Le nouveau monde

Sortie prévue le 15 FÉVRIER 2006

Au tout début du XVIIe siècle, le continent nord-américain n'est qu'une terre sauvage infinie sur laquelle vivent de nombreuses tribus. En avril 1607, trois bateaux anglais et leurs équipages accostent sur sa côte orientale. Au nom de la Virginia Company, ils viennent établir, “Jamestown”, un avant-poste économique, religieux et culturel sur ce qu'ils considèrent comme le Nouveau Monde.

Même s'ils ne s'en rendent pas compte, le capitaine Newport et ses colons britanniques débarquent au coeur d'un empire indien très sophistiqué dirigé par le puissant chef Powhatan. John Smith, un officier de l’armée âgé de 27 ans , est alors aux fers pour insubordination.

Déstabilisés dans un monde inconnu, les Anglais préfèrent combattre plutôt que de s'adapter. En cherchant de l'aide auprès des Indiens, John Smith découvre une jeune femme fascinante. Volontaire et impétueuse, elle est nommée Pocahontas par les siens, ce qui signifie «l'espiègle». Pocahontas est la préférée des enfants du chef Powhatan. Très vite, un lien se crée entre elle et Smith. Un lien si puissant qu'il transcende l'amitié ou même l’amour.

Il va donner naissance à l'une des plus belles légendes qui soient...

Notes de Production:

Au coeur d'un Eden préservé où vit une grande civilisation, dans un contexte dramatique et historique des plus riches, le réalisateur Terrence Malick, à qui l'on doit LA BALADE SAUVAGE, LES MOISSONS DU CIEL etLA LIGNE ROUGE, nous conte l'histoire de deux êtres, une jeune princesse passionnée et un ambitieux conquérant, déchirés entre leurs obligations et leur coeur...

LE NOUVEAU MONDE est une épopée, la rencontre de deux peuples, les Européens et les Indiens d'Amérique, lors de la fondation de Jamestown, la première colonie britannique sur le continent américain, en 1607. Inspiré par la légende de John Smith et Pocahontas, Terrence Malick, cinéaste d'exception, nous livre ici une bouleversante exploration de l'amour, de son essence et de ses conséquences, de sa puissance et de sa fragilité. LE NOUVEAU MONDE est un hymne lyrique, la célébration de toutes les terres à découvrir...

LE CONTEXTE

En 1607, trois navires anglais financés par la London Virginia Company font voile à travers l'océan Atlantique, à la recherche de l'or et des trésors légendaires qu'ils pensent trouver dans les territoires inexplorés de l'Amérique. Ils accostent près du fleuve James, en Virginie, et établissent leur campement à Jamestown. La plupart des 103 colons sont des aristocrates mal préparés à la vie dans ce Nouveau Monde, et la petite colonie voit rapidement ses rêves de richesses s'évanouir, alors que ses forces s'épuisent face à des conditions d'existence difficiles.

Le capitaine John Smith se voit confier la tête d'une expédition qui doit remonter la rivière Chickahominy pour se procurer des vivres. Smith et ses hommes vont être abordés par des membres de la tribu des Powhatan, qui règne sur la région. Tous les membres de l'expédition sont tués, sauf Smith. Il est emmené au village des Indiens, où il fait la connaissance de la fille du chef Powhatan, Pocahontas. Celle-ci va lui enseigner la culture et les coutumes de son peuple. Quelques mois plus tard, chargé de suffisamment de nourriture pour aider la colonie à passer l'hiver, Smith revient à Jamestown. Au printemps suivant, Powhatan découvre que la colonie a l'intention de rester, et se prépare à la guerre. À son insu, Pocahontas alerte Smith, et quand sa tribu est repoussée, Powhatan réalise qu'ils ont été trahis par sa propre fille.

Pocahontas est bannie de sa famille pour toujours. La jeune fille est contrainte de vivre chez une tribu voisine, et elle sera finalement vendue aux Anglais, qui espèrent ainsi, en l'ayant avec eux, empêcher d'autres attaques de la tribu de son père. Au milieu des colons, elle s'adapte lentement à sa nouvelle vie. Mais Smith est rappelé en Angleterre pour mener d'autres expéditions. Il ne reverra Pocahontas qu'une seule fois, des années plus tard, quand elle viendra en Angleterre. D'autres colons viennent s'installer à Jamestown depuis l'Angleterre, apportant d'autres biens et du matériel. Parmi eux, l'aristocrate anglais John Rolfe, qui est veuf. Il sera l'un des premiers à exploiter le tabac, qui devient rapidement la principale ressource commerciale de Jamestown. Leur solitude et le sentiment d'avoir chacun perdu un être cher les rapproche.

Pocahontas tombe peu à peu amoureuse de Rolfe. Elle l'épousera et lui donnera un fils. Lorsque Rolfe l'emmènera en Angleterre, Pocahontas sera présentée au Roi et à la Reine, comme la Princesse de Virginie, et elle sera un temps la coqueluche de Londres. Mais elle tombera rapidement malade, et mourra lors de son voyage de retour en Amérique. Elle avait alors sans doute 21 ou 22 ans.

UN MONDE NEUF ET MILLÉNAIRE

L'Amérique n'est pas née avec l'arrivée de Christophe Colomb et la Nina, la Pinta et la Santa Maria, ni avec celle des Pèlerins du Mayflower, ni même avec les fondateurs de Jamestown, la première colonie permanente anglaise en 1607 - qui a précédé l'arrivée des Pèlerins à Plymouth Rock d'une trentaine d'années.

À l'arrivée des Britanniques, on comptait déjà 15 000 ans de civilisation en Virginie, 15 millénaires durant lesquels des hommes avaient développé leur propre culture. Leur univers a été complètement bouleversé par ces étrangers venus d'au-delà des océans. Cette histoire, et les liens profonds qui se sont noués entre le capitaine John Smith et Pocahontas, ont commencé à intéresser Terrence Malick il y a plus de vingt ans. Sarah Green, la productrice, explique : «Terry a commencé à écrire LE NOUVEAU MONDE il y a environ vingt-cinq ans. Il a eu l'idée dans les années 70, et il l'a toujours gardée dans un coin de son esprit. Comme tous les films de Terry, LE NOUVEAU MONDE aborde ce qui fait la quintessence de l'humanité.» Et comme tous les films de Malick, il va bien au-delà de l'histoire qu'il raconte....

La productrice explique : «Cette saga fait partie de l'Histoire des Américains, mais aussi de celle de tous les hommes. Elle révèle nos défauts, nos vertus, et parle d'une prise de conscience. Elle est universelle et intemporelle parce qu'elle repose sur le plus simple des sentiments, celui qui fait de nous des humains : l'amour. «Dans cette histoire, des gens en trahissent d'autres, essaient de comprendre ce qui se passe, se trahissent à nouveau, et finissent par apprendre qu'il existe autant de vérités que de points de vue, et que chacun a la sienne. Aucun des personnages n'est un saint, aucun n'est un monstre. Tous ont leurs qualités, leurs défauts, leur part d'ombre et leur part de lumière...»

L'une des caractéristiques du NOUVEAU MONDE est la manière dont Terrence Malick associe sa vision personnelle d'événements qui se sont produits il y a 400 ans à une recherche historique extrêmement poussée et très détaillée sur l'époque. Sarah Green commente : «John Smith a écrit : “Pocahontas a été, juste après Dieu, l'instrument qui a préservé la colonie de la mort, de la famine et du chaos”. En fait, nous ne savons pas grand-chose de ce qui s'est réellement passé en 1607. Nous avons dû nous fonder sur les écrits de quelques personnes qui étaient là-bas, notamment John Smith, et certains de ces témoignages se contredisent. Ce que nous nous sommes efforcés de faire, c'est de mettre le mythe de John Smith et Pocahontas au service de la vision de Terry, de sa manière de voir la rencontre entre les deux cultures, les relations qu'elles ont nouées et les conséquences de leur incompréhension mutuelle.»

