A la croisée des mondes: Anecdotes |
|
| 28-11-2007 | |
|
Page 5 sur 7
LES DÉCORS Chris Weitz s’est entouré de toute une équipe d’artistes, de techniciens et d’artisans pour créer le monde parallèle dans lequel se déroule le film. Dennis Gassner, chef décorateur oscarisé, a collaboré avec Chris Weitz pour imaginer
puis réaliser tous les concepts, depuis les universités d’Oxford jusqu’aux étendues
glacées du Nord, là où vivent les ours en armure ; de la sophistication du Londres
où évolue Mme Coulter jusqu’à l’activité du port lapon de Trollesund, sans oublier le
palais de glace du roi des ours, Ragnar Sturlusson, et Bolvangar, où Lyra retrouve les
enfants kidnappés. Le projet a nécessité des centaines de personnes pour créer à partir
de rien un monde ayant la profondeur et l’ampleur de la réalité. Pour donner vie aux
personnages et à leurs dæmons, il fallait pouvoir recréer à l’image des êtres vivants
parfaitement crédibles en utilisant l’alliance d’effets spéciaux physiques et numériques.
Sans oublier un aléthiomètre qui fonctionne, des zeppelins, divers moyens de transport,
des ours en armure, des mouches-espions, des bateaux, des péniches et toutes les
machines, toutes les réalisations artistiques d’un monde qui n’est pas tout à fait le
nôtre…
Dennis Gassner observe : «Tout ce projet reposait sur la translation, sur le glissement de quelque chose que l’on connaît vers quelque chose qui a une apparence différente, tout en semblant parfaitement authentique. Il fallait créer un monde autre, qui paraisse familier dans sa globalité mais possède sa propre identité. J’ai utilisé une démarche simple : prendre un élément et le combiner avec un autre afin d’obtenir quelque chose de nouveau, une sorte d’hybride, d’amalgame. C’est ce qui caractérise ce film du point de vue de la conception visuelle. Amalgamer des idées et des concepts, des environnements physiques et théoriques.» Une fois ce concept établi, Dennis Gassner et son équipe, dirigée par les directeurs artistiques Richard Johnson, Andrew Nicholson et Chris Lowe, l’ensemblière Anna Pinnock, le chef accessoiriste Barry Gibbs et le responsable de la construction des décors, Andrew Evans, se sont alors lancés dans la création physique des décors. Pour Jordan College, Dennis Gassner a utilisé pour les extérieurs de vraies universités d’Oxford, de Greenwich et de Chatham, et pour les intérieurs, des décors entièrement fabriqués aux studios de Shepperton. Il raconte : «Je me suis d’abord rendu à Oxford avec Philip Pullman comme guide : il connaît mieux que personne les collèges et la ville. Les gens qui sont venus travailler sur le film l’ont fait parce qu’ils aimaient les livres. Chris Weitz et moi avons longuement parlé du tissu émotionnel du film, et il s’agissait à présent de tisser l’étoffe que nous avions imaginée.» Certains décors ont été fabriqués sur place au manoir d’Hedsor House, dans le Buckinghamshire. Le chef décorateur explique : «Nous avons utilisé la structure de base de la maison mais avons changé tout le reste pour l’adapter au monde que nous voulions créer. Un autre lieu de tournage réel a été l’hôtel Park Lane à Londres, qui a servi pour la scène du restaurant et le salon de beauté. Les studios de Shepperton ont entièrement été dédiés au tournage d’À LA CROISÉE
DES MONDES : LA BOUSSOLE D’OR. De gigantesques plateaux étaient remplis
de décors ; il y avait même une fonderie pour l’énorme quantité d’objets de cuivre
Dans la fonderie, de nombreuses versions de l’énigmatique objet appelé aléthiomètre ont été coulées. Dennis Gassner commente : «Il s’agit d’un appareil magnétique lié au temps, un objet qui véhicule beaucoup d’émotions. L’histoire du temps a été unique en termes d’évolution, nous voulions donc créer un objet magique qui appartienne à la famille des appareils mesurant le temps.» Philip Pullman a emmené Dennis Gassner au Musée des Pièces Mécaniques pour lui montrer certains objets qui lui ont inspiré son aléthiomètre. Le chef décorateur observe : «En un sens, l’aléthiomètre est la fusion de tous ces objets. Beaucoup de gens de mon équipe ont travaillé sur la science des symboles, ce qu’ils