A la croisée des mondes: Anecdotes

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28-11-2007
Index de l'article
A la croisée des mondes: Anecdotes
HUMAINS ET DÆMONS : L’histoire et les acteurs
LA POUSSIÈRE ET L’ALÉTHIOMÈTRE
LES ALLIÉS DE LYRA
NOIRS MATÉRIAUX : Les décors et les lieux de tournage
LES LUMIÈRES DU NORD : La photographie et les effets visuels
QUELQUES MOTS CLÉS D’À LA CROISÉE DES MONDES : LA BOUSSOLE D’OR

LA PHOTO

Dès le début du projet, il a été évident que la palette visuelle du film impliquerait toute une variété d’ambiances évoluant de manière subtile au fil du voyage de Lyra. Le directeur de la photo Henry Braham, lauréat d’un Emmy Award pour le téléfilm «Shackleton», a déterminé avec Chris Weitz les différentes atmosphères, sans jamais perdre de vue la psychologie des personnages. Il explique : «Les scènes du début baignent dans une lumière riche, dorée, chaleureuse. Nous nous trouvons dans un monde parallèle où la nuit, et même la lune, sont dorées, ce qui est très différent de notre lune bleu argent. C’est le monde d’Oxford.»

Lorsqu’elle arrive à Londres, Lyra est stupéfaite par la différence entre cette ville et ImageOxford. Henry Braham commente : «Londres lui apparaît comme séduisante, étincelante. Nous avons éclairé les décors avec des projecteurs puissants, en les “brûlant” un peu pour qu’ils apparaissent d’un blanc éclatant. Mais lorsque Lyra s’échappe de chez Mme Coulter, le Londres nocturne de ce monde parallèle est davantage dans des tons de vert.»

Le directeur de la photo poursuit : «À mesure que Lyra se dirige vers le Nord, le paysage devient froid, dans des tons de bleus, argent, pour donner une vision romantique des paysages nordiques. J’ai passé un certain temps sur la glace dans l’Arctique : c’est magnifique, et la glace est bien plus colorée qu’on ne l’imagine.» La préparation des effets visuels, qui ont une place très importante dans le film, a été faite très en amont, afin que les tests puissent commencer avant même le tournage principal. Henry Braham explique : «Fondamentalement, il a fallu décider très tôt comment nous allions faire, et surtout pourquoi. Certaines scènes nécessitaient énormément de retouches numériques, et les prévisualisations nous ont aidés à maintenir une parfaite cohérence.»

LES EFFETS VISUELS

Pour réaliser les plus de 1 100 plans à effets particulièrement complexes, Chris Weitz a fait appel au superviseur des effets visuels Michael Fink et à sa productrice effets Susan MacLeod. Trois studios d’effets visuels ont également été sollicités : Cinesite et Framestore CFC en Grande-Bretagne, et Rhythm & Hues aux États-Unis. Le superviseur des effets visuels de Cinesite, Sue Rowe, celui de Framestore CFC, Ben Morris, et celui de Rhythm & Hues, Bill Westenhofer, et leurs équipes ont travaillé à un rythme de 40 plans à effets par semaine dès le moment où ils sont arrivés sur le projet jusqu’au mixage final.

Dennis Gassner, Henry Braham et Chris Weitz ont étroitement collaboré avec le département des effets visuels pour créer des images unissant à la perfection celles filmées à la caméra et les effets numériques. Chris Weitz explique : «Travailler ainsi m’a donné la liberté de modifier les choses, et d’apporter des changements lorsque la narration l’exigeait. Rien n’était impossible pour Mike et son équipe. Leur souplesse et leur ingéniosité tout au long de ce processus ont été remarquables.» Image

Après la phase initiale de story-board, un animatique a été créé afin de cerner pour chaque scène les différents effets qu’il faudrait créer et compositer. Michael Fink explique : «C’est le film le plus complexe et ayant l’échelle la plus grande sur lequel j’aie jamais travaillé. Il m’a fallu mes 30 ans d’expérience pour trouver comment le faire : j’ai le sentiment que toute ma carrière n’a existé que pour aboutir à la création de ce film.»