La productrice poursuit : «Nous avons vraiment pris des libertés en matière de création. Comme pour tous les drames historiques depuis les dramaturges de la Grèce ancienne, LE NOUVEAU MONDE utilise des événements réels, du moins ce que nous en savons, pour servir l'histoire que nous voulons raconter. Les détails et les destins de certains personnages réels ont été modifiés pour servir la narration et les éléments dramatiques. Nous avons, par exemple, fait un portrait assez idéalisé de la culture indienne à travers la voix off de John Smith. Ses commentaires sont tirés directement des vrais écrits de Smith et de ceux de James Barlowe, Robert Beverly, et d'autres. Ce point de vue est ensuite confronté à la réalité lorsque l'histoire évolue pour passer d'une coexistence pacifique à une guerre absolue. Par ailleurs, le déroulement de certains événements, leur succession dans le temps ont été compressés. Ceci est une interprétation dramatique, pas un documentaire.»

LES ACTEURS

Terrence Malick avait une idée très précise du profil des acteurs qu'il désirait voir incarner ses différents personnages. Sa réputation de réalisateur d'exception l'a précédé, et nombreux étaient les comédiens qui souhaitaient travailler avec lui. Malick souhaitait confier le rôle principal, celui de John Smith, à COLIN FARRELL.

«Pour Terrence, Colin Farrell était un choix évident, raconte Sarah Green. Il avait l'âge qu'il fallait - 28 ans, comme Smith quand il est arrivé en Amérique du Nord. Il avait aussi l'esprit. Colin est un aventurier, un homme bourré d'énergie, de vie et de charme, et c'est un acteur très puissant. Lui et Terry se sont tout de suite très bien entendus.» Pour Farrell, accepter de faire LE NOUVEAU MONDE a été une évidence. «Il suffit que Terrence fasse signe et les acteurs accourent ! plaisante-t-il. On n'a même pas besoin de lire son scénario, parce que la pureté de chacun des films qu'il a faits est une garantie suffisante. Terry est un sage, il a la sagesse des années qu'il n'a pas vécues sur cette planète, il a une prestance étonnante et une intégrité stupéfiante. C'est un poète.» Outre la chance de travailler avec Malick, Colin Farrell a été attiré par l'idée de prendre part à une histoire qui est entrée dans la légende et inspire les arts, que ce soit la littérature, le théâtre ou le cinéma, depuis plusieurs générations.

L'acteur observe : «LE NOUVEAU MONDE est la vision de Terrence Malick de la colonisation de l'Amérique par les Anglais. C'est son esprit, son âme. Son intelligence, son vrai don est de savoir voir ce que la plupart d'entre nous ne voyons pas au quotidien, la beauté et la tragédie de la vie autour de nous. On sait qu'il respectera tous les points de vue, tous les angles de l'histoire. Il rend hommage aux Indiens en tant que culture et que peuple, dont la beauté a été non seulement mal interprétée, mais ignorée des premiers colons.»

CHRISTOPHER PLUMMER, vétéran de films nommés à l'Oscar comme UN HOMME D'EXCEPTION et RÉVÉLATIONS, a lui aussi été séduit par l'approche qu'avait Malick de l'histoire de John Smith et de Pocahontas. Il joue ici le capitaine Christopher Newport. «Terry voit cette histoire comme un rêve très réel, explique- t-il. Sa passion pour cette terre, pour ce pays, est d'ordre plus spirituel que scientifique. Terry est à la fois un rêveur et un intellectuel, et c'est aussi un incurable romantique.» Pour interpréter cette histoire se déroulant en Amérique, une distribution d'une grande variété de nationalités a été rassemblée. Les bureaux de casting étaient situés dans trois États, sur deux continents - la directrice de casting Francine Maisler et le responsable du casting des Indiens Rene Haynes à Los Angeles, les responsables du casting de Virginie et des figurants Jeanne Boisineau à Richmond, et Celestia Fox à Londres.

CHRISTIAN BALE, qui venait de jouer Bruce Wayne/Batman dans BATMAN BEGINS, a été choisi pour jouer John Rolfe.

«Terry et moi admirons Christian Bale depuis des années, explique Sarah Green. Il a du coeur, de l'intelligence, du talent, et une profonde intuition. Il a la volonté de se fondre dans un rôle, de sous-jouer quand c'est nécessaire, ce qui était parfait pour John Rolfe. Pocahontas ne remarque pas Rolfe tout de suite, et c'est magnifique de découvrir en même temps qu'elle ses qualités humaines et sa noblesse de coeur.»

La partie la plus difficile et la plus cruciale du casting a été de trouver l'actrice qui allait jouer Pocahontas. Les cinéastes ont organisé une recherche internationale pour trouver la jeune actrice capable d'incarner la plus mythique des Américaines. Sarah Green explique : «Il existe beaucoup de controverse autour de ce qu'elle était, de son âge, de son apparence physique, et de la nature de ses relations avec John Smith. Le plus vraisemblable est qu'elle était plutôt jeune, 12 ou 13 ans, déjà une adulte chez les Indiens à l'époque. Nous voulions une actrice qui possède cet esprit d'innocence, de pure bonté, de jeunesse et de vitalité, mais aussi quelqu'un qui puisse vieillir, faire l'expérience d'un coeur brisé, vivre des temps difficiles et mûrir en profondeur.»

La productrice précise : «Nous avons eu du mal à trouver notre interprète. Nous avons rencontré des actrices qui avaient la prestance nécessaire pour Pocahontas plus adulte, ou de jeunes actrices qui avaient le feu et l'esprit du personnage jeune, mais il n'a pas été évident de trouver quelqu'un qui puisse passer de l'un à l'autre. Nous avons cherché pendant des mois à travers tous les États-Unis, puis au Canada, puis nous avons étendu la recherche dans d'autres pays. C'est au cours du dernier mois, alors que nous avions resserré notre choix à quelques actrices, que la candidature de Q'ORIANKA KILCHER a été proposée à Rene Haynes pour un autre film. L'un des assistants de Rene a remarqué sa photo et s'est dit qu'elle devrait peut-être plutôt être placée dans la pile “Le Nouveau Monde”... Il y avait quelque chose de saisissant dans sa photo, et de plus saisissant encore lorsque nous l'avons rencontrée. Elle a un calme, une paix intérieure, une profondeur qui sont ceux de quelqu'un de bien plus âgé qu'elle ne l'est.»

Q'orianka Kilcher n'a que 15 ans. Son père est un Péruvien de souche (Quechua/Huachapaeri), et elle sait chanter, danser et jouer de la musique. Son seul rôle au cinéma avant celui-ci a été celui d'une enfant choriste dans LE GRINCH.

Sarah Green commente : «Ses origines indiennes se lisent sur ses traits. Q'orianka a à la fois une vraie noblesse et un esprit jeune et vif, mais elle est très sérieuse quant à tout ce qui touche à son travail, sa vie, et ses valeurs. C'est un peu effrayant de confier un tel rôle à une inconnue sans expérience, mais ce n'est pas sa formation qui a fait de Q'orianka l'interprète idéale de Pocahontas, mais sa vie. Quand nous lui avons fait passer un bout d'essai, sans maquillage, elle éclairait littéralement l'écran. C'était puissant, magnifique, passionnant... C'était Pocahontas.»

Obtenir le rôle a changé la vie de Q'orianka Kilcher. C'est une expérience dont elle se souviendra... Elle confie : «Pocahontas a de merveilleuses qualités, comme le courage ou l'amour de la vie, et j'espère qu'elle fera toujours partie de moi. Elle était un symbole de paix, elle a rapproché deux mondes, et j'ai eu une chance incroyable de pouvoir incarner cet être humain hors du commun. Ma plus grande difficulté dans ce film a été de lui rester fidèle, et d'essayer de montrer son histoire au monde de la meilleure façon possible.

