Rétrospective Kenji Mizoguchi
Grand esthète de l'image et hanté par la condition des femmes, Kenji Mizoguchi est aujourd'hui considéré comme un des maîtres du cinéma japonais et l’un des plus grands artistes de toute l’histoire du 7ème art.
Né à Tokyo en 1898, d’une famille très pauvre, ce poète de l'image, qui ne fait pas d'études, développe un goût certain pour le dessin, la littérature et se
construit en autodidacte une immense culture, dont en ressentira les influences dans ses longs-métrages.
Devenu cinéaste en 1922, il réalise souvent des adaptations d'auteurs reconnus, comme E.T.A. Hoffmann dans Le Sang et l'âme (Chi to rei) ou Maurice Leblanc dans 813, une aventure d'Arsène Lupin (813) .
Au début des années 1950, il obtient la reconnaissance mondiale grâce aux chefs d’œuvre
que sont Les Contes de la lune vague après la pluie , Lion d'argent à la mostra de Venise et La Vie d’Oharu, femme
galante .
Entre 1922 et sa mort, il aura réalisé près de cent films avec plus de 70 qui sont considérés aujourd'hui comme perdus.
A partir du 25 Juillet, sept des plus grands chefs d'oeuvre du maître japonais seront à (re) découvrir sur les écrans parisiens, en version restaurée:
La Rue de la honte (Akasen chitai) - 1956 avec Machiko Kyo, Ayako Wakao, Aiko Mimasu :
Dans une maison de geishas de
Yoshiwara, le quartier des plaisirs de
Tokyo, on s'inquiète d'une nouvelle loi
discutée au parlement prévoyant
l'interdiction de la prostitution. C'est à ce
moment là qu'arrive Mickey, une
nouvelle employée jeune et sans
complexe qui est décidée à gagner le
plus d'argent possible pour étancher sa
soif de dépenses.
Si ses compagnes ont
souvent une raison plus précise de
vendre leur corps aux clients réguliers
ou de passage, toutes restent fidèles à
leur mode de vie, entretenu par l'arrivée permanente de nouvelles recrues…
Le Héros sacrilège (Shin heike monogatari) - 1955 avec Narutoshi Hayashi, Raizo Ichikawa, Ichijiro Oya, Yoshiko Kuga:
Kyoto 1137. Gouverné par
deux Empereurs, le Japon est
en crise : entre les nobles et
les moines qui exercent leurs
privilèges par la politique ou la
superstition, les samouraïs,
de rang inférieur, sont tenus à
l’écart du pouvoir. Dégoûté du
mépris enduré par son clan, le
jeune Kiyomori Taïra décide
de ne plus obéir aux ordres
de la Cour. Mais un complot
ourdi contre son père le
pousse à passer à l’action…
L'Impératrice Yang Kwei-Fei (Yôkihi) - 1955 avec Machiko Kyo, Masayuki Mori, So Yamamura:
La Chine au 8ème siècle, à l'apogée de la dynastie des
Tang. L'Empereur Hsuan Tsung, qui ne parvient pas à
se consoler de la perte de son épouse, se consacre à
la pratique de la musique et délaisse les charges de
l'État. Son entourage tente de le distraire en lui
présentant, en vain, les plus belles filles du pays.
Le
général An Lu-Shan, amateur de femmes et assoiffé de
pouvoir, remarque alors la grande beauté d'une simple
servante, Yang Kwei Fei, et la présente à l'Empereur.
Celui-ci est rapidement séduit et goûte avec Kwei Fei
aux bonheurs de l'amour. Mais la famille Yang,
introduite à la cour, profite abusivement de ses
privilèges et s'attire la haine du peuple…
Les Amants crucifiés (Chikamatsu monogatari) - 1954 avec Kazuo Hasegawa, Kyoko Kagawa, Eitaro Shindo:
Kyoto au 18ème siècle. Osan, l’épouse du
grand imprimeur du Palais Impérial,
demande à Mohei, l’employé préféré de
son mari, de lui consentir un prêt pour aider
sa famille. Mohei, qui aime en secret Osan,
veut utiliser le sceau de l’imprimeur pour
obtenir cet argent. Son projet frauduleux
découvert, Mohei se dénonce à son patron.
