sempé, qui “croque” la vie parisienne avec un humour très français, très mordant, très moderne. En nous inspirant de ces sources, nous avons créé le style de notre Clouseau, légèrement années 60, mais nous avons changé les proportions pour que les vestes soient un peu trop étroites ou trop courtes, les pantalons un peu bouffants, faits de tissus très légers pour qu’ils gonflent dans le vent et aussi trop courts pour qu’on voie ses chaussettes rayées et ses grandes chaussures pointues. L’idée était d’être crédible mais en ayant de l’humour. »

Steve Martin porte aussi dans le film le trench typiquement associé à Clouseau mais même ce vêtement a été légèrement modernisé. Le chef costumier précise : « Nous avons décidé qu’il porterait un béret, parce que c’est amusant de voir Steve avec et que ça semblait mieux que le vieux chapeau. Le trench est emblématique d’un détective mais nous l’avons raccourci, stylisé dans le dos, il est un peu en pointe, un peu déséquilibré. »

LE MONDE DE CLOUSEAU

Comme ses costumes, le milieu dans lequel évolue Clouseau reflète lui aussi sa personnalité décalée. La chef décoratrice Lilly Kilvert note : « Le monde de Clouseau a une sorte de “réalité retravaillée”. Tout est un peu atténué, un peu plus joli, un peu vieillot. C’est comme un tableau, un endroit où un être aussi innocent que Clouseau peut exister. LA PANTHÈRE ROSE vit dans sa propre époque, ce n’est ni le passé, ni le présent, et je voulais aussi doter New York et Paris d’une sorte de filtre qui atténue la réalité, un peu comme un Paris ou un New York de rêve. »

Cette approche a conduit la chef décoratrice à créer des bureaux pittoresques, “très français”, imposants et denses, avec de hauts plafonds, des fresques de grande taille aux murs, des moulures et des meubles raffinés, de ligne assez masculine dans des tons de cuir et ocre. Parce que le chaos qu’engendre Clouseau se déroule aussi dans ces bureaux. Les décors, construits sur les plateaux des studios Kaufman-Astoria, juste en bordure de Manhattan, ont été équipés de murs qui pouvaient être enlevés et reconstruits très vite, pour s’accorder à la fois aux mouvements de caméra et à l’action. Lilly Kilvert raconte : « Il a fallu huit semaines pour construire les décors et ils étaient quasiment tous faits avec des murs mobiles. »

Certains intérieurs censés se trouver à Paris ou en Italie ont été tournés en fait à Manhattan. La chef décoratrice a dû unir visuellement le faux Paris avec le vrai.

Par exemple, la célèbre Beaux Arts Public Library de New York, avec son imposant hall de marbre et ses fresques élaborées, a servi pour les intérieurs du Palais de Justice parisien où est établi le quartier général de Dreyfus. Ce décor et les intérieurs de son bureau construits aux studios Kaufman-Astoria, devaient raccorder avec la Sorbonne qui a été utilisée pour figurer l’extérieur du Palais de Justice et la salle de bal.

Tandis qu’elle tournait à New York, Lilly Kilvert a supervisé la conception et la construction des décors à Paris. Elle supervisait les équipes décoration simultanément dans trois pays différents afin de s’assurer que pendant que l’on tournait sur les décors et dans les rues de New York, les équipes préparaient le tournage à Paris et Prague. « Nous avons tourné la plus grande partie du film à New York mais j’ai aussi adoré travailler à Paris, c’était vraiment excitant. Avoir des équipes qui travaillent dans trois pays différents est intéressant parce que chacun procède légèrement différemment. Par exemple, il a fallu que je trouve qui, en France, est responsable des petits accessoires – l’ensemblier ou l’accessoiriste de plateau ? Est-ce qu’il existe un peintre de plateau ? De petites choses comme ça peuvent prendre beaucoup d’importance, surtout quand on s’intéresse de près aux détails d’un décor. Heureusement, je parle couramment français ! »

Elle poursuit : « La création de la scène de la salle de bal a demandé une conception minutieuse. C’est le temps fort du film, celui où le jeu de poursuite entre les personnages atteint son apogée. Pour s’accorder à l’activité frénétique de Clouseau alors qu’il se rapproche du meurtrier et du voleur, il fallait remplir des critères bien précis. Et il fallait aussi être capable d’avoir un point de vue depuis le plafond sur la scène où chante Beyoncé. C’est notre besoin d’un décor dramatique qui nous a conduits à choisir la Sorbonne. »

La fameuse université française a été fondée au XIIIe siècle. Elle est majestueuse de par ses plafonds ornés de filigranes et ses couloirs de marbre mais il était impossible de la confondre avec une riche salle de bal… Lilly Kilvert commente : « Ce n’était pas ce qu’il nous fallait au plan stylistique, même si ça l’était au plan architectural. Nous avons donc maquillé la Sorbonne pour la rendre plus glamour. Nous avons ajouté des chandeliers, des tapisseries, des fleurs. Nous avons posé 400 m de tapis rouges et fait venir des centaines de figurants en smokings et robes du soir. Le résultat est spectaculaire, ce qui était aussi le but recherché. » La salle de bal devait également comporter une partie spéciale pour un gag sur l’art du camouflage selon Clouseau.