«Bien sûr, débuter comme actrice sous la direction de Terrence Malick est extraordinaire... Jamais je n'aurais rêvé pouvoir un jour travailler avec quelqu'un comme lui. Peu lui importe qui on est, grand ou petit, il nous demande toujours notre avis, nos idées, notre apport.»

Les partenaires de Q'orianka Kilcher sont ravis de leur collaboration avec la jeune actrice. Colin Farrell commente : «Quelle responsabilité elle a prise ! À son âge, elle joue un personnage qui incarne véritablement l'esprit des Indiens d'Amérique. Il fallait demander à quelqu'un de très jeune de comprendre toutes ces choses, mais je pense que Q'orianka est plus proche de la pureté que même, sans doute, Pocahontas ne l'a été. Elle est stupéfiante. Je ne sais pas d'où lui vient son sourire, mais il pourrait éclairer le monde entier...»

L'ÉQUIPE TECHNIQUE

Après avoir choisi les acteurs, Terrence Malick et sa productrice ont constitué leur équipe technique. Trish Hofmann, qui avait déjà travaillé avec Sarah Green, est venue les rejoindre comme productrice exécutive. Emmanuel Chivo Lubezki a été choisi pour être le directeur de la photographie. Son travail au Mexique, son pays natal, et aux États-Unis sur des films comme SLEEPY HOLLOW : LA LÉGENDE DU CAVALIER SANS TÊTE ou LES DÉSASTREUSES AVENTURES DES ORPHELINS BAUDELAIRE, témoigne non seulement de solides qualités artistiques et techniques, mais aussi d'un goût pour l'expérimentation et l'indépendance qui convenait à merveille à l'imagination sans bornes de Malick. Emmanuel Lubezki a aidé Malick à atteindre le but qu'il s'était fixé : tourner presque uniquement en lumière naturelle -une technique qui a permis d'éviter la distraction provoquée par l'attirail qui encombre habituellement un décor de cinéma. L'acteur Noah Taylor commente : «J'aime que Terry n'utilise aucune lumière artificielle. Le simple fait qu'il n'y ait pas des câbles et des projecteurs partout crée une réalité bien plus concrète qui influe sur les gens. Le plateau devient ainsi beaucoup plus intense, plus réel.»

Le choix du chef décorateur n'a pas provoqué de surprise : Jack Fisk avait créé les décors des trois précédents films de Terrence Malick.

Pour les costumes, Malick a choisi Jacqueline West. Sa mission était d'envergure : il a fallu recréer les vêtements et tenues de nobles anglais du XVIIe siècle, de paysans, et de tous les différents habitants du vaste empire de Powhatan. Jacqueline West, qui avait déjà recréé toute une époque avec QUILLS, LA PLUME ET LE SANG, a séduit Malick par son immense intérêt pour la culture des Indiens d'Amérique et son enthousiasme pour le film.

Même s'il savait qu'il allait prendre des libertés avec certains des faits connus concernant les gens et les événements, il était vital pour Terrence Malick que les divers contextes culturels de l'histoire soient véridiques dans les moindres détails. Pour s'assurer cette précision méticuleuse, les cinéastes ont constitué une équipe de conseillers qui les a guidés dans leur travail. Parmi ces experts, le Dr William Kelso, directeur du département archéologie du Jamestown Recovery Project, le professeur Frederic Gleach, d'Ithaca, New York, auteur de livres comme «Powhatan's World and Colonial Virginia», Danielle Moretti-Langholtz, du Virginia Council on Indians et du département d'anthropologie du College of William & Mary. Blair Rudes, professeur associé de linguistique à l'University of North Carolina, coach dialecte et traducteur d'algonquin du film, dont les origines remontent à la nation Abenaki, était présent quasiment quotidiennement sur le plateau. Était également présent Buck Woodard, qui s'assurait de la précision du moindre détail. Enseignant en arts visuels au Henrico County, en Virginie, Woodard a travaillé pour le Virginia Department of Historic Resources et a contribué à des projets comme le National Park Service, le Smithsonian's National Museum of the American Indian et la Colonial Williamsburg Foundation. C'est un descendant des Lower Muskogee Creeks et il fait partie du Virginia Council on Indians auprès du gouverneur de l'État.

L'un des domaines pour lequel l'équipe a fait le plus appel aux experts historiques a été la construction des trois navires, le Susan Constant, le Godspeed et le Discovery. La production a eu la chance de pouvoir utiliser trois navires situés dans un site touristique et un musée non loin du site original où a été fondée Jamestown, qui sont réservés d'habitude au public.

Trish Hoffmann, productrice exécutive, explique : «S'il avait fallu construire nos propres bateaux, cela nous aurait coûté deux millions de dollars par navire. C'était extraordinaire de pouvoir utiliser ces bateaux, situés à 8 km de notre lieu de tournage principal. Nous avons tout préparé minutieusement avec la Jamestown-Yorktown Foundation, qui gère le site de reconstitution de Jamestown Settlement où sont exposés les navires. Cela n'a pas été sans mal, parce que Jamestown Settlement est un lieu très touristique et que les bateaux attirent énormément de monde. Mais ils nous ont permis de garder le Godspeed, qui est splendide, pour les trois quarts de nos prises de vues en Virginie. Il était ancré juste devant le fort James... C'était parfait, parce que nos recherches indiquent que les Anglais laissaient toujours un de leurs navires à la colonie. Nous avons traité ces bateaux comme de véritables stars.» Et comme de vraies stars, il a fallu les maquiller... mais l'objectif n'était pas de leur donner une allure plus glamour, bien au contraire.

Jack Fisk, le chef décorateur, explique : «Nous avons repeint tous les navires, les avons vieillis pour leur donner l'allure de vaisseaux d'époque qui auraient passé plusieurs mois en mer. Ces bateaux sont d'abord utilitaires, ils ne sont pas d'un grand confort, la décoration est réduite à sa plus simple expression, et ils transportaient plus de gens que ce pour quoi ils avaient été conçus quand ils sont arrivés à Jamestown.»

L'équipe de tournage, ainsi qu'Eric Speth, qui a été le capitaine des trois bateaux appartenant au Jamestown Settlement, et le coordinateur maritime du film, Mark Preisser, ont dû faire face à une difficulté d'ampleur : pour une scène cruciale, il fallait montrer les trois bateaux ensemble remontant le fleuve James jusqu'à leur point de mouillage, et le contrat passé avec le Jamestown Settlement stipulait qu'il fallait laisser en permanence un bateau sur le site...

Trish Hoffman explique : «Même si nous avions pu disposer des trois bateaux ce jour-là, nous n'aurions pas pu les faire naviguer sur la Chickahominy River, parce que le tirant d'eau du Susan Constant est bien trop élevé pour la rivière. Nous avons donc dû trouver un autre bateau pour le représenter.» Les recherches ont conduit les producteurs et Jack Fisk jusqu'à Verplanck, dans l'État de New York, où ils ont trouvé une superbe réplique de 26 m du Half Moon, le bateau utilisé par Henry Hudson pour explorer le fleuve Hudson en 1609. David Crank et une équipe se sont rendus au nord de l'État de New York afin de maquiller le Half Moon. Ils ont ainsi transformé le trois-mâts avec une toute nouvelle palette de couleurs et l'ont vieilli visuellement. Le capitaine du Half Moon, Chip Reynolds, l'a ensuite piloté de Verplanck jusqu'aux rives de la Chickahominy, fin prêt pour les gros plans.