évoquent, et sur la manière dont Lyra les lit et les combine. C’est devenu une petite pièce du puzzle. Notre démarche sur ce film a été de trouver la pièce juste dans chaque cas.» L’aléthiomètre a d’abord été modélisé informatiquement, puis un prototype de machine dernière génération a fabriqué l’objet en résine à partir des données de l’ordinateur. Les maquettes ont ensuite été retravaillées, affinées, gravées à l’acide, et peintes avec un niveau de détail variable selon leur destination. Barry Gibbs, le chef accessoiriste, explique : «Nous avions différentes boussoles, certaines destinées à êtres lues, d’autres à être tirées d’une poche, d’autres encore seulement à être transportées dans le sac de Lyra. Les marques alchimiques sur l’objet devaient être précises, nous nous sommes donc tournés vers des graveurs pour les créer.» Les armures des ours ont été fabriquées dans la fonderie une fois que les ours euxmêmes et leurs armures ont été sculptés grandeur nature, puis ces sculptures scannées dans l’ordinateur. Des maquettes similaires ont été réalisées pour chaque dæmon, du Pantalaimon de Lyra au singe au pelage doré de Mme Coulter. Seuls les dæmons-chiens ont été interprétés par de vrais animaux dressés. Le chef décorateur confie : «Concevoir tous ces objets d’un monde parallèle a été pour moi et mon équipe quelque chose de nouveau, de passionnant et de stimulant.» LES COSTUMES La chef costumière Ruth Myers a travaillé en étroite collaboration avec le réalisateur et le chef décorateur pour créer des costumes qui paraissent à la fois peu familiers et tout à fait en adéquation avec le monde de Lyra. Elle explique : «J’ai proposé à Chris Weitz de jouer avec les tissus pour que rien ne soit reconnaissable. Il fallait aller au-delà du fait-main, de la toile de jute. Nous avons peint, imprimé et teint les tissus pour qu’ils deviennent vraiment uniques.» Ruth Myers observe : «Nous avons voulu apporter aux gitans une certaine ethnicité, ils devaient donner l’impression de venir de toutes sortes d’endroits différents. Pour Mme Coulter, nous avons choisi l’époque la plus glamour possible, et avons pris pour référence des stars de cinéma des années 30 et 40, puis nous avons fait évoluer ses costumes. Les robes de Serafina Pekkala sont assez destructurées, et la tenue de l’émissaire du Magisterium devait projeter une image d’autorité. Même la transformation de Lyra, qui est d’abord une jeune fille peu soignée puis devient une jeune beauté maquillée et apprêtée grâce à Mme Coulter, avant d’évoluer à nouveau tandis qu’elle voyage vers le Nord, reflète précisément sa conscience grandissante d’elle-même.» Ruth Myers a trouvé un collaborateur précieux, enthousiaste et plein de ressource en la personne de Chris Weitz. «Chris a des références visuelles intelligentes et très sophistiquées. C’est le premier réalisateur avec qui je travaille à qui on peut parler de références très ésotériques et dont la culture personnelle est telle qu’il sait exactement de quoi il s’agit ! J’ai adoré travailler avec lui.» Chris Weitz commente : «Ruth a fait un travail remarquable. J’avais le sentiment que les costumes devaient illustrer le meilleur de chaque époque, tout en ayant un petit côté hybride. Le travail de Ruth allait jusqu’à un souci du détail proprement ahurissant ; tout semblait avoir vécu, avoir été porté, tout sonnait absolument juste.» Comme tous les costumes devaient être créés de A jusqu’à Z, Ruth Myers a installé un atelier complet sur place à Shepperton. Elle explique : «Le seul moyen de réussir était de faire partie du département décoration et d’ouvrir un immense atelier !» Les maquillages et les coiffures ont été confiés à Peter King, lauréat de l’Oscar pour
son travail sur LE SEIGNEUR DES ANNEAUX, un artiste particulièrement habitué
à la création de divers personnages dans des univers parallèles…
|
| < Précédent |
|---|


qu’exigeait le film, des ateliers de costumes et des bureaux. D’autres plateaux étaient
équipés d’écrans verts, de mécanismes servant à faire «voler» les acteurs ou divers
objets ; d’autres encore comportaient des décors riches de détails représentant divers
intérieurs…