LA PANTHÈRE ROSE marque la quatrième collaboration de Shawn Levy avec le directeur de la photo Jonathan Brown, qui explique : « Le style visuel du film est un mélange de superproduction policière et de comédie. En général, les comédies ont une gamme de couleurs plus vive, elles sont éclairées de façon plus marquée que les drames. Nous avons choisi d’ajouter plus d’atmosphère, la lumière est presque celle d’un film dramatique. Nous avons un cadre large pour que Steve puisse avoir de l’espace pour le burlesque mais nous avons souvent traité l’image comme un film d’aventure autant que comme une comédie. »

Plusieurs des décors de Kilvert étaient dans des tons neutres ou sombres, pour s’accorder au style des intérieurs de Paris et de la belle pierre dorée des façades de la ville. Une grande partie de la couleur du film vient donc du choix des lumières et des gels filtrants de Jonathan Brown. Pour s’accorder à la réalité adoucie que souhaitait Levy pour le monde de Clouseau, la plupart des gels étaient dans des tons doux et chauds. Levy précise : « On ne voit jamais la couleur froide et dure de la lumière naturelle. Si une lumière naturelle traversait la fenêtre, on l’adoucissait par des tissus très fins. Il y avait une certaine saturation des jaunes, oranges, ocres, dorés, de manière à ce que la lumière et la tonalité de l’image soient toujours un peu plus belles et plus douces que dans la vraie vie. » Shawn Levy et Jonathan Brown ont opté pour des cadrages classiques qu’ils ponctuaient parfois d’un “angle bizarroïde”, comme l’explique le réalisateur, « quand les acteurs et l’écriture sont bons, alors la meilleure chose que puisse faire un réalisateur est de les suivre et de capter le meilleur. Steve et le scénario ont fait leur part de boulot ! Le scénario donnait aussi des indications sur le style visuel, particulier et original. Nous avons trouvé parfois que les compositions étaient symétriques de façon frappante. Je trouvais ces cadrages parfois un peu étranges à mon goût mais une certaine originalité dans la composition semblait appropriée. C’est une approche de la composition nettement moins conventionnelle que ce que j’ai fait jusqu’à présent. Il y a beaucoup de plans dans lesquels on voit Clouseau en plein centre de l’image, avec un grand angle. Partout ailleurs dans le film, les deux tiers des images sont vides et Clouseau est juste au bord du cadre. Nous avons consciencieusement déséquilibré l’image parce que Clouseau est un personnage absurde et que le cadre traduit cela. » Robert Simonds ajoute : « Nous avons aussi travaillé la profondeur de champ. Quand il y a de l’action au premier plan, une partie de la composition permet à l’image de respirer parce que c’est important pour le public. »

Comme Lilly Kilvert, Jonathan Brown a travaillé avec une équipe caméra internationale mais il ne pouvait pas travailler avec chaque équipe longtemps à l’avance dans des lieux comme Paris ou Prague. « C’était un mélange intéressant de gens et de styles de travail. Une grande partie de mon travail a consisté à diriger le délicat équilibre de créativité et d’efficacité et à exploiter ou susciter l’enthousiasme des équipes. »

Tous les membres de l’équipe ont dû s’adapter à l’énergie et au rythme du réalisateur. Heureusement, après avoir travaillé avec lui sur quatre films, Jonathan Brown sait comment répondre à ses exigences. « Shawn aime exploiter l’énergie qui naît du chaos contrôlé. Garder son rythme signifiait tourner en 49 jours ce que l’on tournerait normalement en 70 ! C’est ce qui a été le plus dur. Ce n’est que grâce à des repérages intensifs et à une préparation minutieuse des scènes à tourner incluant des storyboards détaillés, que nous avons pu y parvenir. »

Dans ce film, l’inspecteur Clouseau se rend à New York pour la première fois de son existence. Cette idée offrait un potentiel comique supplémentaire par son côté “poisson hors de l’eau”. Quelques scènes hilarantes se déroulent à Times Square, dans la Cinquième Avenue ou dans le superbe hôtel Waldorf-Astoria.