Un autre bateau, plus petit mais non moins impressionnant, a été utilisé : la chaloupe qui sert à transporter les hommes entre le navire à l'ancre et la terre ferme, et pour explorer les voies navigables de la Virginie. Ce bateau était surnommé «la camionnette du XVIIe siècle» par le coordinateur maritime Mark Preisser. Le bateau a été emprunté à la Plimouth Plantation, dans le Massachusetts.

REBÂTIR UN MONDE DISPARU : LIEUX DE TOURNAGE ET DÉCORS

L'un des premiers défis de l'équipe de production a été de déterminer les lieux de tournage du film. Au départ, personne ne pensait trouver une région qui puisse ressembler de façon satisfaisante au monde qu'ont découvert les premiers colons. Sarah Green se souvient : «Nous aurions juré que jamais on ne trouverait un endroit qui semble aussi vierge que le fleuve James et la rivière Chickahominy en 1607. Nous pensions peut-être pouvoir trouver cela dans un endroit perdu et mystérieux où personne n'allait jamais, nous avons donc cherché dans des régions reculées du Canada où il subsiste des forêts et des rivières vierges d'activités humaines.

«Mais Jack Fisk, le chef décorateur, qui vit en Virginie, pensait qu'il ne fallait aller chercher ailleurs qu'après avoir vu l'endroit où tout a commencé. Terry, Jack et moi nous sommes donc rendus sur place voir le site original de Fort James, et tout près de là, l'endroit où a été recréé le campement de Jamestown, Jamestown Settlement. Puis nous avons pris un bateau pour remonter la Chickahominy. Nous avons découvert alors qu'il y avait de larges étendues de terres vierges. Nous sommes arrivés à une boucle de la rivière, et nous avons vu une ancienne grande ferme à poissons avec un panneau “à vendre” dessus. Nous ne pensions pas pouvoir nous permettre de tourner en Virginie, mais avec notre aversion pour les tournages morcelés géographiquement, et avec l'aide de l'État de Virginie, nous avons décidé que nous pourrions y parvenir. La Virginie reste inimitable.»

La productrice ajoute : «Le gouvernement de l'État de Virginie nous a soutenus. Tout le monde, les syndicats, l'équipe, les acteurs, voulait tourner en Virginie. Le gouverneur Warner nous a appuyés, et LE NOUVEAU MONDE est devenu ainsi l'un des rares films historiques à avoir été tourné quasiment à l'endroit exact où se sont déroulés les événements. La ferme désaffectée est devenue le site du fort de Jamestown.» Décider de tourner dans les paysages idylliques de la Virginie n'a été que le premier pas dans la création du remarquable environnement du NOUVEAU MONDE. Pour donner vie à cet univers complet, Terrence Malick s'est tourné vers son collaborateur de longue date, le chef décorateur Jack Fisk. «Se trouver dans un décor de Jack Fisk, c'est comme pénétrer dans l'atelier du Caravage, confie la chef costumière, Jacqueline West. On a l'impression d'avoir remonté le temps.»

Pour Jack Fisk, travailler sur LE NOUVEAU MONDE a présenté des challenges comme il n'en avait encore jamais rencontrés. «Bien que je vive en Virginie, confie-t-il, je ne savais pas grand-chose des Indiens ou des Anglais qui vivaient là au moment où Jamestown a été fondée. Je ne connaissais que ce que j'en avais appris en cours d'Histoire. Il a donc fallu que je fasse des recherches approfondies sur les deux cultures.» Grâce à la documentation et aux connaissances qu'il a accumulées, Jack Fisk a recréé le plus authentique portrait de la vie dans l'Amérique du Nord du début du XVIIe siècle jamais vu au cinéma. Il raconte : «Je savais que le 400e anniversaire de la colonie de Jamestown approchait, et que c'était une histoire qu'il fallait absolument raconter en parlant des deux cultures. Pour recréer Fort James, j'ai étudié tous les écrits des coloniaux, en commençant par ceux des habitants de Jamestown, tout ce qui reste de ce qu'ils ont vu et connu.

«J'ai eu de la chance que le Jamestown Rediscovery Project soit situé si près de l'endroit où nous avons tourné, poursuit Fisk. Pour nos recherches sur Fort James, nous avons tous travaillé à partir des mêmes sources écrites, mais les archéologues travaillent à partir des vraies choses qu'ils retrouvent dans la terre. Certaines des informations qu'ils m'ont données lors de notre première rencontre m'ont poussé à modifier les plans du fort que nous avions dessinés à l'origine.»

Pour le directeur artistique David Crank, la chance de pouvoir rebâtir le fort était le point culminant d'un rêve d'enfant. Il confie : «J'ai grandi en Virginie, et j'ai fait une maquette du fort en bâtonnets d'esquimaux quand j'étais en CM1 !»

Mais si passionnante la construction du fort soit-elle, elle n'allait pas sans quelques obstacles... La création des décors a été particulièrement ardue parce que le style de réalisation de Malick nécessite que tous les environnements soient construits en trois dimensions et aussi fidèles à la réalité que possible... Jack Fisk explique : «Terry est l'un des rares réalisateurs qui ne regarde pas les dessins préliminaires. Il dit simplement : “Quoi que tu construises, nous y viendrons comme une équipe de documentaire et nous le filmerons comme tels.” Terry aime filmer comme s'il découvrait les lieux, et plus ils sont complets et achevés, plus il peut les utiliser. Il n'aime pas l'idée de ne filmer qu'une partie d'un décor ou un mur dans une seule direction. Et puisqu'il n'aime pas éclairer ses scènes avec des lumières artificielles, il change d'axe en fonction du soleil, il faut donc créer un environnement où il peut bouger et se déplacer à sa guise. Il aime que les choses soient authentiques.» Dans le cas de Fort James, il a fallu édifier une énorme structure sur les rives du fleuve, avec derrière une vaste étendue de champs plantés d'herbes folles et de fenouil.

David Crank, le directeur artistique, précise : «Nous avons eu beaucoup de chance en choisissant de construire les choses aussi proches que possible de ce qu'elles étaient à l'époque. Cela a représenté un travail colossal, dont une grande partie a été faite à la main.»

Pour l'équipe, prendre conscience du travail accompli par les colons a été un vrai choc. Jack Fisk explique : «Je voulais construire le fort à partir des matériaux locaux, pour que l'argile, les murs en clayonnage recouverts de boue et d'argile soient comme ils l'étaient il y a trois siècles. Mais au contraire des colons, le bois nous était livré sur camions, nous avions des tronçonneuses pour le débiter et des chariots élévateurs hydrauliques pour soulever les charges. Les colons, eux, ont dû élever des poteaux de 3,50 m à 4,50 m de haut pour les palissades, avec une base enterrée de un mètre dans le sol. Il leur a fallu creuser 365 m de tranchées pour y placer les poteaux et les dépouiller de leurs feuilles et de leurs branches. En 1607, cela a dû représenter une tâche surhumaine.» Même avec les avantages de la technologie moderne, construire le fort a pris beaucoup de temps.

«Nous avons édifié le mur d'enceinte du fort en 30 jours, précise Fisk, et il nous a fallu un mois et demi de plus pour construire la douzaine de structures à quatre murs qui se trouvent à l'intérieur. Nous n'avons utilisé aucune charnière, juste des clavettes sculptées dans le bois. En fait, ça marchait même mieux. De petites expériences comme ça vous font avancer. Utiliser les matériaux naturels que l'on trouve sur place était la clé.»

Le Fort James que l'on voit dans LE NOUVEAU MONDE est 25 % plus petit que la structure originale, mais le fort grossièrement équarri et les structures rustiques de l'intérieur ont la patine de l'âge et donnent un sentiment d'un réalisme absolu. Le sol est boueux et jonché de flaques d'eau de pluie, et les structures de terre et de bois se dressent fièrement contre la nature et le monde qui les entoure.