Chris Weitz commente : «Le plus difficile a été les scènes de foule, avec d’innombrables humains et dæmons. Ces scènes auraient été impossibles à faire avec de vrais animaux parce que les dæmons ne se conduisent pas comme des animaux, ils sont une partie vivante de l’humain qu’ils accompagnent.»

Les deux effets les plus évidents et les plus omniprésents sont deux personnages qui ne sont pas humains : Pantalaimon, le dæmon de Lyra, capable de prendre de nombreuses apparences comme tous les dæmons d’enfants, et Iorek Byrnison, l’ours blanc en armure.

Rhythm & Hues s’est chargé de l’animation des dæmons et d’établir le cadre de leur interaction avec les acteurs humains. Bill Westenhofer explique : «Il faut déterminer la taille, le poids, la façon de bouger, et communiquer tout cela à l’acteur en trouvant les meilleurs substituts possibles - que ce soit une chaussette verte ou un marionnettiste qui mime le personnage dans les airs !

«Le singe de Mme Coulter est un personnage calme, ce qui n’est pas du tout le cas de Pantalaimon, qui saute partout et est toujours en mouvement. Nous voulions que cela se retrouve dans le personnage, et lorsque notre marionnettiste fait son interprétation, elle indique aux acteurs comment leur dæmon se comporte.»

Le jeu d’acteur du personnage de Iorek Byrnison était vital. Michael Fink explique : «Iorek n’est pas un ours polaire, c’est un panserbjorne, un ours qui parle et porte une Imagearmure. Quand nous animons chaque partie de cet ours, qu’il coure à travers un fjord avec Lyra sur le dos, qu’il soit en train de combattre ou simplement de discuter, ses muscles, ses expressions, même le mouvement de sa fourrure, tout doit être d’une précision sans faille, unique, appartenant à ce seul personnage à ce moment précis.»

Tout au long du tournage, Michael Fink et son équipe se sont concentrés sur le critère le plus important chez tous ces personnages numériques : l’interprétation. Il explique : «Les personnages en images de synthèse devaient jouer aussi bien que les acteurs humains. Il fallait qu’on puisse oublier le côté technique, la fourrure, l’armure, les éraflures, la saleté sous les griffes, pour ne plus faire attention qu’à l’émotion de leur interprétation. On devait oublier la technique pour ne plus voir que l’être vivant.»

Industrial Light & Magic a aussi contribué aux effets visuels : le studio a créé ceux de la spectaculaire confrontation entre les ours en armure, Iorek Byrnison et Ragnar Sturlusson. Tous ces divers éléments ont été montés en continu pendant tout le tournage et la postproduction par la chef monteuse, Anne V. Coates, qui avait remporté un Oscar pour le film de David Lean LAWRENCE D’ARABIE. Elle a maintenant plus de 80 ans et continue à travailler. Elle a fait équipe avec deux autres monteurs, Peter Honess et Kevin Tent. Chris Weitz explique : «LAWRENCE D’ARABIE est à mon sens le plus grand film jamais fait, et j’ai toujours eu envie de travailler avec Anne Coates. Il se trouve qu’elle aimait les livres. C’est fantastique pour moi : j’ai pu travailler avec l’une des plus grandes monteuses de tous les temps. Anne a apporté une grande richesse à la narration. Elle est très rapide, très consciente des effets visuels.»

Daniel Craig, l’un des plus fervents admirateurs de l’œuvre de Philip Pullman, conclut : «Le film achevé est exactement comme je l’avais imaginé. C’est un témoignage de la passion de Chris, du travail de toute son équipe, et du talent d’écrivain de Philip Pullman, un talent si universel que l’univers qu’il a créé peut à présent prendre vie en images dans toute sa richesse et sa complexité.»


 
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