Le réalisateur précise : « L’atmosphère qui règne à New York correspondait à la sensibilité du scénario, à son étrangeté, et j’ai voulu des images inédites et un peu bizarres aussi, comme celle où Clouseau, le Français, porte une casquette “I Love New York“ au beau milieu de Times Square… »

A New York, le film a été tourné devant et à l’intérieur de l’hôtel Waldorf-Astoria, dans une de ses plus spectaculaires suites, décorée de pivoines roses et blanches, de roses et de coussins partout. Pour la scène où Clouseau, dans sa frénésie de surveil- lance, dévisse l’énorme lustre du hall de l’hôtel, la direction du Waldorf a permis à la production de réellement faire monter et descendre le lustre de 90 ans pour mieux raccorder avec la scène où une réplique s’écrase en studio sur un écran vert.

Le film a également été tourné en grande partie en France, en particulier sur la place Dauphine, sur l’île de la Cité et en banlieue au château Voisins. « Nous voulions tourner dans les véritables lieux, précise Bob Simonds, afin de donner au film l’ampleur désirée. Le film de 1963 avait été tourné dans des lieux sophistiqués qui faisaient voyager et nous voulions retrouver cette sensibilité. Nous avons choisi les lieux qui correspondaient le mieux à l’intrigue et au personnage mais qui étaient également impressionnants et spectaculaires visuellement.»

On peut voir aussi Ponton et Clouseau sur un pont de Paris, avec en fond la cathédrale Notre-Dame. La scène où Clouseau pourchasse le méchant sur les toits a été tournée sur celui du Musée Galliera.

La voiture de Clouseau est aussi décalée que lui : il conduit une Smart rouge et grise. Levy raconte : « Nous avions d’abord envisagé un autre véhicule mais quand nous sommes venus à Paris en repérages, nous avons vu ces petites voitures partout. Elles étaient vraiment rigolotes, toutes petites et un peu absurdes, comme Clouseau. »

Après Paris, l’équipe s’est rendue à Prague pour trois jours de tournage pour les scènes de football. Elles ont été filmées au stade de la petite ville de Teplice avec 12 000 figurants tchèques.

Shawn Levy conclut : « J’ai découvert les PANTHÈRE ROSE quand j’étais enfant, et je me souviens qu’ils me faisaient beaucoup rire. J’ai compris par la suite que si je les trouvais aussi drôles, c’était parce qu’il y avait un personnage sympathique et qu’on pouvait rire de lui ou rire avec lui. Quand j’ai revu tous les films avant de passer au nôtre, j’ai su que ce qui les rendait si captivants, c’était le personnage de Clouseau, l’interprétation de Sellers combinée au sens du timing et du rythme de Blake Edwards. » Edwards savait comment tirer le meilleur de son Clouseau.

« J’ai moi aussi mon Clouseau, et j’espère avoir réussi à tailler mon film et mon style de réalisation sur mesure pour mon Clouseau à moi. Et j’espère offrir le même plaisir au public que celui que Blake Edwards a offert à tant de gens. »


Source : 20th Century Fox
 
 
 
Sites Officiels:
La Panthère Rose (Fr)
 
Bandes-annonces:
Clip en Vf .
 
Fiche technique :
Réalisateur SHAWN LEVY
Scénaristes LEN BLUM , STEVE MARTIN
Sur une histoire de LEN BLUM MICHAEL SALTZMAN
D’après les films « LA PANTHERE ROSE » de BLAKE EDWARDS
D’après des personnages créés par MAURICE RICHLIN & BLAKE EDWARDS
Producteur ROBERT SIMONDS
Producteurs exécutifs TRACEY TRENCH, IRA SHUMAN
Directeur de la photographie JONATHAN BROWN
Chef décoratrice LILLY KILVERT
Chefs monteurs GEORGE FOLSEY JR., A.C.E.,BRAD E. WILHITE
Chef costumier JOSEPH G. AULISI
Superviseur de la musique RANDALL POSTER
Compositeur CHRISTOPHE BECK
Thème « Pink Panther »
composé par HENRY MANCINI
Fiche artistique :
Clouseau STEVE MARTIN
Dreyfus KEVIN KLINE
Ponton JEAN RENO
Nicole EMILY MORTIMER
Yuri HENRY CZERNY
Cherie KRISTIN CHENOWETH
Larocque ROGER REES
Xania BEYONCE KNOWLES
Le chef adjoint Renard PHILIP GOODWIN
Le président HENRI GARCIN
Bizu WILLIAM ABADIE
Le producteur de musique DANIEL SAULI
Le ministre de la Justice Clochard JEAN DELL
L’agent Corbeille ANNA KATARINA
L’agent Savard NICK TOREN
Les affiches :
 
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