Si le Fort James du NOUVEAU MONDE ressemble à ce qu'il était - un envahisseur étranger s'imposant brutalement sur le sol habité par les Indiens - la ville de la tribu de Powhatan, Werowocomoco, est bien plus intégrée dans son environnement naturel, la forêt et la côte. Les Indiens Algonquins n'ont pas de récits écrits, et Fisk, Crank et leurs équipes ont dû se fonder sur des esquisses d'un Anglais, John White, qui a beaucoup voyagé parmi les Indiens de la Caroline du Nord au début du XVIIe siècle, et sur les témoignages de John Smith, ainsi que sur la tradition orale des Indiens de Virginie.

Le chef décorateur raconte : «Certains des éléments visuels de Werowocomoco et des autres environnements indiens sont issus de recherches, et d'autres... c'est un peu comme si des esprits m'avaient dit quoi faire ! J'étais anxieux à l'idée de recréer une culture indienne qui a partiellement disparu. Les Indiens ont été détruits par la cupidité des colons, par leur soif de terre. Une fois qu'ils ont eu découvert le tabac -une plante sacrée pour les Indiens, utilisée lors de cérémonies rituelles - et qu'ils ont réalisé qu'ils pouvaient le vendre, les colons se sont approprié chaque mètre carré de terre vierge en Virginie, et les Indiens ont été déplacés dans des endroits comme l'Ohio ou l'Oklahoma. Ils ne pouvaient pas rivaliser avec la puissance de feu des Anglais, ni avec leur nombre. Ce qui est triste, c'est que parce qu'ils n'avaient pas un langage écrit pour recueillir leur histoire, nous ne pouvons apprendre sur leur culture qu'à travers quelques vestiges, et par l'archéologie. Une part de notre travail est exacte, une part est imaginaire, mais j'espère que le sentiment général rend justice à ce qui était une très grande culture.» À l'ombre de grands arbres, la terre verdoyante, calme et agréable des rives de la Chickahominy offrait un site idéal pour y situer une communauté indienne qui, plutôt que de s'imposer contre la nature, coexiste avec elle.

«Les Indiens étaient une communauté agricole, c'étaient d'excellents chasseurs et pêcheurs, raconte Jack Fisk. Ils tiraient parti de la vie animale des rivières et de la baie de Chesapeake.» Fisk a conçu pour Werowocomoco et les autres décors indiens des décors riches en atmosphère. Les lieux où vivent Powhatan et les siens semblent tout droit surgis de la terre, comme s'ils avaient fleuri naturellement. Les maisons des Indiens ont été fabriquées avec des matériaux naturels, et intègrent les toutes dernières découvertes faites à leur sujet.

David Crank explique : «Contrairement aux dessins de John White, qui montrait les habitations comme ayant un mur du fond plat, les récentes fouilles archéologiques montrent qu'elles étaient de forme ronde. Nous avons respecté cela.» Les petites habitations tout comme l'imposante maison en longueur de Powhatan ont toutes un toit fait de nattes. Celles- ci protégeaient les habitants des éléments et pouvaient être roulées pour laisser entrer l'air lorsqu'il faisait beau. Outre les habitations, Fisk et son équipe ont créé et construit des bâtiments annexes qui témoignent de la vie spirituelle active de la communauté, dont un temple dans la forêt, des sculptures figuratives en bois formant un cercle cérémonial, et un superbe ours debout, sculpté dans un tronc par le charpentier Michael Boone la veille du début du tournage sur ce décor.

Le décor de Werowocomoco se distingue également par les champs méticuleusement cultivés par les Indiens. Le chef décorateur raconte : «Les époques et les plantes cultivées ont changé depuis le début des années 1600, et nous avons passé pas mal de temps à rechercher des graines pour le maïs indien et le tabac. Nous en avons planté sur 1,2 hectare pour le champ principal de Werowocomoco. Jeff DeBell et son équipe de paysagistes ont fait un travail remarquable. Ils ont planté des herbes et des plantes qui poussaient là à l'époque. Nous avons eu la chance de pouvoir venir planter au début du printemps pour que tout ait poussé à la fin de l'été et que l'on puisse tourner.»

Assez ironiquement, le maïs, les courges, les melons et les plants de tabac sacré ont vu leur croissance facilitée par les pluies estivales torrentielles qui ont par ailleurs beaucoup gêné le tournage.

ACCESSOIRES ET ARMES

Une fois construites les structures principales des décors pour les colons et les Indiens, c'est à l'ensemblier Jim Erickson et à son équipe qu'est revenue la tâche de leur prêter vie grâce aux accessoires et éléments de décors.

«Presque tout a été fabriqué à la main, précise Erickson. Pour les peuples indiens, nous avons tout fabriqué à base de cuir, plumes, pierre et bois. On ne trouve pas ce genre d'objets dans le commerce... Pour la colonie anglaise, nous avons trouvé quelques pièces, nous en avons loué, mais là aussi, nous avons dû fabriquer la grande majorité des éléments. Nous avons aussi gardé à l'esprit que les Anglais n'avaient apporté avec eux que le strict minimum, la base pour survivre.

«Essayer de ressusciter la culture indienne a été une merveilleuse expérience, poursuit Jim Erickson. Nous avons été volontairement contre la version hollywoodienne standard des populations indiennes. Lors de nos recherches sur le peuple Powhatan, nous avons aussi étudié les objets tribaux du monde entier. Nous nous sommes inspirés de tout cela pour essayer de recréer un sentiment d'identité tribale et de civilisation.» Le département de Jim Erickson a travaillé en étroite collaboration avec le chef accessoiriste Steve George et le maître armurier Vern Crofoot.

Erickson raconte : «Nous avons rassemblé tous les départements dans un seul grand atelier, une immense tente installée près des bureaux de la production, dans le parc de l'Eastern State Hospital de Williamsburg. Il y avait littéralement un parfum d'Histoire : cela sentait le cuir, les paniers fraîchement tressés, le métal poli des pistolets et des épées.»

Steve George se souvient : «Nous avons dû fabriquer quasiment tous les accessoires des Indiens et des colons. Il nous est arrivé d'avoir jusqu'à 25 personnes qui travaillaient, tissant des tapis, des couvertures, fabriquant des massues de guerre, des besaces de cuir, des ceintures, et par la suite, pendant les scènes de bataille, nous avons installé un atelier dans le camion des accessoires pour réparer tout ce qui avait souffert.»

Jim Erickson ajoute : «Il était important de recréer des objets semblables à ceux qui ont été déterrés sur le site du fort ces cinq dernières années, comme des ustensiles de cuisine en terre, des jarres, des pots à eau, des pichets, des tasses, et beaucoup de poteries de grès allemandes. Je me suis efforcé de créer une gamme d'ustensiles qu'on utilisait tous les jours dans le fort.»

La production a également fait appel à des artisans de toute la Virginie et aux Indiens vivant sur place pour les articles spéciaux, comme la boussole élaborée de John Smith, faite d'ébène et d'acajou incrustés d'ivoire gravé, et le grand médaillon porté par le gouverneur de Jamestown, arborant le sceau de la Virginia Company sur une face et les armes du roi James sur l'autre. L'armurier Vern Crofoot a rassemblé un arsenal d'armes historiquement exact pour les Anglais comme pour les Indiens, en travaillant avec Erickson et George. Mais pour lui aussi, la première difficulté a été que plus rien de l'époque n'existe.

Il explique : «Pour les films se déroulant à l'époque de la Guerre de Sécession par exemple, les armes existent déjà, parce qu'on en a fait un grand nombre de répliques et que beaucoup de gens font des spectacles historiques. Mais LE NOUVEAU MONDE se déroule à une période de transition, sans guerre majeure, et il existe très peu de films - s'il en existe, d'ailleurs - qui se déroulent à cette époque-là.»