Mais suite à un concours de circonstances,
Osan est surprise aux côtés de Mohei.
Compromise mais irréprochable, lassée
des infidélités de son mari, Osan préfère
quitter son foyer. Mohei fuit avec elle, et va
être amené, malgré leur différence de
classe, à lui déclarer son amour…
L'Intendant Sansho (Sanshô dayû) - 1954 avec Kinuyo Tanaka, Yoshiaki Hanayagi, Kyoko Kagawa, Eitaro Shindo:
Le Japon du 11ème siècle. Un
gouverneur de province est
exilé pour avoir défendu les
paysans contre les autorités
féodales. Quelques années
plus tard, sa femme Tamaki,
sa fille Anju et son fils Zushio
sont kidnappés en cherchant
à le rejoindre. Tamaki est
déportée sur une île, alors
que les enfants sont jetés
dans un camp d’esclaves
commandé par l’impitoyable
intendant Sansho. Dix ans
plus tard, Zushio, amer, a oublié les idéaux de compassion de son père mais Anju
l’exhorte à ne pas devenir comme Sansho. Anju apprend alors que leur mère pourrait
être vivante, et elle prépare un plan d’évasion pour Zushio…
Les Contes de la lune vague après la pluie (Ugetsu monogatari) - 1953
avec Machiko Kyo, Masayuki Mori, Kinuyo Tanaka:
Tobeï est un potier qui vit dans un
petit village de campagne, Ohmi,
au temps du Moyen Âge japonais.
Un jour, il part vendre ses pots à la
ville en compagnie de Genjuro, un
de ses amis. Quand Tobeï revient
à Ohmi, il a gagné beaucoup
d'argent car la guerre avec l'armée
Shibata fait monter les prix.
Genjuro, quant à lui, s'est engagé
avec des samouraïs, mais il
rentrera bien vite chez lui, humilié
par de vrais guerriers.
Tobeï veut
augmenter sa productivité pour gagner encore plus d'argent. Il part pour la ville avec
Genjuro et la femme de celui-ci. En ville, Tobeï tombe amoureux de dame Wakasa,
Genjuro devient un vrai samouraï grâce à un acte de lâcheté de sa part, et la femme
de Genjuro devient prostituée. Cependant, Tobeï s'aperçoit que la femme qu'il aime
est en fait un fantôme, et que son âme est manipulé par des esprits malfaisants ; il
rentre alors au village.
Genjuro et sa femme se rencontrent par hasard ; Genjuro
abandonne son métier de samouraï et rentre lui aussi au village avec sa femme.
Mais la femme de Tobeï, Miyagi, est morte entre-temps. Quand ce dernier rentre à
Ohmi, il ne lui reste que son fils.
Miss Oyû (Oyû-sama) - 1951 avec Kinuyo Tanaka, Nobuko Otawa, Yuyi Hori, Kiyoko Hirai, Reiko Kondo:
L’intrigue se situe à Kyoto,
pendant l'Ere Meiji. Oyu, jeune
veuve qui vit avec son enfant,
accompagne sa soeur, Shizu,
rencontrer l'homme qui lui est
promis. Shinnoske, quand à lui, doit
choisir une épouse. On lui présente
des prétendantes et il tombe sous le
charme non pas d’une d’entre elle,
mais de la sœur de celle-ci : Miss
Oyû. Elle tombe également sous le
charme du jeune homme. Seulement
elle ne peut pas se remarier car
étant mère d’un jeune enfant elle
appartient encore à la maison de son
mari. Shinnosuke décide alors d’épouser sa sœur, Shizu.
Consciente de l’amour qui
unit son mari à sa sœur Shizu décide de garder le mariage blanc et de s’effacer.
Commence alors un curieux ménage à trois qui déclenche des commérages dans le
quartier.
 
 
 
 
Photos: © Films Sans Frontières