Crofoot a recréé tout un arsenal d'armes archaïques, incluant des fusils à platine à mèche, des épées, des dagues et des piques. Il explique : «Il y a deux ou trois modèles qui n'ont jamais été vus au cinéma avant, dont le Petronel, une carabine à canon court que l'on tient au milieu de la poitrine au lieu de l'appuyer sur l'épaule. Les armes qu'utilisaient les colons de Jamestown étaient fournies par la Couronne d'Angleterre, et la plupart provenaient de la dernière guerre avec les Hollandais, nous avons donc un mélange d'armes britanniques et hollandaises. Chaque carabine et fusil a été fabriqué pour ce film par des artisans spécialisés. Impossible de demander à une société de costumes de vous louer une cinquantaine de mousquets à platine à mèche... Ça n'existe tout simplement pas. Et il n'y a pas deux mousquets semblables dans le film. On peut mouler des répliques à l'infini, mais tous les éléments de nos pistolets sont faits à la main, leurs crosses sont réalisées à la main. Chacun est une pièce entièrement unique.»

L'armurier a également recréé quatre styles différents de canons Falconnet, dont deux fonctionnaient, avec leurs socles de bois construits exactement tels qu'ils existaient au Fort James, et des petits canons pivotants.

Pour découvrir quel type d'épée était utilisé par les colons, Vern Crofoot a aussi examiné ce qui avait été découvert sur le site de Jamestown.

«Quand nous avons commencé, nous pensions avoir affaire à des épées à barres transversales ou de style cruciforme, mais ce sont des épées “basket hilt” à la garde en forme de panier qui ont été retrouvées. Certaines de nos épées ont été faites sur mesure, d'autres sont des originaux d'époque, comme celle du capitaine Newport.»

Crofoot a également collaboré avec Jim Erickson pour les armes des Indiens, dont les flèches et les carquois faits de roseaux, et des épées en forme de feuilles appelées «matakas». Ces armes, qui ressemblent à des sortes de pagaies de canoës inoffensives, étaient pourtant redoutables : durcies par les Powhatans dans l'eau de mer et le feu, elles étaient suffisamment coupantes pour trancher des os.

L'HISTOIRE EN COSTUMES

Le département costumes était lui aussi concerné par le souci de précision historique de Terrence Malick. La chef costumière, Jacqueline West, s'est trouvée face à l'intimidante mission de vêtir les colons et les Indiens en respectant la vérité.

Elle raconte : «Dès que j'ai appris que j'allais rencontrer Terry, que j'admire tellement, j'ai commencé à faire des recherches et à dessiner. Quand je suis arrivée à la réunion, je lui ai montré des esquisses, des références de couleurs pour les costumes des Indiens. Ils ont quelque chose de sombre, de mystérieux, qui correspondait à ce que Terrence avait à l'esprit.» La chef costumière a puisé son inspiration dans un travail de recherche méticuleux lors de la préproduction, en commençant par sa propre bibliothèque, très riche en ouvrages sur les Indiens d'Amérique.

Elle explique : «La création des costumes des Anglais a reposé principalement sur la recherche, puis il a fallu donner l'impression que ces vêtements avaient traversé les épreuves du temps et du voyage entre la Grande-Bretagne et la Virginie. Mais pour les Indiens, je voulais faire naître un sentiment d'authenticité encore inédit au cinéma.»

La chef costumière a porté un soin particulier à la nature des matériaux employés. «Tout ce qu'utilisaient les Indiens provenait de leur environnement naturel, et nous avions le sentiment qu'il serait à la fois irréaliste et insultant pour eux d'utiliser des matériaux artificiels produits industriellement. Nous avons donc commencé par commander des peaux, des fourrures, en prenant soin bien sûr qu'aucun animal ne soit tué. J'ai aussi pu compter sur la générosité de certains, comme le chef Robert Two Eagles Green de la tribu des Patawomeck de Virginie. Il est devenu un ami et un donateur généreux, et nous a donné de nombreux bois de cerf, des plumes de dinde et beaucoup d'autres choses.

«Après avoir participé à certaines scènes du film, le chef Green et le chef Stephen Adkins des Indiens Chickahominy ont déclaré qu'ils avaient eu le sentiment d'être revenus à l'époque de leurs ancêtres et que le film avait représenté avec respect la façon dont les animaux étaient utilisés, et où rien n'était gâché. Si nous avons réussi cela, ne serait-ce qu'en partie, alors nous sommes heureux.»

Jacqueline West et son département ont également utilisé d'autres matériaux naturels, comme des coquillages ramassés sur la plage et des perles d'eau douce, qui servaient d'ornements pour un peuple qui vivait de l'eau et de ses richesses. Le département costumes a créé 500 tenues avec une équipe qui ne comptait que 15 personnes.

La chef costumière raconte : «Nous avions 15 personnes chargées de la fabrication, un créateur de masques, un spécialiste des ornements de coiffure, deux bijoutiers, un spécialiste du travail sur cuir, et tous venaient de Virginie.» Pour les costumes des Anglais, Jacqueline West a fait équipe avec sa collaboratrice de longue date, Suzi Turnbull. La chef costumière confie : «J'ai fait trois films avec Suzi, elle est mon arme secrète ! Elle a effectué les recherches en Angleterre tandis que je m'occupais de celles aux États-Unis, et nous avons ensuite tout mis en commun. On a rarement vu l'époque de James 1er au cinéma. Munie des esquisses que j'avais dessinées, pré-approuvées par Terry, Suzi s'est rendue dans des maisons de location de costumes en Europe, en Angleterre, en Espagne, en France et en Italie, pour trouver suffisamment de costumes pour le film. Nous les avons ensuite confiés à deux spécialistes du vieillissement, qui leur ont donné l'aspect de vêtements longtemps portés et usés. Nous avons fabriqué la plupart des chemises anglaises et des hauts-de-chausses. J'ai insisté pour qu'on les fasse faire en Angleterre, où l'on peut encore trouver des tissus fabriqués à la main. On travaille encore beaucoup artisanalement dans ce pays, et il fallait remonter aux sources.» Tous les costumes ont été créés pour correspondre aux personnages, à leur rang, et pour souligner leur personnalité et leur caractère.

La chef costumière précise : «Il a fallu faire attention avec le personnage du capitaine John Smith - il n'est jamais évident de montrer un homme en collants... Je me suis inspirée des aventures de cape et d'épée, mais avec une approche historique authentique. À l'époque, les hommes avaient en général un seul costume, parce que pour quelqu'un du niveau social de John Smith, se faire faire un costume coûtait à peu près autant que de se faire faire un portrait par un peintre. Les vêtements étaient si précieux qu'un pourpoint de cuir pouvait être légué à un membre de la famille. Donc, John Smith a une tenue, et il nous a fallu faire toutes sortes de choses avec. Nous lui avons donné aussi des choses qu'il a ramenées de ses aventures dans le monde et de ses voyages, une boucle d'oreille représentant un dragon de Transylvanie, et une cape maure, par exemple.»

«Pour Pocahontas, poursuit Jacqueline West, Terry voulait un costume simple au début, qui dénote un esprit libre de tout matérialisme. Après avoir rencontré John Smith, son personnage évolue et elle devient plus consciente d'elle-même, elle abandonne graduellement ses pantalons et ses robes de daim. Lorsque le puritanisme des Anglais lui est imposé, nous la voyons vêtue de robes occidentales, avec un corsage qui la compresse, des manches, du rembourrage partout, des crinolines, des jupons. Elle paraît prisonnière de ses vêtements. Ses tenues évoluent graduellement pour devenir par la suite celles d'une Anglaise de la classe moyenne.»

Q'orianka Kilcher confie : «Mes costumes étaient si authentiques qu'ils m'ont aidée à entrer dans la peau du personnage. Il y avait un contraste absolu entre ce que porte Pocahontas à Werowocomoco et ses corsets, ses longues jupes et ses hauts talons.»

John Smith et Pocahontas étaient loin d'être les seuls personnages ayant des costumes élaborés. Pour le roi Powhatan, West a créé un somptueux manteau fait de quatre peaux de daims et de 30 000 perles brodées à la main, qui représentent les 34 royaumes sur lesquels il règne. Cette pièce a été recréée à partir de l'original, exposé à l'Ashmolean Museum d'Oxford, en Angleterre.

John Rolfe, le personnage de Christian Bale, a été habillé de costumes de tweed comme les Anglais de la classe moyenne de l'époque, socialement un peu au-dessus de la première vague de colons.

Les coiffures et les maquillages complètent l'identité visuelle des personnages. Dans ce domaine, il a fallu également créer une grande variété de styles, allant des colons de toutes conditions, aux Indiens qui portaient des peintures corporelles élaborées, des tatouages et des coiffures inhabituelles. Tous ces éléments ont été créés par le concepteur des maquillages Paul Engelen et son équipe, son chef de département John Bayless et le chef maquilleur David Atherton ainsi que le concepteur des coiffures Joani Yarbrough et le chef coiffeur Phillip «Mr. P.» Ivey. Atherton et Yarbrough ont une longue expérience des films sur les Indiens d'Amérique -ils ont travaillé en particulier sur DANSE AVEC LES LOUPS - mais LE NOUVEAU MONDE a repoussé encore les limites de leur créativité.

«Nous avons fait quatre semaines de recherches et d'essais pour développer les différentes techniques, les textures et les ingrédients des peintures», précise Paul Engelen. John Bayless raconte : «Terry aime que les choses aient de la texture, qu'elles n'aient pas l'air tout juste peintes. Dans LE NOUVEAU MONDE, on découvre un style visuel qui n'a sans doute jamais été vu à l'écran auparavant. Nous avons voulu que les choses soient patinées, qu'elles portent la trace d'une réalité qui a duré. Si nous tournions sous la pluie, la peinture devait avoir l'air d'en avoir souffert... Le naturalisme réaliste était un mot d'ordre.

«Terry voulait n'utiliser que des couleurs “biologiques”, et rester loin des rouges lumineux, des couleurs introuvables dans la nature qui entourait les Indiens. Nous avons ajouté de l'argile, du sable fin et de la boue pour obtenir plus de structure, avec l'idée que la peinture a été fabriquée à base de plantes, de fleurs ou de terre, et très naturelle aussi dans la manière dont elle a été appliquée, à la main ou avec des bâtons ou des feuilles, et non avec des pinceaux.»

Pour un maximum d'authenticité, les acteurs jouant les principaux guerriers indiens ont appliqué eux-mêmes leurs peintures tous les matins. John Bayless raconte : «Ils ont commencé à développer leurs propres dessins, ce qui faisait partie de leur préparation spirituelle générale.» Fait extraordinaire, plusieurs guerriers ont confié avoir découvert leurs motifs dans leurs rêves...

L'acteur Michael Greyeyes remarque : «Sur ce film, l'un des premiers éléments de nos costumes est le maquillage. Chaque fois que mon personnage, Rupwew, apparaît dans le film, il a un style différent. Je trouve que c'est un parti pris audacieux, parce que cela traduit une communauté en perpétuelle évolution, qui ne reste pas figée.»

LE SON ET LA POSTPRODUCTION

Il était important pour Terrence Malick que les sons du film soient aussi exacts que les costumes et les décors. Se sont donc posées des questions comme : «À quoi ressemblait le cri de la perruche de Caroline ?» Question difficile, étant donné que l'espèce est éteinte depuis les années 1920... Cependant, en 1607, en Virginie, cette sorte de perroquet était l'un des habitants les plus bruyants et les plus colorés du monde de Pocahontas. La production a donc contacté la Macaulay Library du Laboratoire d'ornithologie de la Cornell University, qui dispose de la plus grande collection de cris d'oiseaux du monde, avec plus de 160 000 enregistrements couvrant 67 % des espèces. Le directeur de la section audio, Greg Bundy, a cherché une “doublure” pour la perruche de Caroline. Même si aucun enregistrement de ce volatile n'existe, d'après sa taille et la forme de son bec, Greg Bundy a déterminé que le cri de l'Aratinga Mitrata, ou perruche mitrée, serait une bonne approximation.

Skip Lievsay, superviseur du montage son et ingénieur du son mixage, explique : «Le son peut être utilisé comme une texture supplémentaire qui enrichit le film, comme la musique. Terrence Malick était très intéressé par l'exploration de ce concept, et il a donné un poids inhabituel à la texture des sons, dont beaucoup ont été enregistrés sur les lieux véritables de Jamestown. La balance qu'il nous a demandée était très exotique, presque surréaliste.»

Le chef monteur Hank Corwin commente : «Terrence Malick est comme un peintre. Il ne suit aucune convention. Il réagit aux circonstances immédiates du film et du son, c'est un puriste. Il est allé à l'AFI et il a une formation classique, mais il est capable de remettre en question les bases premières du montage, jusqu'à la juxtaposition de deux plans. Il s'efforce toujours, en permanence, d'obtenir la vérité.»

LES INDIENS DU NOUVEAU MONDE

Des acteurs natifs sont venus rejoindre le film de toutes les régions des États-Unis. Parmi eux, des représentants des nations Kiowa, Séminole, Lakota, Pawnee, et venus de Virginie, les descendants directs de l'empire de Powhatan : des membres des tribus Chickahominy, Pamunkey, Rappahannock et Upper Mattaponi.

Les 17 jeunes hommes qui constituent les principaux guerriers ont été formés aux différentes disciplines nécessaires pour incarner des Indiens Algonquins de l'époque. Ce groupe vient lui aussi des quatre coins de l'Amérique du Nord, et ses membres appartiennent à différentes tribus. On découvre dans le film toute l'étendue de leur talent pour la danse, le mouvement, la musique, le chant, et leur incroyable dextérité physique. Sarah Green explique : «Pour ce film, ils sont devenus une véritable tribu à eux seuls. C'était extraordinaire à voir. Chaque jour, ils se bénissaient les uns les autres, procédaient à des nettoyages mutuels, et demandaient que l'on soit tous protégés. Ils ont créé autour du film un esprit que tout le monde ressentait.»

Raoul Trujillo, acteur et chorégraphe, ajoute : «J'ai eu la chance de pouvoir sélectionner une dizaine des guerriers principaux, et j'ai choisi des danseurs. Il y en a de toutes sortes, danseurs de breakdance, de powwow -tous de remarquables athlètes. Il fallait les choisir pour qu'une fois réunis, nous puissions faire naître cette puissance spirituelle innée du groupe. Nous voulions tous représenter le peuple Powhatan en étant responsables et engagés.»

Leur leader était Larry Pourier, un acteur et cinéaste chevronné d'ascendance Lakota de la réserve indienne de Pine Ridge, dans le sud du Dakota. Un homme de convictions profondes et tranquilles, avec une solide notion de sa responsabilité vis-àvis du passé... et de l'avenir. Les 17 membres du groupe des guerriers principaux ont entrepris un entraînement intensif de deux semaines avant le début du tournage, durant lequel ils ont travaillé le chant, la danse et la gestuelle avec Raoul Trujillo, le maniement de l'arc et des flèches, de la lance et des armes à feu avec l'armurier Vern Crofoot, et le combat rapproché avec le coordinateur des cascades Andy Cheng.

Q'orianka Kilcher a participé aux côtés des guerriers à la quasi- totalité de l'entraînement. Les guerriers la traitaient comme si elle avait été leur petite soeur.

«Les guerriers principaux étaient vraiment impressionnants, se souvient-elle. Bien que mes ancêtres soient des Indiens d'Amérique du Sud plutôt que d'Amérique du Nord, nous avons en commun des pans entiers de culture, et nous avons connu des problèmes similaires tout au long de l'Histoire. Ils m'ont totalement acceptée comme l'une des leurs.»

À cet entraînement ont également participé de nombreuses femmes de diverses tribus, qui ont appris les techniques traditionnelles de poterie, tressage de filets, tissage, travail des peaux, cuisine, et aussi le langage des signes, enseigné par Buck Woodard et le conseiller Frederic Gleach. Les figurants incarnant le groupe principal des colons ont également assisté à une partie de ces ateliers, pour apprendre le maniement des armes blanches, la manière de ramer et de diriger une chaloupe, etc.

L'importance de la précision historique a concerné également le langage. La production a engagé Blair Rudes, un expert du langage algonquin, pour enseigner cette langue à tous les acteurs jouant des indigènes de la Virginie, et pour traduire de larges parties des dialogues du scénario de Malick de l'anglais vers l'algonquin. Cette langue, qui était pratiquement éteinte depuis 1780, connaît donc une seconde naissance avec ce film et redevient une langue parlée.

Parce que les cinéastes voulaient installer très tôt l'idée que LE NOUVEAU MONDE dépeindrait plus fidèlement la culture indienne que ce qui s'est fait jusqu'ici au cinéma, ils ont invité le chef Stephen Adkins de la tribu Chickahominy à bénir le début du tournage. Cela a marqué le début d'excellentes relations entre les cinéastes et les chefs de tribus.

«Nous avons invité très tôt les chefs, les chefs adjoints et les représentants des tribus de Virginie à venir voir ce que nous faisions, et à participer autant qu'ils le voudraient, raconte Sarah Green. Ils étaient - cela se comprend -assez méfiants. Lors de notre première rencontre, le chef Adkins m'a dit en toute franchise ce que ce projet représentait pour eux, par rapport à la manière dont ils ont été dépeints dans le passé. Avec le temps, nous sommes devenus amis, nous avons pu nous tourner vers lui pour obtenir des réponses à des questions sensibles sur tel ou tel rituel ou sur ce qu'il était approprié de montrer. En fin de compte, il nous a fait suffisamment confiance pour accepter de figurer à l'écran dans une scène avec Pocahontas.»

Les acteurs indiens ont eux aussi été impressionnés par la constante recherche de la production envers l'authenticité. August Schellenberg, qui incarne Powhatan, se souvient : «J'ai passé un certain temps à Los Angeles et il y a là-bas pas mal de projets de films soi-disant “indiens”. Certains des scénarios étaient tout simplement horribles, et je ne voulais pas en entendre parler. Ça n'avait aucun rapport avec ce que sont les peuples des nations indiennes. Le temps des cow-boys hollywoodiens est bien fini. Je ne voudrais pour rien au monde avoir quelque chose à faire avec un projet qui puisse porter préjudice au peuple indien.»

Wes Studi ajoute : «Je suis sûr que les gens, une fois qu'ils auront vu ce film, en sortiront avec une meilleure compréhension de la douleur qui a accompagné la naissance de cette nation, de toutes les souffrances qui y ont présidé. Ce n'est pas toujours facile mais parfois, le mélange de deux cultures peut engendrer quelque chose de merveilleux. Je crois que nombre des questions abordées par le scénario de Terrence Malick plaident en la faveur d'une meilleure harmonie dans notre monde actuel.» Nombreux sont ceux qui, dans la communauté indienne, espèrent que LE NOUVEAU MONDE contribuera à lever certaines incompréhensions sur leur culture.

«Il est temps que le monde sache qui nous sommes, et j'espère que LE NOUVEAU MONDE aidera à raconter notre histoire telle qu'elle est, souligne le chef Adkins. Les échanges que nous avons eus avec tous ceux qui ont travaillé sur ce film sont la preuve qu'il est possible de détruire certains mythes mensongers sur les Indiens en Virginie. Lorsque nous avons rencontré les producteurs au début, nous leur avons posé des questions plutôt difficiles, et ils n'en ont jamais éludé aucune. Je suis sûr que ce film, même si c'est une fiction historique, sera représentatif d'un style de vie que mes ancêtres ont connu et aimé. J'espère que le monde découvrira certaines des injustices qui ont été commises envers nous, qu'il saura que nous existons toujours aujourd'hui, que nous avons surmonté l'adversité et les difficultés. Nous sommes devenus plus forts, nous sommes toujours fidèles à notre culture, à notre héritage, et cela continuera jusqu'à la fin des temps.»

UNE VISION VIENT AU MONDE

C'est à travers le regard d'un des plus grands cinéastes actuels que nous découvrons l'histoire du NOUVEAU MONDE. Tous ceux qui ont contribué à la création de ce film s'accordent à dire que personne d'autre que Terrence Malick n'aurait su aussi bien raconter cette saga. Christopher Plummer, l'interprète du capitaine Newport, explique : «Terry est un être venu d'un univers lointain qui s'est posé dans le monde du show-business et refuse de se laisser pervertir par celui-ci. Il trace son chemin à sa façon. Il est seul maître de ses rêves, de sa vision.»

La productrice Sarah Green ajoute : «Terry Malick est un scénariste et un réalisateur extraordinaire. Il est tout de coeur et d'instinct, il travaille d'une façon qu'on pourrait qualifier de biologique et magnifique. Son travail vous touche, il vous pénètre l'âme. Cet homme est un mystère, un magicien, un alchimiste. Sa foi nous a tous motivés et poussés au-delà de ce qui était seulement envisageable. Nous l'avons fait parce que nous avons cru en lui et en son projet. Terry a foi en les gens, cela se sent dans sa manière d'écrire et quand on le côtoie et qu'on travaille avec lui.

«Nombreuses sont les façons d'interpréter LE NOUVEAU MONDE, conclut la productrice. Je ne crois pas que le titre se réfère uniquement à la terre que les colons anglais ont appelée Amérique quand ils l'ont “découverte”. L'Amérique s'est éloignée de sa première ambition et de sa promesse, la véritable Amérique attend toujours d'être découverte...» La dernière réplique en voix-off de Rolfe est la seule citation connue de Pocahontas. «Elle m'a doucement rappelé que nous devons tous mourir», dit Rolfe. «Il me suffit, a-t-elle dit, de savoir que toi et notre enfant allez vivre.»


Source : METROPOLITAN FILMEXPORT
 
 
 
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Fiche technique :
Réalisateur et scénariste TERRENCE MALICK
Productrice SARAH GREEN
Producteurs exécutifs BILL MECHANIC, ROLF MITTWEG, TOBY EMMERICH, MARK ORDESKY, TRISH HOFMANN
Directeur de la photographie EMMANUEL LUBEZKI, A.S.C., A.M.C.
Chef décorateur JACK FISK
Compositeur JAMES HORNER
Chefs monteurs RICHARD CHEW, A.C.E. HANK CORWIN, A.C.E., SAAR KLEIN, MARK YOSHIKAWA
Chef costumière JACQUELINE WEST
Fiche artistique :
Le capitaine Smith COLIN FARRELL
Pocahontas Q'ORIANKA KILCHER
Le capitaine Newport CHRISTOPHER PLUMMER
John Rolfe CHRISTIAN BALE
Powhatan AUGUST SCHELLENBERG
Opechancanough WES STUDI
Wingfield DAVID THEWLIS
Le capitaine Argall YORICK VAN WAGENINGEN
omocomo RAOUL TRUJILLO
Rupwew MICHAEL GREYEYES
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